Le pire dans ces démangeaisons, qui donnent parfois envie de s’arracher la peau, c’est de ne pas savoir à quoi elles sont dues. Notre guide pratique pour y voir plus clair.

1. Pourquoi se gratte-t-on?

Prurit. Rien que le mot utilisé par le corps médical pour évoquer ces démangeaisons conduisant au besoin irrépressible de se gratter a quelque chose d’irritant ! Ce phénomène, nous l’avons tous connu au moins une fois, ne serait-ce qu’à l’occasion d’une piqûre de moustique. C’est désagréable mais, tant que c’est ponctuel et localisé, supportable. Si les démangeaisons s’étendent ou deviennent chroniques, c’est une autre histoire !

Les mécanismes du prurit sont moins bien connus que ceux de la douleur. Les facteurs susceptibles de stimuler les fibres sensitives conduisant à cette sensation sont multiples. La chasse au bon diagnostic n’est donc pas évidente. Pour s’en sortir, il faut déjà se poser les bonnes questions.

2. qu’ai-je changé dans mes habitudes?

L’utilisation d’une nouvelle lessive, d’un nouveau gel douche, le port d’un bijou, d’une ceinture, la prise d’un traitement médicamenteux (antibiotiques, opiacés, antiasthmatique…) peuvent induire une manifestation allergique qui va se traduire par l’apparition de petites lésions rouges et de fortes démangeaisons.

Je fais quoi ?
C’est un conseil difficile à entendre et à suivre mais, avant toute chose, essayez de ne pas trop vous
gratter. Plus vous léserez votre peau avec vos ongles, plus vous « offrirez » des voies d’accès aux allergènes. En attendant que les comprimés d’antihistaminiques et l’éventuelle crème corticoïde prescrits par le médecin agissent, aspergez votre peau d’eau froide, c’est un excellent antiprurigineux.
Coupez vos ongles courts et, à chaque fois que vous avez envie de vous gratter, effleurez plutôt votre peau avec la pulpe de vos doigts ou la paume de vos mains.

3. Est-ce dû à ma peau sèche?

C’est possible. Dépourvu de son film gras protecteur, l’épiderme d’une peau sèche est sensible aux irritations.
Le moindre frottement, qui passerait inaperçu sur une peau normale, peut se traduire par des démangeaisons.
Ce phénomène est fréquent chez les jeunes enfants mais aussi, on y pense moins, chez les personnes âgées.

Je fais quoi ?
Privilégiez les douches tièdes. Trop chaude, l’eau a tendance à décaper. Utilisez un savon surgras. Luttez
contre la transpiration excessive et prenez toujours une douche après une séance de sport. Avant de vous
habiller, appliquez un lait émollient. Préférez les vêtements assez amples, en coton plutôt qu’en laine ou en synthétique. Enfin, n’abusez pas du chauffage : votre épiderme n’aime pas l’air chaud et sec.

4. Puis-je avoir été contaminée par un de mes proches?

On pense à la varicelle. Cependant, comme on ne peut l’attraper qu’une fois, le plus souvent petit, c’est peu fréquent à l’âge adulte. Quand plusieurs membres de la famille se grattent, surtout la nuit, il faut en revanche évoquer la gale. Même si on est propre ! Dormir dans des draps « contaminés », s’asseoir sur une banquette de train où a séjourné une personne infestée, peut suffire pour l’être à son tour. Les fortes démangeaisons se manifestent entre les doigts, en haut des cuisses, sous les aisselles, au niveau du pubis, autour des mamelons chez la femme et au niveau des organes génitaux chez l’homme.

Je fais quoi?
Il faut consulter. Le traitement classique consiste à se badigeonner d’Ascabiol®, une lotion antiparasitaire qui donne d’excellents résultats, à condition d’attendre 24 heures avant de se laver et de répéter l’application 7 jours plus tard. Ce produit pouvant être irritant, les médecins prescrivent de plus en plus des comprimés de Stromectol®. Pour éviter toute réinfestation : laver vêtements, linge de toilette et draps à 60°C et passer une bombe antiparasitaire sur le matelas, les oreillers, le canapé, les sièges de voiture.