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Selon une étude sur le cancer du sein rendue publique mardi aux Etats-Unis, les avantages de la mammographie seraient « surestimés » alors que les risques, eux, seraient « sous-estimés ». Mais qu’entend-on vraiment par « risques » ? Retour sur les résultats.

Depuis plusieurs années, de nombreuses campagnes sont mises en place afin d’inciter les femmes au dépistage du cancer du sein. En France en 2013, l’Octobre Rose a été organisé pour la vingtième année consécutive dans le but de convaincre les femmes de l’utilité d’un dépistage précoce et pour faire progresser la recherche sur la première cause de mortalité chez les femmes en France. Un seul examen n’étant pas suffisant, les femmes de 50 à 75 ans sont souvent invitées à effectuer une mammographie tous les deux ans.

Un test loin d’être parfait

Pourtant, une étude publiée mardi aux Etats-Unis vient remettre quelque peu en cause l’efficacité de ce moyen. Selon ce rapport, les avantages de la mammographie seraient surestimés tandis que les risques seraient sous-estimés. Le premier danger de cet outil de dépistage se trouve être le sur-diagnostic. Un problème qui toucherait 19% des femmes d’après Nancy Keating, co-auteur de cette étude parue dans le Journal of the America Medical Association et professeur adjointe de médecine à l’Hôpital Brigham and Women’s, « Je dis à mes patientes que la mammographie n’est pas un test parfait » assure-t-elle.
En se basant sur plusieurs études menées pendant une cinquantaine d’années, il est apparu que dans un groupe de 10 000 femmes âgées de 40 à 50 ans, 190 seront diagnostiquées comme étant atteintes d’un cancer du sein. Il est cependant impossible de savoir grâce aux techniques actuelles, si la tumeur est bénigne ou si elle risque d’évoluer. Par conséquent, de nombreuses femmes seraient traitées contre le cancer alors qu’elles ne sont pas réellement malades. D’après l’étude, 36 femmes sur les 190 devront donc subir une intervention qui ne leur est pas nécessaire.
Par ailleurs, plus de la moitié des femmes qui subissent cet examen annuel pendant 10 ans peuvent s’attendre un jour à recevoir un résultat faussement positif et pourront donc aussi subir une série d’examens inutiles.

Quel impact sur les chiffres de la mortalité ?

Toujours d’après cette étude, une mammographie annuelle permettrait de réduire de 19% la mortalité par cancer du sein chez les femmes. Un chiffre qui augmente considérablement avec l’âge, puisque qu’il attendrait 32% pour les femmes de plus de soixante ans. Chaque année aux Etats-Unis, 232 000 nouveaux cas de cancer du sein sont diagnostiqués et 39 000 femmes succombent à la maladie selon l’Institut américain du Cancer. D’autres instituts ayant rédigé des études sur le cancer du sein affirment par ailleurs qu’une femme qui se serait faite dépistée par mammographie n’aurait pas moins de chance de mourir que celles dépistée par un examen physique.
A partir de toutes ces constats, on peut donc se demander s’il est dans notre intérêt d’abandonner le dépistage par mammographie. Mais même si elle est fortement contestée, cette technique est défendue par de nombreux professionnels et reste, à l’heure actuelle, le seul outil disponible.

Source: http://www.aufeminin.com/