Vanessa Pilon ; Portrait ; Eve Gravel, 5425 Avenue Casgrain, Suite 801 A, Montreal ; 2015-03-10 ; Photo : Bruno Petrozza/TVA Publications

Parler beauté peut sembler superficiel, mais pas avec Vanessa Pilon. Elle a une façon bien à elle (que j’adore d’ailleurs!) de voir ce milieu dans lequel elle gravite, un peu malgré elle. Rencontre avec celle pour qui perfection rime avec ennui.

Quelle est ta relation avec le maquillage?
Maintenant, je suis capable de me maquiller, mais ça n’a pas toujours été ainsi. Avant, je n’étais tellement pas bonne! Je ne voulais pas me maquiller de peur d’avoir l’air d’un clown! (rires) Mais à force d’observer les gens, de poser des questions, j’ai fini par comprendre comment faire. Ce n’était pas naturel chez moi: pendant des années, je ne me maquillais pas du tout.
À mes débuts à la télévision, ça me faisait CAPOTER de porter du maquillage: je ne me trouvais pas belle, j’avais l’impression que ça me changeait et que je ressemblais à une madame! Je ne me reconnaissais pas du tout! J’ai fini par m’habituer et par trouver ce que j’aimais là-dedans, car il y a 1000 façons de se maquiller. Dans ma vie de tous les jours, si je me maquille, j’opte pour un look très naturel. Autant je peux être éclatée dans mon style vestimentaire, autant, côté maquillage, je suis plus conservatrice.

Que penses-tu des chirurgies esthétiques?
Hey! J’ai toujours eu une opinion extrême à ce sujet. Ç’a toujours été un «non» catégorique. J’étais profondément contre ces pratiques. Quelqu’un qui vieillit en harmonie avec chacune des étapes de sa vie, c’est beau. Essayer de freiner ça, c’est aller à l’encontre de la nature. Au lieu de juger les gens qui subissent des chirurgies esthétiques, je les regarde maintenant avec compassion, car je peux comprendre pourquoi certains choisissent cette avenue-là. En plus, je suis tellement mal placée, car je ne suis pas rendue là, et je ne peux pas savoir comment on se sent quand on atteint un certain âge.

Mais ton but demeure de ne jamais y avoir recours?
Vraiment! Et j’ai récemment eu cette conversation avec ma mère qui a cinquante ans passés. Elle a arrêté de se maquiller, mais sans se négliger. Son apparence est désormais le reflet de comment elle se sent. Si elle est fatiguée, ça va paraître, tout comme si elle est en forme et se sent reposée. Elle ne veut plus jouer à «être sur le même ton» tous les jours et masquer ce qu’elle est vraiment. Je trouve ça très beau, ça m’inspire. En fait, je trouve ma mère plus belle et plus épanouie que jamais.

Tu te sens belle quand…
Je me sens belle quand je suis en équilibre. Quand je sens que mon intérieur et mon extérieur sont à la même place. Des fois, tu as un super beau look, ton maquillage est parfait, mais si tu te sens fatiguée ou pas bien, ça ne marche pas. Tu ne rayonnes pas. Et l’inverse est aussi vrai. Je sais, c’est cliché, la beauté intérieure, mais c’est vraiment de là que tout part. Je me sens belle quand je rayonne, quand j’ai bien dormi et bien mangé.

As-un un complexe?
Non, je suis vraiment en paix avec qui je suis. Pour moi, l’imperfection est ce qui fait la beauté des gens, même si je n’aime pas le mot «imperfection». Disons les différences. Oui, j’ai une oreille bizarre, un peu croche. C’est sûr que des fois je me demande si les gens la remarquent, mais en même temps, ce n’est tellement pas grave! (rires)
Adolescente, je faisais du ballet alors j’étais très mince. Mon manque de formes me donnait un peu des complexes par rapport aux garçons. Cependant, je gravitais dans un milieu où c’était valorisé. J’étais déchirée entre les deux et je suis venue à me poser des questions sur mon identité et mon idéal de beauté. Et j’en ai conclu— encore une fois — que tout est une question d’équilibre.

Source: http://www.moietcie.ca/