Toutes les solutions anti-gastro, anti-constipation, anti-reflux avec le Dr Alain Senikies, médecin généraliste, qui répond à vos questions sur les maux de ventre.

1. Y a-t-il un nouveau traitement contre les reflux ?

Des chercheurs ont, effectivement, mis au point une valve magnétique qui pourrait générer, au niveau du bas de l’œsophage, une zone de pression qui permettrait à la fois d’empêcher un reflux et d’autoriser l’ouverture de l’estomac lors des repas.

Il s’agirait de deux petites plaques magnétiques d’un cm² que l’on implanterait par voie endoscopique dans la muqueuse du bas de l’œsophage, faces à faces. Mais nous en sommes pour l’instant qu’aux tests chez l’animal.
Il faudra donc encore attendre quelques temps avant de savoir si cette technique est applicable à l’homme et suffisamment efficace.

2. Quel régime alimentaire suivre pour éviter les gaz intestinaux ?

Les gaz intestinaux sont un phénomène physiologique normal lié à la production de gaz par les bactéries du côlon. Plusieurs gaz y sont retrouvés et notamment de l’hydrogène, de l’azote, de l’oxygène et du méthane. Le meilleur moyen de contrôler les gaz intestinaux est de ne pas consommer trop d’aliments qui les favorisent.

Il faut diminuer les quantités trop importantes de fruits et légumes riches en fibres et en particulier quand ils sont crus. Les aliments qui provoquent le plus de gaz sont les haricots blancs, les carottes, les céleris, les choux, les oignons et concernant les fruits, le raisin sec, les bananes, les pruneaux, les abricots. Les féculents et le pain, souvent accusés, sont moins responsables de production de gaz et curieusement, les choux fleurs, les asperges et les brocolis n’entraînent que peu de ballonnements.

3. Quel médicament dois-je prendre pour ma constipation ?

La constipation est une plainte très fréquente ne correspondant pas toujours à une réalité médicale. Les critères objectifs sont des selles dures, moins de trois fois par semaine et auxquelles sont éventuellement associées des difficultés d’évacuation.

Si ces symptômes existent, il faut rechercher une cause, soit au niveau du colon (tumeur, colique inflammatoire, sigmoïdite diverticulaire…) soit au niveau métabolique (diabète, insuffisance thyroïdienne ou rénale…), soit au niveau neurologique (maladie de Parkinson, séquelles d’accidents vasculaires cérébraux…). Le plus dangereux est l’abus de laxatifs irritants pouvant entraîner de très dangereux troubles biologiques.
Dans un premier temps, il faut envisager un traitement hygiéno diététique : rythme régulier, durée suffisante pour aller à la selle, augmentation des fibres alimentaires de façon progressive. Il faut donc débuter par des laxatifs osmotiques qui attirent l’eau dans l’intestin.

Puis, il faut passer aux laxatifs de lest qui retiennent l’eau dans l’intestin.
On utilise ensuite éventuellement des lubrifiants ou des laxatifs par voie rectale. En tous cas, il faut éviter au maximum les laxatifs irritants qui sont, en cas de consommation de longue durée, particulièrement dangereux. Enfin, en cas d’échec de ces traitements, une rééducation périnéale peut être envisagée. Parfois, en cas d’inertie complète du colon, une intervention chirurgicale peut être proposée.

4. Mon père a des varices dans l’œsophage. quelle en est la cause ?

Comme dans une jambe, une varice œsophagienne est une dilatation anormale des veines dans le bas de l’œsophage. Sa gravité tient au risque essentiel qu’est la rupture et qui peut entraîner une violente hémorragie digestive.
Elle est liée à l’augmentation de la pression sanguine dans le système veineux qui ramène le sang des organes abdominaux vers le foie pour qu’il y soit épuré.
Toute hyperpression dans ce système inverse le flux sanguin venant de l’œsophage et parfois de la rate, provoque sa dilatation et l’apparition de varices dans l’œsophage.Les causes profondes sont souvent liées à la cirrhose du foie mais également à certaines tumeurs, directement du foie ou du voisinage, comme le pancréas.

Certaines maladies du sang peuvent également être responsables. Il est donc essentiel de proposer des traitements préventifs de la rupture veineuse, soit par des médicaments réduisant la pression, soit en sclérosant régulièrement ces varices mais surtout en traitant la cause de l’hyperpression de sang de la région hépatique.

5. Comment éviter la gastro-entérite ?

Les gastro-entérites, notamment épidémiques, sont des inflammations digestives d’origines infectieuses liées à la pollution de l’eau, soit en la buvant, soit par l’intermédiaire des aliments qui ont été lavés dans cette eau.
Très souvent, la guérison se fait en trois ou quatre jours.

Il existe des gastroentérites beaucoup plus sévères, notamment celles liées aux salmonelles se développant sur des viandes mal conservées, mal cuites, ou dans des crèmes pâtissières mal réfrigérées.Les gastro-entérites virales peuvent aussi se transmettre directement comme la grippe.
On connaît les symptômes (nausées, vomissements, diarrhées…) et la prévention est évidemment liée à l’hygiène :manger des aliments bien cuits (notamment les volailles), ne consommer que des aliments frais, maintenir l’hygiène du réfrigérateur, et dans certains pays, ne boire que de l’eau en bouteille en évitant glaçons et crudités.
Le traitement n’est utile qu’en cas de maladie associée ou de fragilité particulière surtout si les malades veulent continuer de travailler.

L’essentiel est d’éviter la déshydratation, notamment chez l’enfant et le nourrisson.La réhydratation est la base du traitement associé chez les touts petits à un régime anti-diarrhéique. Dans certains cas des antiseptiques intestinaux sont nécessaires mais il ne faut pas abuser des anti-diarrhéiques car la diarrhée est une défense naturelle qui permet d’éliminer rapidement une très grande quantité de microbes.
Enfin, chez le nourrisson, toute perte supérieure à 10% du poids du corps est un signe de gravité et nécessite une hospitalisation.

6. Qu’est ce qu’une infection d’un diverticule de l’intestin?

Il s’agit en fait de l’infection du diverticule de Meckel. C’est une anomalie congénitale de la muqueuse de l’intestin grêle, située juste avant sa terminaison, c’est-à-dire dans la même région que l’appendice.C’est pourquoi lorsque ce diverticule s’infecte, les symptômes sont les mêmes que ceux d’une appendicite et c’est lors de l’intervention que le chirurgien se rend compte de cette localisation habituelle. De toutes façons, l’intervention est aussi indispensable que lors d’une appendicite car il existe des risques de saignements, de perforation voire d’occlusion intestinale.

7. A quoi sert le pancréas?

Le pancréas est en fait une double glande qui joue à la fois un rôle digestif et hormonal. Cette plus grande partie fabrique en effet des enzymes digestives notamment l’amylase et la lapise qui se déversent directement dans l’intestin grâce à du suc pancréatique (entre 1 litre et 1 litre et demi produit chaque jour). Par ailleurs, une toute petite partie de la glande secrète de l’insuline qui est une hormone libérée, elle, directement dans le sang d’où elle se répand dans tout le corps.

Le rôle essentiel de l’insuline est d’abaisser le taux sanguin de sucre grâce à plusieurs mécanismes complexes.Si cette partie du pancréas (les ilots de langerhans) secrète mal ou est détruite, on constate un diabète insulino dépendant dit de type 1. Au contraire, le diabète de type 2 est lié à une production excessive d’insuline mais dont l’action sur l’organisme est neutralisée par des phénomènes de résistance. Dans ce dernier cas, le pancréas finit par s’épuiser et on peut aboutir à un diabète insulino nécessitant qui sera traité comme le diabète de type 1 par des injections d’insuline.

Enfin, le pancréas secrète d’autres hormones dont une le glucagon qui fait au contraire remonter la glycémie sanguine.

8. Qu’est ce que la maladie de whipple ?

La maladie de Whipple appelée également lipodystrophie intestinale est caractérisée par des dépôts de graisse dans certains tissus de l’intestin et se caractérise par des douleurs articulaires, des ganglions, une diarrhée et un grand amaigrissement avec hypotension.Il s’agit en fait tout simplement d’une maladie infectieuse liée à une bactérie découverte il y a une douzaine d’années. Elle est parfaitement guérie par des antibiotiques adaptés, sans récidive et sans risque de contagion ultérieur.