Un gynécologue et un médecin de la douleur livrent leurs conseils pour soulager naturellement les douleurs liées au cycle menstruel.

Nous ne sommes pas toutes égales face aux douleurs de règles. Quand chez certaines chanceuses elles se déroulent sans encombre, chez d’autres c’est une épreuve mensuelle. La douleur peut se cantonner au bas ventre, mais peut aussi – sinon ce ne serait pas drôle – faire des dégâts aux alentours. La faute à qui ? À la muqueuse utérine, qui en s’éliminant et en déclenchant les règles, «entraîne une congestion de toute la zone du bas ventre, des ovaires, de l’utérus, mais aussi des trompes, des intestins ou du bas du dos et produit des spasmes plus ou moins importants», précise le Dr Sylvain Mimoun, gynécologue psychosomaticien. Alors bien sûr, si la douleur est trop intense et continue, il est indispensable de demander l’avis d’un médecin. Mais dans le cas où la douleur est importante mais reste supportable, plusieurs solutions dites «naturelles» existent. Passage en revue.

La relaxation

Il faut bien savoir que la douleur agit sur trois axes : physiologiquement, elle entraîne une inflammation des nerfs ; physiquement, les tissus et organes bougent moins bien et psychiquement, le cerveau augmente la perception de la douleur. «Il n’invente rien mais peut tout moduler. On essaie ainsi de mieux maitriser les douleurs par le cerveau, pour que ce dernier nous défende mieux», explique le Dr Delphine Lhuillery, médecin de la douleur, pratiquant notamment au Centre de l’endométriose du Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph (GHPSJ). «Plus la personne est énervée, plus les douleurs vont se majorer», prévient quant à lui le Dr Mimoun.

Sophrologie, respiration, yoga

Avant de dégainer sa bouillotte, on commence donc par tenter d’atteindre le Graal : la détente ; ou en tout cas d’apprendre à le faire. L’acte est simplissime quand on a l’habitude de jouer au Dalaï Lama, un peu moins quand on fonctionne à flux tendu en permanence. L’enjeu est donc de profiter des moments hors période de règles pour s’essayer à la relaxation, et pouvoir appliquer la méthode quand les douleurs surviennent. En pratique, le gynécologue Sylvain Mimoun apprend par exemple l’autohypnose à ses patientes. «Quand on la pratique régulièrement, elle modifie les sécrétions d’hormones du cerveau», confirme le Dr Lhuillery. La respiration abdominale, la sophrologie, la méditation et même le yoga, sont autant de moyens très rapides de s’apaiser. En mai, une large analyse britannique de quinze études, publiée dans la revue The Journal of Alternative and Complementary Medicine, prouvait que la technique améliorait notre perception de la douleur.

La bouillotte d’eau chaude

C’est un grand classique, et pour cause : «la chaleur relaxe et le sang circule mieux, ce qui soulage la douleur», indique le Dr Mimoun. «Toute stimulation non-douloureuse, alerte une autre voie de contrôle, qui inhibe la douleur», ajoute le Dr Lhuillery. Pour que le geste fonctionne, il est primordial de l’effectuer chez soi, tranquillement et en pleine conscience. De la même façon, les bains et douches chaudes apaisent également.

Le sport

En cas de douleurs, le corps est évidemment enclin à faire à peu près tout sauf du sport. Grave fourvoiement. Ce dernier est un allié de taille pour les soulager. «Un corps habitué au mouvement régulier rend les tissus et les organes plus mobiles, ce qui évite les douleurs provoquées par l’inflammation. La pratique sportive permet aussi de sécréter des endorphines – nos propres morphines – ce qui agit sur l’inflammation. Enfin, le sport détourne l’attention du cerveau», explique Delphine Lhuillery.

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Source: http://madame.lefigaro.fr