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Durant des années, on leur a demandé de briller, de bien se tenir, d’être doux, de ne pas s’aplatir. Désormais, on intime à nos cheveux de bouger pour plus de sensualité.

Vous rêvez d’une mèche qui retombe tout en souplesse sur la joue comme Romy Schneider dans un film de Claude Sautet. Ou d’une crinière blonde s’agitant au creux des reins façon Bardot dans Et Dieu créa la femme. Vous voulez des cheveux en mouvement mais n’avez jamais osé le formuler, encore moins le demander à votre coiffeur. Cela devrait changer car le sujet intéresse de plus en plus les marques de beauté. Sans doute, parce que cette quête concerne les femmes du monde entier. « Les Brésiliennes aiment les chevelures qui ondulent, qui épousent la gestuelle du corps, comme si elles dansaient la samba. Les Indiennes et les Japonaises préfèrent les fibres soigneusement alignées qui tombent dans un drapé parfait et se balancent au rythme de la marche avec fluidité », décrypte Maya Colombani, directrice marketing développement de L’Oréal Produits Professionnels Brésil. Évidemment, plus les cheveux sont longs et plus il y a de l’amplitude dans le mouvement, de l’émotion dans l’« hair ». Les Françaises qui, jusqu’ici, avaient un goût peu prononcé pour les coiffures longues, commencent à découvrir cette sensualité, grâce aux tendances des podiums.

Une machine baptisée « Moove Hair »

Mais pourquoi certaines crinières ont-elles un plus joli mouvement que d’autres ? Question de qualité. Plus la cuticule est saine, plus la fibre est lisse, plus le tomber est parfait et le cheveu fluide. À l’inverse, une chevelure abîmée crée des frictions entre les fibres, qui s’accrochent, se déplacent en paquets, supprimant toute souplesse. Pour réinjecter de la vie dans la masse, il faut reconstruire entièrement la tige capillaire, avec des produits de soins adaptés (et non de « styling » qui ont tendance à figer la souplesse naturelle).

Dans le centre de recherches capillaire de L’Oréal, à Saint-Ouen (93), une étonnante machine baptisée « Moove Hair », mise au point par des scientifiques de l’École normale supérieure et des chercheurs de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), filme la façon dont une mèche bouge quand on lui imprime un mouvement. On découvre ainsi que l’impulsion est toujours donnée par un cheveu directeur, qui entraîne tous les autres dans le même sens. Grâce à cette invention, les marques capillaires du groupe étudient la manière dont les cheveux se comportent sous l’influence de leurs formules traitantes. Par exemple, si les pointes se séparent ou non, sachant que la fibre réagit différemment selon son épaisseur, sa longueur, etc. De ces observations sont nées des recommandations très précises en matière de soin.

Pour lisser les écailles, il faut user de produits réparateurs, mais surtout pas trop riches pour ne pas provoquer d’alourdissement. A fortiori sur les cheveux fins des Françaises. « Grâce aux dernières technologies utilisées en matière de réparation, nous pouvons cibler les zones endommagées et consolider la fibre sans entraver le mouvement », rapporte Patrick Canivet, directeur technique de la division L’Oréal Produits Professionnels. C’est le cas de la formule à base de polymères traitants de la gamme Discipline de Kérastase (premier soin « pro-mouvement » du marché), qui forme un réseau à la surface, de la racine à la pointe.

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Les huiles constituent également une solution de choix pour réparer les cheveux poreux (Huile Nutrition & Lumière Oil Therapy de Jean Louis David, Oil Miracle Brume de Soin Légère de Schwarzkopf Professional, etc.). À condition de bien se faire conseiller par son coiffeur pour trouver l’équilibre corps gras/silicones adapté à sa nature. Un excès de lipides peut s’avérer alourdissant. À l’inverse, un surplus de silicones procurera trop de légèreté et sèmera la pagaille. Enfin, pour réinsuffler du mouvement dans des cheveux durs et raides, il est possible d’utiliser une permanente, sans boucler les longueurs, afin de sensibiliser légèrement la fibre capillaire et l’assouplir durablement.

La coupe revêt aussi une importance capitale dans la fluidité de la chevelure. «Rien de tel qu’un dégradé effilé, judicieusement placé autour du visage, rapporte le coiffeur David Lucas (salon En aparté, Paris IIe). Et si les cheveux sont trop épais et compacts, quelques mèches éclaircies autour du visage et sur les longueurs suffisent pour casser l’uniformité.» Et puis il y a la méthode vieille comme l’électroménager : « Toujours sécher les longueurs tête en bas, à petite ventilation, pour décoller les racines. » La clef du « swing ».

Source: http://madame.lefigaro.fr/