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Shampooings botaniques, décoctions ancestrales, teintures végétales : les alternatives vertes sont les nouveaux soins à la pointe. Zoom sur ces formules naturelles, promesse d’une chevelure soyeuse, brillante et saine.

Mettez-les à la diète

Le principe de la hair détox est de remettre les compteurs du cheveu à zéro, c’est-à-dire d’éliminer cellules mortes, pigments, métaux lourds et molécules chimiques. Ce nettoyage intégral est indispensable avant une coloration végétale et peut s’avérer efficace en cas de cheveux gras, fatigués, sursollicités… Il existe mille façons de détoxifier sa chevelure et les recettes sont variées : ajouter une cuillère de bicarbonate de sodium dans un shampooing neutre, faire un cataplasme de rassoul, utiliser de la poudre de shikakai (le fruit de l’acacia) riche en saponines pour absorber le gras et prévenir les pellicules… Sur le Net, les communautés sont nombreuses à défendre de nouvelles façons de prendre soin de ses cheveux : en optant pour des recettes maison, en espaçant les shampooings au maximum, voire en n’en faisant plus du tout ! Cela s’appelle le « no poo » (« no shampoo ») et cette méthode peu conventionnelle compte désormais des millions d’adeptes dans le monde.

Avec un rituel détox 100 % naturel

Préparez une pâte lavante : 3 cuillerées à soupe de rassoul + 2 cuillerées à soupe de vinaigre de pomme + 3 gouttes d’huile végétale (ricin, coco ou argan) + 2 gouttes d’huile essentielle de menthe poivrée + de l’eau pour obtenir une crème onctueuse. Appliquez la pâte sur cheveux mouillés au niveau des racines et laissez agir vingt minutes avant de rincer longuement. Terminez avec une eau de rinçage pour refermer les écailles (2 cuillerées à soupe de vinaigre de pomme + 2 gouttes d’huile essentielle d’ylang-ylang dans un verre d’eau fraîche).

Avec une teinture de couleurs pures

La coloration végétale a longtemps eu mauvaise réputation : « elle ne tient pas », « elle ne prend pas », « elle est compliquée à réaliser », « elle vire au roux », « elle ne couvre pas les cheveux blancs ». En 2016, elle est pourtant l’occurrence numéro 1 des moteurs de recherche sur les sujets capillaires. Pourquoi un tel engouement ? « Le monde a changé : la prise de conscience face à l’environnement, à l’alimentation, à la santé, a modifié le comportement des consommatrices », explique le coiffeur-coloriste Christophe-Nicolas Biot, qui travaille depuis quinze ans sur des formules végétales, de 80 à 90 % bio. Élixirs botaniques, shampooings en poudre personnalisables, « parce que cela évite d’ajouter des conservateurs et que les femmes aiment transformer un produit et jouer à l’alchimiste ». Son nouveau salon (1) dédié au soin et à la coloration végane est à l’image de l’intérêt pour l’alternative verte. « De plus en plus de femmes passent du conventionnel au traditionnel pour s’inscrire dans une démarche de mieux-être, avec une sélection des ingrédients et la chasse aux métaux lourds ou aux perturbateurs endocriniens. Et aussi parce qu’elles sont devenues beaucoup plus allergiques qu’avant », observe l’expert.

(1) L’Atelier Bio T by Christophe-Nicolas Biot. 51, galerie Vivienne, 75002 Paris. Ouverture le 13 octobre.

Avec un vinaigre de plantes, chouchou de la brillance

Rincer ses cheveux au vinaigre est une recette qui fait de plus en plus d’émules, à commencer par le coloriste Christophe Robin qui l’a remis à l’honneur dans ses soins : « C’est un produit simple et naturel qui resserre les écailles, élimine le calcaire et l’acidité, dégraisse le cuir chevelu et fait rutiler la couleur… » Les cheveux raffolent du vinaigre de cidre ou de pomme (le plus doux) que l’on dilue à la dernière eau de rinçage ou que l’on vaporise déjà tout prêt sur les cheveux encore humides. Sans oublier de frictionner le cuir chevelu qui, lui aussi, adore son effet purifiant et astringent. Vinaigre de rinçage Phytocidre, Phyto ; Herbal Cider, John Masters Organics ; Vinaigre de rinçage Fioravanti, René Furterer ; Restorative Detangling Toning Mist, Philip B ; Elixir Botanique, by Biot ; Vinaigre de Brillance à la Camomille, Klorane.

La green attitude a ses limites

« Les femmes ne comprennent pas toujours que le végétal, c’est aussi de la chimie ! On s’imagine qu’il est sans innocuité mais c’est faux ! On peut être allergique aux colorants végétaux », prévient Catarina Lopes, experte à l’Atelier des Couleurs (1). « Et puis, il y a végétal et végétal : certaines colorations dites naturelles contiennent des pigments de synthèse, des traces toxiques d’arsenic, de mercure et de plomb… Du coup, elles ne sont pas moins nocives que l’ammoniaque ou d’autres composants montrés du doigt ! »

Obtenue avec des pigments de plantes tinctoriales (henné, hibiscus, buis, bourdaine, paprika, cannelle, garance, indigo…), la teinture végétale ne pénètre pas dans le cheveu mais gaine les cuticules (les cheveux fins apprécient) d’un ton sur ton qui s’estompe progressivement, sans effet racines. Elle ne permet pas d’éclaircir -impossible sans oxydation chimique-, ni d’obtenir une nuance exacte, « même chez un pro », précise Catarina. « On ne peut pas comparer une coloration chimique avec une coloration végétale, car elle ne permet pas les mêmes libertés : il est impossible de décolorer, difficile de couvrir les cheveux blancs… » Contraignante, elle nécessite plusieurs étapes : une détox à l’argile pour faire dégorger le cheveu, une prépigmentation, le juste mélange de pigments, la fixation… Ce qui n’est pas évident pour une consommatrice. Bref, avant de se lancer, mieux vaut l’essayer chez un pro qui pourra par la suite préparer une formule sur mesure à appliquer chez soi.

(1) L’Atelier des Couleurs de Catarina Lopes. 4, rue Béranger, 75003 Paris. Tél. : 01 44 61 19 89.

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