C’est la Semaine nationale de lutte contre le cancer. L’occasion de répondre aux questions que vous vous posez sur le cancer du col mais que vous n’osez pas forcément formuler devant le gynéco.

1. LE PRÉSERVATIF PROTÈGE T-IL DU CANCER DU COL ?

Le préservatif protège en grande partie du Papillomavirus mais pas totalement. En effet, le virus peut être présent sur d’autres zones génitales que celles recouvertes par le préservatif. De plus, le virus se transmet par le contact des muqueuses et même par des caresses génitales. Pour autant, il n’est pas question de l’abandonner puisque son efficacité contre d’autres infections sexuellement transmissibles (le VIH en particulier) atteint presque 100 %.

2. MULTIPLIER LES PARTENAIRES AUGMENTE-T-IL LES RISQUES DE CANCER DU COL ?

La multiplication du nombre de partenaires sexuels augmente en effet les risques d’exposition au HPV, le virus responsable des cancers du col.

A noter : aucune étude ne permet de savoir au-delà de combien de partenaires les risques augmentent. En outre, deux autres facteurs favorisants le cancer du col ont été identifiés :
– Le tabac. Les fumeuses augmentent leurs risques de contracter un cancer du col de l’utérus. Alors, vous sentez-vous assez motivée pour arrêter la cigarette ?
– Les antécédents d’infections sexuellement transmissibles. N’hésitez donc pas à parler de vos antécédents à votre gynéco pour qu’il vous suive avec une attention redoublée.

3. QUE FAIRE EN CAS DE FROTTIS ANORMAL ?

Un frottis anormal ne signifie pas forcément cancer du col ! Loin de là ! Il peut s’agir de lésions à surveiller ou tout simplement d’une autre origine, une mycose vaginale par exemple. Dans certains cas, d’autres examens seront nécessaires.

A noter : si vous vous posez des questions, parlez-en à votre médecin afin qu’il vous éclaire sur ces les examens gynécologiques parfois compliqués à déchiffrer. Et sauf douleurs ressenties pendant les relations, vous n’avez aucune raison de mettre votre vie intime entre parenthèses.

4. CANCER DU COL : LE FROTTIS PERMET-IL UN DÉPISTAGE FIABLE ?

Comme tous les examens médicaux, le frottis se heurte à des contraintes techniques et on considère qu’il est capable de déceler 70 % des anomalies du col. . Il a néanmoins prouvé son efficacité à faire reculer le nombre de cancers. La progression de la maladie s’avère très lente (parfois 10 ans) et la survenue des symptômes tardive (douleurs, saignements anormaux chez une femme ménopausée ou après un rapport sexuel chez une femme non ménopausée). D’où l’intérêt du dépistage : traiter les anomalies à temps, c’est diminuer les risques de cancer du col (3000 à 3500 nouveaux cas par an actuellement en France).

Ce frottis se réalise chez le médecin généraliste, le gynécologue et en théorie la sage-femme (la loi les y autorise mais la pratique débute tout juste) entre 25 et 65 ans à raison d’une fois tous les 3 ans dès lors que deux frottis normaux ont été réalisés à un an d’intervalle. Inutile donc d’en faire plus que de raison.

A noter : cet examen rapide et tout à fait supportable (à condition d’être en confiance avec son professionnel de santé) est pris en charge à 70% par la sécurité sociale (son prix s’élevant à 15,40 €).

Cela étant, son utilisation reste insuffisante. Du côté des patientes, seules 60% des femmes le pratiquent. Nombre de femmes ne connaissent pas son utilité dans le dépistage du cancer et acceptent le frottis au moment d’entamer un suivi gynéco lié à la contraception. Sans compter qu’aucun programme de prévention au niveau national n’existe et que les jeunes femmes ayant été vaccinées contre le HVP (Human Papilloma Virus) croient à tort ne plus avoir besoin de frottis… Du côté des professionnels de santé : les recommandations restent mal connues : il arrive que des gynécologues prescrivent trop de frottis à la même femme (tous les ans par exemple) !

5. PEUT-ON AVOIR UN BÉBÉ APRÈS UNE CONISATION ?

Si les lésions persistent et ou s’aggravent, le spécialiste peut vous proposer une conisation. Cette petite opération consiste à à enlever une fine pellicule du col de l’utérus à l’aide d’un bistouri électrique. Cette technique peut se réaliser en cabinet sous anesthésie locale ou en cas de lésions plus étendues au bloc opératoire sous anesthésie générale. L’opération relativement simple entraîne peu de suites : quelques saignements parfois. Et, bonne nouvelle : elle n’empêche en aucun cas la survenue d’une grossesse.

Avec la collaboration du Dr Anne Garnier, chargée de projet col de l’utérus à l’Institut national du cancer et le Dr Jerôme Viguier, responsable du département dépistage des cancers du même Institut.