Maux de ventre, ballonnements, diarrhée et constipation peuvent trahir la présence du syndrome de l’intestin irritable (SII), un dysfonctionnement fréquent qui peut avoir des répercussions désastreuses. Lumière sur ce mal insidieux.

Aussi appelé syndrome du côlon irritable, le syndrome de l’intestin irritable (SII) est la condition gastro-intestinale la plus courante. Elle touche plus de six millions de Canadiens, dont plus de quatre millions de femmes.

Cela dit, seulement un tiers des personnes atteintes consultent un médecin à cet effet, car elles hésitent à parler de symptômes gastro-intestinaux, même avec un spécialiste de la santé. Pourtant, cette condition inconfortable peut être traitée.

Symptômes du syndrome de l’intestin irritable

Les douleurs abdominales, les crampes et les ballonnements sont les principaux symptômes du SII. Les personnes qui en souffrent peuvent également présenter une diarrhée, une constipation ou une alternance des deux.

La constipation dure de quelques jours à quelques mois, mais elle peut être entrecoupée de selles normales et parfois même de diarrhées.

Parmi les autres symptômes, on retrouve les gaz, les nausées, les vomissements, la présence de glaires dans les selles, le besoin pressant et soudain d’aller aux toilettes, et une sensation d’évacuation incomplète après avoir été à la selle.

Cause nébuleuse

La cause exacte du SII n’est pas connue. On pense toutefois que l’intestin des gens atteints serait plus sensible que la normale aux contractions de l’intestin et au passage des gaz et des liquides. La raison pour laquelle ces personnes ont un intestin hypersensible demeure un mystère.

Une chose est sûre: le SII n’a rien à voir avec les maladies inflammatoires de l’intestin (maladie de Crohn ou colite ulcéreuse) et la maladie cœliaque.

Aussi, le SII ne conduit pas au cancer intestinal et il n’est pas lié à des problèmes psychiatriques, comme la dépression majeure ou l’hypochondrie. Les symptômes du SII peuvent être exacerbés par divers facteurs tels que le stress, les menstruations et la consommation d’aliments qui donnent des gaz, comme les légumineuses.

Répercussions importantes

Le SII peut empoisonner presque tous les aspects de la vie quotidienne, comme le sommeil, le rendement professionnel et la vie sexuelle. Il peut être une cause de dépression et d’anxiété. Le SII est la deuxième cause d’absentéisme au travail, après le rhume.

Diagnostic du syndrome de l’intestin irritable

Comme le SII est un trouble «fonctionnel», c’est-à-dire que le patient ne présente pas de signe pathologique à l’examen du côlon, le diagnostic est souvent posé une fois que toutes les autres possibilités sont éliminées.

De plus, comme il n’existe pas de tests spécifiques pour détecter le SII, le diagnostic peut être incertain.

Le médecin peut effectuer des examens tels que des analyses sanguines, une culture des selles, des radiographies et des examens endoscopiques afin d’exclure d’autres problèmes dont les symptômes sont semblables à ceux du SII.

Traitement du syndrome de l’intestin irritable

Il est possible de maîtriser les symptômes du SII. Pour y arriver, on propose souvent une démarche thérapeutique à plusieurs volets:

Modifications des habitudes de vie et de l’alimentation

Cela joue un rôle important dans le contrôle de ce dysfonctionnement. On recommande d’augmenter sa consommation de fibres solubles (son d’avoine, orge), qui sont douces pour l’intestin. Il ne faut toutefois pas en abuser, car elles peuvent entraîner des flatulences.

On conseille aussi de réduire sa consommation d’aliments gras (aliments frits, sauces à la crème, etc.) et de ceux qui causent des gaz (légumineuses, brocoli, chou-fleur, maïs), ainsi que d’alcool, et d’aliments contenant de la caféine, du sorbitol et du fructose. Enfin, l’activité physique et la gestion du stress favorisent le transit intestinal.

Psychothérapie

Elle peut s’avérer utile dans le contrôle des symptômes, car elle vise à apprendre à mieux composer avec le stress, un facteur aggravant.

Médicaments

On traite habituellement les symptômes du SII séparément. Par exemple, on utilise des antispasmodiques (Bentylol, Dicetel, Modulon) pour soulager les douleurs abdominales ou encore des laxatifs (lait de magnésie, lactulose) pour soigner la constipation.

Il arrive qu’on emploie des antidépresseurs agissant sur la sérotonine (Paxil, Prozac) ou des antidépresseurs tricycliques (Elavil), qui contribuent à la relaxation du système nerveux intestinal.

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