Seins douloureux, ventre gonflé, irritabilité… 2 femmes sur trois seraient touchées par le syndrome prémenstruel. Ne vous résignez pas à ces désagréments : des traitements existent pour soulager les douleurs qui apparaissent avant les règles.

1. DES SYMPTÔMES CHANGEANTS

Concrètement, le syndrome prémenstruel (SPM) se traduit par deux types de symptômes, les uns physiques, les autres psychiques. Dans la première catégorie, on retrouve des troubles très variés : jambes lourdes, ventre gonflé, migraine, seins tendus et douloureux… Dans la seconde, on classe des symptômes plus flous : irritabilité, fatigue ou agitation, idées noires, fringale, sentiment de dévalorisation…

Pourquoi des manifestations aussi nombreuses ?

Les récepteurs hormonaux se trouvent un peu partout dans le corps, explique le Dr Sylvain Mimoun, gynécologue et psychosomaticien. En cas de déséquilibre hormonal, les ennuis apparaissent donc à tous les niveaux de l’organisme. Cela crée aussi un stress, parfois responsable d’une chute des défenses immunitaires favorisant les infections : cystites, mycoses, herpès, etc.

L’ennui, avec le syndrome prémenstruel, c’est qu’il est changeant…Ses symptômes varient selon les femmes et selon les cycles. Les unes ne tiennent pas en place et astiquent leur intérieur de fond en comble ; les autres n’ont plus de ressort. Le mois suivant, le scénario se répète ou se modifie, sans raison.

2. TOUT DE SUITE APRÈS L’OVULATION

Le malaise débute dans la seconde phase du cycle, quelques jours après l’ovulation, et persiste deux ou trois jours après les règles.

 » Les facteurs psy sont déterminants, affirme le Dr Elisabeth Aubeny, gynécologue. Les femmes qui deviennent dépressives ou agressives ont un problème sous-jacent qu’elles expriment à ce moment-là, et dont elles doivent parler en consultation. Certaines mènent une vie infernale, mêlant travail, enfants, mari, courses… Mais elles ne se plaignent jamais. Quand les règles arrivent, elles se sentent autorisées à dire stop.  »

Alors, si vous êtes concernée, ne soyez pas trop exigeante envers vous-même et ménagez-vous. Supprimez les invitations à dîner, les cours de gym… Et, surtout, pensez à vous soigner, car il n’est écrit nulle part qu’il faut souffrir pour être femme…

3.TENEZ UN CARNET DE BORD

Ces jours-là, êtes-vous gênée un peu, beaucoup… énormément ? Apprenez à vous observer pour trouver le remède adapté.

Assurez-vous d’abord que vos troubles correspondent bien à un syndrome prémenstruel. Pour cela, tenez un  » carnet de bord  » pendant quelques cycles. Il s’agit d’un calendrier où vous notez les symptômes les plus significatifs :  » T  » pour tension douloureuse des seins,  » t  » pour tension légère ;  » M  » pour forte migraine,  » m  » si elle est légère ;  » D  » pour grosse déprime,  » d  » si elle est modérée…

Si les signes sont regroupés dans les jours qui précèdent les règles, le doute n’est plus permis. Selon les cas, le médecin optera pour l’une des solutions ci-après.

A noter : si vous faites partie des femmes qui « gonflent comme une baudruche » pendant cette période, vous pouvez prendre un veinotonique quiréduira notablement les oedèmes, ou encore des spécialités ventre plat (Terrafor®, Digestion ventre plat®…)

4. SI VOUS AVEZ TRÈS MAL

Vous pouvez vous fier aux antiprostaglandines. Ponstyl®, Antadys®, Alève®, Nurofen®, notamment, sont largement utilisés pour leur action antidouleur et calmante. A l’approche des règles, les prostaglandines sont produites en grande quantité. Elles provoquent différents symptômes dans tout l’organisme : au niveau de la muqueuse utérine (pesanteur), des ovaires (douleur), de l’intestin (ballonnements), du cerveau (migraine, irritabilité).

5. SI VOUS ÊTES TRÈS NERVEUSE

Vous pouvez recourir à différentes méthodes de relaxation. L’hypnose ou l’auto-hypnose, technique enseignée par un médecin, donne de bons résultats.
Celles qui dépriment vraiment se voient parfois prescrire des antidépresseurs, du 15e au 25e jour, à petite dose. Ces médicaments ont aussi un effet antalgique. « Ce traitement est efficace, mais il faut lui associer une prise en charge psychologique « , souligne le Dr Mimoun.

6. SYNDROME PRÉ-MENSTRUEL: VOS SYMPTÔMES VARIENT

Vous pouvez essayer les solutions douces. Certains médecins conseillent d’augmenter les apports en calcium, en magnésium et en vitamine B6. Il faut donc privilégier les produits laitiers, les poissons, les fruits de mer, les céréales complètes, les légumineuses et les fruits secs. Autre solution : des gélules d’huile de bourrache ou d’onagre dans la seconde partie de cycle.

Le traitement hormonal, qui vise à rétablir l’équilibre, a la faveur des gynécologues. Il repose soit sur la progestérone naturelle du 15e au 25e jour, qui marche chez certaines femmes et n’a que peu d’effets secondaires (pas de prise de poids…). Soit sur les progestatifs, qui sont des produits de synthèse dérivés de la progestérone. Leur efficacité est supérieure, mais ils peuvent entraîner une prise de poids. On les prescrit du 15e au 25e jour, voire du 6e au 25e jour dans les cas les plus sévères. En général, la pilule est bénéfique, puisqu’elle supprime l’ovulation et stabilise le « climat » hormonal.