Si de petites taches brunes sont récemment apparues sur votre visage, votre décolleté ou vos mains, il est temps d’agir ! En appliquant le bon soin « détacheur ». Le point avec le Pr Philippe Humbert dermatologue, Centre d’études et de recherche sur le tégument, service de dermatologie du CHU de Besançon.

1. Ce qu’il faut surveiller…

– L’hydroquinone
Cette substance destinée à éclaircir la peau est interdite dans les cosmétiques depuis 1998. Mais on en trouve encore dans certains produits importés, vendus « sous le manteau » ou sur Internet. Sauf dans les préparations magistrales réalisées sous contrôle dermatologique, cet ingrédient ne doit donc pas figurer dans un soin dépigmentant.
– La teneur en acides de fruits
Ils sont autorisés et utiles dans les soins antitaches. Mais à trop haute dose (de 15 à 20 %), ils deviennent irritants pour la peau et exposent alors à un risque de photosensibilisation, avec apparition de taches réactionnelles.
– Les filtres solaires chimiques
Certains, comme l’octocrylène, sont parfois irritants. À la longue, ils peuvent devenir pro-oxydants (producteur de radicaux libres) et allergisants.
– Les parfums ou l’alcool
Ils peuvent être photosensibilisants.

Le focus du dermato
Les taches sur le visage doivent d’abord faire l’objet d’un diagnostic médical.
– Il s’agit souvent de chloasma ou de mélasma (liés à la grossesse ou à la prise d’œstrogènes). Le traitement consiste à se protéger du soleil et à appliquer une préparation dépigmentante.
– En cas de lentigo (sorte de taches de rousseur), la cryothérapie ou le laser sont plus adaptés.
Ensuite, des produits dépigmentants limitent la récidive et rendent le teint plus homogène.

2. Ce qu’on lui demande
D’éviter aussi l’apparition de nouvelles taches, car les troubles pigmentaires mettent plusieurs années à se former.
D’estomper celles qui sont déjà présentes, à condition bien sûr d’éviter le soleil et de se protéger avec des indices forts.

D’améliorer l’homogénéité du teint, une action qu’ils revendiquent presque tous.
D’être agréable à utiliser au quotidien, afin de favoriser l’application régulière du produit.

3. Ce qu’il doit contenir

- Des actifs antityrosinase
Afin de bloquer l’activité de la tyrosinase, enzyme responsable de la formation des grains de mélanine (pigment de la peau). On a le choix entre divers ingrédients : glabridine, acide azélaïque, vitamine C, rucinol et acide kojique.

- Des acides de fruits
Ils exfolient en surface les cellules remplies de mélanine, renforcent le ciment intercellulaire et favorisent la pénétration des actifs antitaches. Il peut s’agir des acides glycolique, citrique et lactique (parfois sous la forme plus douce de lactate d’ammonium). Ou de dérivés de rétinoïdes comme le rétinyl palmitate, le rétinyl propionate…

- Des actifs protecteurs
Des antioxydants aident à lutter contre les phénomènes d’oxydation favorisant la pigmentation, notamment les vitamines E et C, des polyphénols…

- Et aussi…
Des réflecteurs de lumière qui bloquent les rayons du soleil.
Des filtres solaires chimiques afin de protéger la peau des UV.
Des actifs anti-âge antiradicalaires. Ils luttent contre le vieillissement de la peau en stimulant la production d’élastine et de collagène par les fibroblastes.