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Je sais, vous allez me dire, « non mais attends, c’est quoi un corps idéal ? D’abord tu m’expliques et après je te réponds ! » Et cette remarque est très juste car la réponse n’est pas simple et dépend notamment du pays dans lequel vous vivez !

L’Ined vient tout récemment de mener une étude à travers 4 continents pour étudier comment varient les idéaux corporels d’un pays à l’autre (20 000 personnes interrogées). Les chercheurs ont identifiés 4 groupes de pays :

Corps idéal : femmes minces et hommes minces, ce sont les pays comme la Corée du Sud où la pression à la minceur est identique pour les deux sexes et même extrêmement forte.

Corps idéal : femmes minces et hommes corpulents, ce sont les pays comme la France, la Slovaquie, la Bulgarie, Israël ou encore les Philippines où la pression à la minceur est plus forte sur les femmes que sur les hommes. Ainsi, en France, si on préfère les femmes minces, on préfère par contre les hommes corpulents à 62% !

Corps idéal : femmes corpulentes et hommes minces, nous sommes ici dans le cas inverse du précédent, c’est le cas de l’Uruguay, où la corpulence est valorisée chez les femmes (symbole de fertilité) alors que c’est la minceur qui est valorisée chez les hommes.

Corps idéal : femmes corpulentes et hommes corpulents, nous sommes ici en Irlande où ce sont les corps corpulents qui sont valorisés pour la femme et pour l’homme à plus de 50%.

Le corps une affaire de norme sociale

Au-delà de cette étude des « idéaux corporels » l’étude de l’Ined démontre comment, si la corpulence d’une personne est définie par la diététique de vie générale (pratiques alimentaires et activités physiques), elle l’est aussi par les normes sociales et les représentions de l’idéal corporel qui l’entourent. Ainsi si en France la plupart des femmes qui réalisent un régime affirment le faire pour des raisons de santé, la réalité profonde est plutôt liée à une question d’apparence et d’idéal corporel qui se traduisent en des termes simples : aujourd’hui, en France, être mince est un avantage pour sa carrière professionnelle ; les études montrant que les femmes minces sont en moyenne mieux payées et moins souvent au chômage que les autres femmes. Résultat, 6 françaises sur 10 déclarent vouloir perdre du poids, paradoxe quand on sait que les Françaises sont avec les Italiennes les plus minces d’Europe.

Au niveau mondial, les Françaises se retrouvent donc dans la même situation que les Coréennes. Alors qu’elles possèdent des corpulences proches de l’idéal corporel de leur pays, elles sont pourtant aussi celles qui déclarent le plus souhaiter perdre du poids, symbole de la pression à la minceur existant dans ces pays.

Le bien-être une affaire de norme sociale ?

Ces comportements ont cependant des conséquences, parfois graves. En effet, l’idéal de la minceur a, notamment en France, comme conséquence de pousser de nombreuses femmes dans des régimes à répétition, provoquant notamment des dérèglements alimentaires importants, le tout étant une grande source de mal-être.

Conséquence de notre société de l’image et de l’apparence, cette petite étude m’a particulièrement interpelée car elle montre ô combien, notre bien-être n’est pas dépendant que de nous-mêmes, mais aussi de notre environnement. Que vous l’acceptiez ou non, la même femme qui cherche absolument à perdre du poids en France pourrait avec la même corpulence se sentir très bien en Uruguay ou en Irlande. Culpabiliser les corps qui ne correspondent pas aux « standards » en vigueur c’est inévitablement provoquer un mal-être en dehors de toute considération de santé. Car rappelons-le, une femme en bonne santé est avant tout une femme qui s’accepte, vit une vie saine et heureuse en dehors de toute considération liée à la corpulence.

Et je pense que c’est ici aussi que l’on trouve les femmes les plus séduisantes, les plus belles et les plus radieuses, et ce aussi en dehors de toute considération liée à la corpulence. Car s’il est facile de définir sur un schéma quelle silhouette on préfère (et toujours de manière arbitraire), la séduction est une affaire humaine où les armes absolues ne sont pas liées à l’apparence physique (cela ne veut pas dire ne pas prendre soin de soi, au contraire !) mais s’appellent plutôt « confiance en soi » et « plaisir de vivre ».

Source: http://www.mesacosan.com/