Que sauver de sa garde-robe de l’an dernier ? Sélection et bonnes équations vestimentaires pour coller à la nouvelle saison mode.

Vous avez un trench

Alors ça, c’est une très bonne nouvelle. Beige ? Alors ça, c’est une très, très bonne nouvelle. Depuis le temps que vous croyez aux valeurs sûres, vous recueillez enfin le fruit de tant de sagesse (et sans doute de vertus familiales transmises).
Le bémol : si votre trench est un peu étriqué et longueur genou (il a récompensé votre mention très bien au bac !), il reste ce qu’il est : un classique. Il en faut, mais pour l’aura fashion, ce n’est pas tout à fait ça. Sauf, à la rigueur, s’il est le seul élément rigide d’une tenue associant pull liquide et jupe longue, molle et moulante, par exemple.
Comment le twister 2017  ? D’abord, en oubliant que c’est un vêtement de pluie. Le trench à la mode est un manteau de printemps. Et comme, justement, c’est le printemps, on ne le porte ni ceinturé ni fermé. Mais jeté sur les épaules comme une cape, grand ouvert, les pans au vent, les manches retroussées négligemment. La ceinture est nouée à l’arrière, histoire qu’elle ne batte pas tristement les flancs de la trench girl. On l’aura compris, il importe donc que le modèle soit vaste, voire trop grand. Emprunter celui de son chéri – surtout s’il est garde du corps – est également une excellente option, si l’on est soi-même une longue tige. Enfin, même si elle est toujours jolie au quotidien, l’équation trench-jean-chemise façon Ines n’est plus la seule envisageable pour briller en société. Le trench beige se porte volontiers aussi le soir, sur un pantalon ou un short de vinyle noir, comme on l’a vu sur Kate Moss.

Vous avez des baskets blanches

Achetées en pilotage automatique, encore presque neuves au sortir de l’hiver… D’où ces deux angoissantes interrogations : est-ce trop tard pour la cause de la sneaker immaculée ? Notre ado acceptera-t-elle de les récupérer (elle chausse comme nous) ou, même elle, renâclera-t-elle ? Pas de panique : avec une constance qui défie les analyses les plus pessimistes, la basket blanche rempile cette année, avec les jupes longues, courtes, plissées, les pantalons, les robes, etc.
Le bémol : comme elle n’est plus un indicateur mode mais bel et bien un nouveau basique, on la prend sobre et sans fioritures. Ni scratch, ni clous, ni patchs, ni collab hasardeuse, ni semelles bizarres… La Gazelle, d’Adidas, fait très bien le job.
Comment les twister 2017  ? En les réservant à ces jours où, effectivement, on doit marcher et se presser. Pour les autres, il y a une foultitude de nouveaux souliers (glove shoes, bottines-chaussettes, crocs de créateurs, mules poilues ou plumées…), aussi cool et confortables, qui permettent bien davantage de faire son intéressante (si l’on y tient, bien sûr). Au rayon white is white, on notera que les escarpins, les boots basses et les babies à talons blancs tendent à remplacer les baskets chez les plus avant-gardistes (oui, hors mariage et défilés de majorette, ce qui est très fort !).

Vous avez du rouge et du rose…

Par exemple un pantalon et un top, que vous adoriez tous les deux mais que vous n’avez pas portés ou presque. Trop casse-tête ! Avec quelle couleur les assortir pour ne faire ni Barbie (avec du rose sur du blanc, par exemple) ni rescapée des années 1980 («En rouge et noir, j’exilerai ma peur… ») ? La réponse vous est fournie sur un plateau cette saison : portez-les ensemble, car la combinaison du rose et du rouge est la star chromatique de la saison.
Le bémol : bien sûr, on ne parle pas ici de la liaison fatale slim coquelicot et tee-shirt moulant fuchsia, qui reste impossible, cette année, la précédente et les dix prochaines !
Comment les twister 2017  ? L’association marche au mieux si le pantalon est plutôt large et trois-quarts, d’un beau rouge profond, tandis que le top est assez conceptuel, rigide, sans manches mais à col montant, par exemple, et rose pâle ou glacé. Cela vous dit quelque chose ? Oui, c’est un peu la silhouette globalisée de la fille minimale chic (popularisée par COS), à laquelle ces deux couleurs associées redonnent un lustre plus féminin, moins mormon. Cela dit, l’engouement pour le rose est tel que même le blouson à capuche et le sweat Malabar refont leur apparition. Mais avec un rouge à lèvres bordeaux bien dense, comme Camille Rowe (quand elle se maquille), pour respecter le duo couleur gagnant. S’il vous en reste un, c’est le moment idéal pour le ressortir…

Vous avez une chemise à rayures

Difficile de ne pas avoir cédé à son attrait la saison dernière. Bleue et blanche, on l’a tellement vue durant l’été 2016 qu’on se demande un peu si trop, ce n’est pas trop… Eh bien apparemment, tout le monde en redemande !
Le bémol : on parle de chemise, pas de la blouse à la Bardot, épaules nues, rayée, certes, mais vraiment galvaudée. La chemise de bureau trop finement rayée est, elle aussi, hors sujet. Il faut qu’on les voie, ces rayures !
Comment la twister 2017  ? Si elle est bien vaste, façon liquette, c’est tout bon : on la porte basculée sur l’arrière – un geste auguste lancé par Demna Gvasalia –, un pan négligemment rentré dans l’avant du pantalon ou de la jupe, le reste froufroutant sur le dos, les manches un peu trop longues. Ça a l’air technique comme ça, mais à voir le nombre de filles street-stylées qui le font, un peu d’entraînement doit suffire. La ceinturer comme un kimono est aussi une bonne option. Si la chemise est de proportions plus modestes, elle s’arbore assez largement déboutonnée, sous un blazer et ceinturée d’un sac banane, rectangulaire, un peu rigide. Si le bas est un brin sportif ou effiloché à l’ourlet, c’est encore mieux. Une paire de très grosses BO là-dessus et Jenna Lyons est votre cousine  !

Vous avez une veste de pyjama

Cette pièce, avec son pantalon assorti, hante les collections et les dressings branchés depuis quasiment 2012. Hors de la fashion sphère, elle a parfois rencontré des difficultés à convaincre que, non, on n’était pas tombée du lit ! Ce serait dommage de renoncer alors que l’œil du grand public semble s’être habitué. Et que les influenceuses les plus smart continuent de l’arborer…
Le bémol : la version sombre, gansée de blanc, ou à pois, si elle n’est pas sortie de chez un très grand faiseur, fait rapidement chiffon. Les imprimés un peu japonisants, un peu jungle vintage – très présents ce printemps – tirent beaucoup mieux leur épingle du jeu.
Comment la twister 2017  ? En ne la portant surtout pas comme une veste ou un kimono, ouverte et lâche, sur un denim troué. Mais bien boutonnée, sur un jean blanc impeccable – deux tendances pour le prix d’une –, comme chez Sézane, où la chemise-pyj Elisa en soie brique est parfaite. Si l’on avait investi dans un pyjama de jour uni, il n’y a qu’une solution vraiment fashion, hélas : en acquérir un autre, imprimé ou rayé, avec des sandales glitter à gros talons carrés et une minaudière baroque, et dépareiller pantalons et vestes… C’est, certes, un budget !

Vous avez une robe à fleurs

Vous avez été très bien inspirée d’acheter l’an dernier cette longue chose souple, piquée de fleurettes et de corolles en tout genre. À l’époque, vous n’aviez recueilli que sarcasmes (« Tu te l’es cousue dans les rideaux de ta grand-mère ? »). Vous tenez votre revanche, c’est désormais LA robe à avoir.
Le bémol : la mièvrerie Petite Maison dans la prairie, le Liberty, et tout ce qui fait jeune fille en fleurs, justement, sont un contresens. La fleur qui pousse cette saison est plus sauvage, plus colorée, plutôt en semis luxuriant qu’en pistils mimis piqués sur fond pastel.
Comment la twister 2017  ? La longueur midi est celle qui va bien (de préférence avec une fente volantée qui remonte sur la cuisse, mais personne n’est parfait). Si votre robe est plus longue, c’est facile à rattraper chez le retoucheur. Si elle est trop courte, la porter sur un jean ou un slim en cuir lui redonnera de la crédibilité. Enfin, si vous avez peur qu’un abus de myosotis vous transforme en Belle des Champs, glissez dessous un sous-pull vitaminé, une marinière acidulée – comme au défilé Topshop Unique, modèle Aster, qui constitue un excellent tuto –, ou jetez une veste militaire sur vos épaules, comme la très élégante Jo Ellison, fashion editor au Financial Times.

Deux astuces qui sauvent TOUT
Le coup de la chaussette.

Pour dédramatiser des chaussures trop élégantes, trop hautes, trop ouvertes, on les porte sur socquettes. Les modeuses avancées sont en chaussettes de tennis cette année. L’option résille bordeaux ou orange fera l’affaire pour les autres (moins vue que sa consœur en Lurex).
Le coup du tee-shirt.
À manches courtes ou longues. Sous une robe-nuisette satinée, un caraco trop juvénile, un haut de soirée trop « croppé » ou conceptuel. Avec lui glissé dessous, on les porte de jour sans plus (trop) se poser de questions. S’il est à logo ou à message vintage, c’est encore mieux.

Les tendances du printemps-été 2017 :

Source: http://madame.lefigaro.fr