Des travaux de plus de dix années ont permis de mettre à jour la molécule « Liminib » qui bloquerait la formation des métastases.

Cette découverte donne de l’espoir aux patients cancéreux et pourrait, dans un premier temps, servir de traitement alternatif à la chimiothérapie d’ici quelques années.

Des chercheurs ont identifié une nouvelle molécule luttant contre les métastases cancéreux.

Ce composé agit via un mécanisme totalement nouveau et nécessitera donc encore plusieurs tests avant les premiers essais cliniques.

La découverte de cette molécule, baptisée « Liminib » (ou Pyr1), vient de paraître dans la revue américaine spécialisée Cancer Research.

Le composé inhiberait en fait une enzyme nommée « LIM Kinase (LIMK) », qui se trouve en excès dans certaines tumeurs cancéreuses envahissantes, les carcinomes.

Or, l’enzyme en question coordonne en même temps le système de multiplication des cellules et leur mobilité, respectivement via les microtubules et les filaments d’actine.

Sachant que la dissémination des métastases est la première cause de décès des patients cancéreux, puisqu’elle concerne 90% d’entre eux, ce nouveau mécanisme parait donc particulièrement prometteur. Néanmoins, il faudra attendre d’autres résultats avant de concrétiser le procédé.

Laurence Lafanechère, chercheur au CNRS et co-auteur des travaux, a détaillé à l’AFP : « Si tout va bien, il faudra encore quatre ou cinq ans avant de pouvoir démarrer les premières études cliniques chez l’homme ».

Néanmoins, le CEA, le CNRS et l’Institut Curie ont déjà établi un brevet couvrant la recherche. Ces trois laboratoires, ainsi que l’INSERM, travaillent sur le projet depuis 10 ans, en collaboration avec des équipes australiennes et britanniques.

Une efficacité et des effets secondaires à déterminer chez l’homme

Les travaux ont été permis grâce à une plate-forme de « criblage à haut débit robotisée ». C’est sur cette plate-forme que 30.000 molécules de la chimiothèque nationale française de l’Institut Curie ont été passées au crible.

Parmi elles, Liminib a présenté l’activité voulue. La molécule serait toxique pour plusieurs lignées de cellules cancéreuses in vitro. Mieux encore : elle agirait aussi contre les cellules malades résistantes aux chimiothérapies.

D’autres tests ont été réalisés sur des rongeurs atteints de leucémie et ont prouvé l’efficacité et la bonne tolérance du produit.

Mais les essais doivent être poursuivis sur ces animaux, puis sur les humains, en espérant que les effets secondaires ne soient pas plus importants que l’efficacité du composé.

Source : http://www.maxisciences.com