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Nos pieds supportent le poids de notre corps toute la journée. On devrait conséquemment leur porter un minimum d’attention, la première précaution à prendre étant de les chausser adéquatement.

«Si on excepte les patients souffrant de fractures et de foulures, ma clientèle est composée à 70 % de femmes», souligne le podiatre Charles Faucher. Les responsables de cette situation: les chaussures trop serrées et les souliers à talons hauts dans lesquels les pieds glissent vers l’avant. «Lorsque les orteils sont comprimés, la pression s’exerce à des endroits où il n’y a pas de coussins, et cela entraîne différents problèmes, comme les cors, les durillons et les œils-de-perdrix (NDLR: cors mous entre les orteils)», explique M. Faucher.
Lorsqu’on porte des souliers à talons hauts pendant des années, on risque de se retrouver avec des orteils marteaux: les doigts de pied restent recroquevillés et de la corne se forme sur le dessus. Quant aux oignons, le Dr Faucher les attribue davantage à un facteur génétique, donc héréditaire, qu’au port de chaussures inadéquates.
Et à quoi d’autre s’expose-t-on à toujours marcher sur des échasses? «Le pire qui puisse arriver, c’est une atrophie musculaire du mollet. Comme on est toujours sur la pointe des pieds, le muscle du mollet ne sert pas et il rapetisse», explique Charles Faucher. En conséquence, le talon ne peut presque plus toucher le sol, et l’on ne se sent finalement bien qu’en chaussures à talons hauts.

La hauteur des talons

Idéalement, on devrait choisir des talons dont la hauteur varie entre 0 et 3,5 cm. «Des talons plus hauts créent un débalancement de la cheville, laquelle est alors fragilisée et peut facilement verser sur le côté», souligne Charles Faucher. «Par ailleurs, dit le spécialiste, les talons hauts allongent la jambe et font ressortir le fessier, ce qui est inesthétique. Mais l’hyper courbure au niveau des reins qui s’en suit est excellente… pour les chiros.» Traduire: maux de dos assurés!
D’aucuns pensent que porter des souliers plats est également à proscrire. Le Dr Faucher n’est pas de cet avis. «Lorsqu’on porte ce genre de soulier, le talon touche le sol et le devant du pied aussi. On n’est pas sur le bout des orteils. C’est ce qui se rapproche le plus de la position naturelle du pied», dit-il.
Mais dire adieu aux talons aiguilles: mission impossible! Alors, on en porte mais à certaines occasions seulement. Par ailleurs, on peut aussi marcher pieds nus.

La pointure

Pour que les orteils puissent bouger et respirer, il devrait y avoir un espace de 8 mm entre le gros orteil et le bout du soulier, selon le spécialiste. Comment le calculer? En poussant les orteils au fond du soulier, on devrait être capable de poser trois doigts autour du talon, entre le pied et la chaussure.
Cette mesure ne s’applique pas aux souliers très ouverts sur le dessus, comme les ballerines. Ces dernières doivent être plus ajustées, sinon elles ne tiennent pas. L’idéal est de choisir un modèle dont la ceinture, soit la bande qui entoure le pied, est élastique.
Les souliers à bout pointu vendus aujourd’hui ont été allongés de façon à commencer à rétrécir à partir du gros orteil. On peut donc trouver une paire qui laisse suffisamment d’espace pour bouger les doigts de pied.
Petit truc: Pour choisir des souliers qui ne soient pas trop serrés, on se place debout, pieds nus, et on dessine le contour de son pied sur un carton qu’on découpe, puis on l’insère dans les différents modèles pour voir s’il s’y glisse facilement ou s’il est trop grand. «On peut tolérer à peu près 4 mm de compression. Au-delà de ça, les bobos apparaissent», dit Charles Faucher. Si on constate que certains souliers sont un peu justes, on les porte moins souvent et pour de courtes durées.

Quest-ce qu’un bon soulier?

Le soulier doit répondre à certains critères pour jouer son rôle premier qui est celui de protéger le pied. Et le prix n’est pas nécessairement un gage de qualité.
• La chaussure doit être ferme, et le renfort du talon ne doit pas s’écraser. Dans les souliers à talons hauts, le renfort sera fait d’un matériau assez solide pour que le talon reste bien droit.
• L’idéal est de choisir une chaussure qui monte haut sur le pied, pour mieux le tenir, et qui a une bonne largeur au niveau des orteils.
• Tous les pieds n’ont pas la même morphologie: ils n’ont ni la même largeur, ni la même courbure au niveau de l’arche. Aussi, il faut choisir des marques qui proposent des modèles de différentes largeurs et profondeurs.
• La cambrure des souliers à talons hauts doit bien soutenir l’arche. On s’en assure en essayant de tordre le soulier. Si on y parvient, notre pied risque de verser à la moindre anfractuosité du sol.
• La semelle d’usure doit être faite d’un matériau assez solide pour jouer son rôle de protection.
• On privilégie une chaussure en cuir, parce que c’est un matériau qui respire. Ainsi, le pied transpire moins.

7 Trucs pour faite un bon achat

1- Si on a tendance à avoir les pieds qui enflent, on magasine au début de l’après-midi, lorsque les pieds ont commencé à gonfler, mais avant qu’ils ne soient trop enflés, de façon à s’assurer d’avoir le meilleur confort possible tout au long de la journée.
2- Au magasin, on prend son temps, on essaie divers modèles, puis on marche de long en large avec les chaussures, peu importe que le vendeur montre des signes d’impatience.
3- On glisse sa main dans la chaussure pour sentir ce que le pied aura à subir. S’il y a une couture à l’intérieur, au niveau des orteils, il y a de fortes chances que ce soit inconfortable.
4- S’il s’agit d’un soulier à talons hauts, on vérifie avec les doigts s’il y a un coussin au niveau des orteils, puisque le point d’appui sera à cet endroit.
5- Si le soulier est déjà inconfortable au magasin, il y a de bonnes chances qu’il le demeure. On ignore la remarque du vendeur qui nous dit que le cuir s’étirera…
6- On marche avec ses souliers dans la maison avant de les porter à l’extérieur. S’ils sont inconfortables, on les retourne au magasin.
7- On a un coup de cœur au magasin, mais le soulier semble un peu étroit? On l’achète, puis on l’apporte chez le cordonnier afin qu’il puisse évaluer s’il pourra l’ajuster. Il possède des équipements et des produits pour étendre le cuir. S’il dit que c’est impossible, on retourne l’achat.

Des conseils de la styliste

Cet automne, les souliers à talons hauts sont tendance. Et plus c’est haut, plus c’est beau! «Mais, dit la styliste Annie Richard, si on est mal à l’aise de porter des talons hauts, il vaut mieux s’abstenir, parce que ça paraîtra tout de suite. Il faut être capable d’assumer ce qu’on porte».
Annie Richard conseille par ailleurs de toujours avoir avec soi une paire de souliers confortables. «C’est le premier coup d’œil qui compte. On peut arriver à une soirée ou au travail avec des souliers à talons très hauts pour le look, et on les troque quelques heures plus tard pour des chaussures à talons plus bas. Personne ne s’en apercevra.»
Et si on doit choisir entre confort et look ? «C’est mieux de prendre des souliers avec un talon un peu plus bas, parce que quand quelqu’un a mal aux pieds, ça se voit.»

Les mesures d’hygiène

Le cuir a une capacité d’absorption de l’humidité d’environ une heure. Le Dr Faucher conseille aux femmes qui transpirent beaucoup d’utiliser pour leurs pieds le même antisudorifique à bille qu’elles prennent pour leurs aisselles. Des produits spécialisés se vendent aussi en pharmacie.
Pour éviter la formation de bactéries à l’intérieur des souliers, lesquelles peuvent causer le pied d’athlète, on en lave l’intérieur au moins une fois par semaine avec un linge humide et un savon doux.
Les chaussures ouvertes, rendues humides par la transpiration, ont le temps de sécher pendant la nuit. Mais pas les bottillons d’intérieur. On recommande de ne jamais porter la même paire deux jours de suite, de façon à les laisser sécher complètement.

Source: http://www.moietcie.ca/