Les solutions sont de plus en plus nombreuses pour traiter cette maladie invalidante.

La moitié des migraineux s’ignorent, même s’ils en souffrent, alors que de nombreux traitements efficaces sont désormais disponibles.

Il s’agit en effet d’une maladie fréquente, qui touche de 15 % à 20 % de la population et plus particulièrement les femmes dans 3 cas sur 4.

«Pour de nombreuses personnes, y compris certains médecins, la migraine n’est pas une maladie, souligne le Pr Gilles Géraud, neurologue au CHU de Toulouse. Elle est parfois considérée comme une conséquence de la vie moderne, un souci de “bonne femme” avec lequel il faut vivre.»

Les migraines, bien que bénignes, peuvent cependant être très handicapantes.

Des solutions satisfaisantes peuvent être proposées à la très grande majorité des patients, parfois après une période de tâtonnement pour trouver la solution adaptée car chaque patient est différent face à la migraine.

Trouver la bonne approche

C’est une maladie qui se manifeste par crises, lors desquelles les patients connaissent différents symptômes neurologiques et vasculaires plus ou moins invalidants.

Elle se caractérise par un mal de tête ressenti d’un seul côté, pulsatile, qui s’aggrave lors d’un effort physique.

Autant de critères qui n’existent pas dans la céphalée de tension, une autre cause fréquente de maux de tête.

La crise migraineuse peut aussi être accompagnée de troubles digestifs tels que des vomissements ou des nausées, de nombreux patients se plaignant également d’une intolérance à la lumière ou au bruit.

Un certain nombre de personnes sont victimes de migraines avec aura, un ensemble de symptômes neurologiques qui, le plus souvent, précèdent la crise et ne durent pas plus d’une heure.

Ces symptômes peuvent être des troubles visuels comme des zébrures lumineuses dans le champ visuel ou la disparition d’une partie de celui-ci…

Des fourmillements ou des pertes de sensibilité peuvent apparaître dans les membres et, pour certains patients, la migraine s’accompagne de troubles moteurs hémiplégiques.

Pour traiter les crises migraineuses, le médecin sera donc amené à proposer des anti-inflammatoires et/ou des triptans. Les triptans, première véritable révolution dans le traitement des migraines, font en effet depuis dix ans partie de la panoplie thérapeutique de première ligne.

Cette nouvelle famille de vasoconstricteurs vise spécifiquement la vasodilatation associée aux migraines et comporte désormais sept molécules.

«On est souvent amené à en essayer plusieurs pour déterminer laquelle sera la plus efficace et la mieux tolérée par chaque patient», précise le Pr Géraud.

Face à une crise, les patients pourront ainsi prendre d’abord un anti-inflammatoire et y ajouter ensuite un triptan si cela n’a pas suffi. Dans certains cas, c’est l’inverse qui se révèle le plus efficace et parfois, notamment lorsque la crise se déclenche la nuit en réveillant le patient, les deux seront pris en même temps.

Le plus souvent, les traitements sont en effet d’autant plus efficaces qu’ils sont pris dès le début de la crise. «Certains patients sont déçus par les traitements car ils ne les prennent pas assez tôt», souligne le Pr Géraud.

D’autres patients renoncent à trouver une solution, les premiers essais de traitement n’ont pas été efficaces: il faut parfois plusieurs mois pour trouver la bonne approche.

Si un certain nombre de traitements ont fait leurs preuves, certains doivent être évités.

La codéine et les dérivés morphiniques, parfois trop facilement prescrits, sont une mauvaise solution: ils peuvent provoquer une accoutumance lorsque les crises sont fréquentes et le sevrage est particulièrement difficile. La caféine n’est pas non plus un traitement adapté, car elle peut entretenir les migraines.

Tâtonnements

Lorsque les crises sont fréquentes, il vaut mieux envisager un traitement de fond visant à prévenir les crises et/ou l’aura.

La recherche sur les traitements de fond est moins avancée que pour les traitements de crise, mais il existe plusieurs familles de médicaments qui ont prouvé leur efficacité.

La solution est individuelle et nécessite parfois quelques tâtonnements pour être adaptée à chaque patient.

Les traitements disponibles aujourd’hui permettent, dans la majorité des cas, de réduire de moitié la fréquence et l’intensité des crises.

Un résultat qui ne permet pas aux migraineux d’oublier leur maladie, mais qui peut suffire à ne plus s’inquiéter constamment du moment où la prochaine crise les atteindra.

Source : http://sante.lefigaro.fr