Les inégalités dans la répartition des rôles au sein du foyer ont été dénoncées dans une nouvelle bande dessinée consacrée à la « charge mentale ». Un phénomène devenu habituel pour les femmes qui croulent sous les tâches domestiques dans cette œuvre ludique signée Emma.

Préparer le repas, vider le lave-vaisselle, faire les courses, le ménage, sortir les poubelles, plier et ranger le linge propre : des corvées qui hantent l’esprit des femmes, débordées, toute la journée.
Ce n’est que face à la saturation, ou pire, la catastrophe, que leur conjoint s’exclame : »Fallait demander ! ». C’est le titre de la nouvelle bande dessinée d’Emma, auteure qui préserve son anonymat grâce à un pseudonyme, partagée sur son site le 9 mai et qui dénonce les inégalités ménagères au sein d’un couple. Penser à tout, tout le temps, une responsabilité exclusivement féminine que la dessinatrice décrit comme une « charge mentale ».

Ras-le-bol général
Partagées près de 70 000 fois sur Facebook, les planches regroupées dépeignent des tâches quotidiennes issues de l’expérience de femme de l’auteure. « Quand le partenaire attend de sa compagne qu’elle lui demande de faire les choses, c’est qu’il la voit comme la responsable en titre du travail domestique », résume-t-elle en une phrase dans sa BD. Pour elle, « la charge mentale, c’est le fait de toujours devoir y penser […] En nous demandant de leur indiquer les tâches à faire, c’est [que nos partenaires] refusent de prendre leur part de charge mentale ».

Des mots durs, mais nécessaire. « Cette bande dessinée a mis des mots sur un problème dont on ne parle jamais […] J’ai vu des femmes taguer leur conjoint sur le post, pour qu’ils viennent le lire et qu’ils se rendent compte », a déclaré Emma dans une interview avec Big Browser.

De la BD à la réalité
La chercheuse Nicole Brais, de l’université de Laval au Québec, a défini la charge mentale comme un « travail de gestion, d’organisation et de planification qui est à la fois intangible, incontournable et constant, et qui a pour objectifs la satisfaction des besoins de chacun et la bonne marche de la résidence », peut-on lire dans de propos rapportés par l’Express.

Les femmes, toujours cantonnées aux tâches domestiques en 2017 ? Insupportable. Pourtant, l’édition annuelle du rapport de l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE) affirme que « les femmes passent en moyenne 1 heure 34 minutes quotidiennement à s’occuper des enfants (contre 43 minutes pour les hommes) et consacrent 3 heures 13 minutes aux tâches ménagères (contre 1 heure 12 minutes pour les hommes) ». Une situation qui semble avoir peu évolué depuis 2010 puisque la gent féminine prenait en charge 64% des tâches domestiques et moins de trois quarts des tâches parentales au sein du foyer. Bonnes à marier et à enfanter pour un quart des Français, les femmes sont poursuivies par les inégalités. Il est temps de faire évoluer les mentalités.

Source: http://www.journaldesfemmes.com