« On entend un peu tout et n’importe quoi au sujet du lait, notamment que les adultes ne devraient pas en consommer. » Agnès Guerrier, diététicienne, vous répond !

Question :
« Voilà, on entend un peu tout et n’importe quoi au sujet du lait, notamment que les adultes ne devraient pas en consommer. On m’a d’ailleurs souvent répété comme argument que nous sommes les seuls mammifères à en consommer encore à l’âge adulte. Ainsi ma question est la suivante, est-il bon pour la santé de consommer du lait ou des produits en contenant ? »
Pleins d’études, de documents et de livres parlent du lait, de ses bienfaits, de son ‘calcium’ mais il circule aussi des informations ‘anti-lait’, sur son rôle dans l’obésité, les rhumatismes et les allergies par exemple. On peut donc se demander quel est donc sa vraie place dans notre alimentation quotidienne.

Le lait est avant tout un produit sucré et cela ne doit pas être oublié ; ce n’est pas une source de protéines suffisante pour remplacer la viande ou le poisson ; il ne contient que environ 4% de protéines (alors que viande, poisson, œuf, fromage en contiennent environ 20%).

Le lait est, en effet, une source de calcium (120mg/100g) mais il y a d’autres sources plus riches et mieux utilisables comme certaines eaux minérales, le fromage (10 fois plus riche que le lait) et les amandes (250mg/100g). L’intérêt des amandes est qu’elles contiennent aussi beaucoup de magnésium, fibres, fer, protéines, et aussi oméga 3.

Le lait n’est donc pas un aliment essentiel et non nutritionnellement remplaçable dans notre alimentation. Certains pays n’ont pas de lait à disposition et n’ont pas pour autant des enfants sous développés, ou une population ‘décalcifié’ ou encore en santé précaire. Ils ont même dans certains cas moins de soucis de santé que nous en buvant ‘notre dose de lait journalière’

Il existe aussi des études qui doivent nous faire en effet réfléchir sur le rôle du lait car oui en excès il pourrait avoir un impact négatif sur le système inflammatoire et immunitaire. Certains médecins plus extrêmes (comme le docteur Seignalet) disent que, passé le sevrage nous ne savons plus ‘digérer’ le lait totalement voir plus du tout et encore moins le lait d’une autre espèce autrement dit la vache.

Il y a également effet de nombreuses intolérances, allergies, réactions ‘anti lait’ et obésité au niveau de beaucoup de gens, surtout les enfants.

A la question le lait est essentiel et irremplaçable, je réponds donc non.
A la question est-il bon pour la santé, je ne réponds pas toujours en effet.
A la question faut-il le supprimer de notre alimentation, je réponds par contre non.

La dernière réponse est d’ordre affective. Bizarrement un régime fonctionne mieux dans le temps avec lait et produits laitiers que sans, dans des proportions raisonnables bien sur et pas en équivalence avec la viande mais utilisé comme dessert et plaisir.

La fonction la plus importante du lait, tout âge confondu, est la fonction ‘doudou’.
Peut-être que certains vont trouver cela psychologique ou secondaire mais sur le terrain, après plus de 10 ans de pratique, je l’observe de manière récurrente et constante.

Le lait est un peu de ‘douceur’ et de ‘calinou’ dans ce monde de bruts ! Il est culturel et correspond aussi à la nutrition primaire du petit être et ce dans quasi toutes espèces.

Il y aurait certes pleins de choses à dire sur ce sujet mais ce texte ci-dessus est juste pour éveiller vos esprits à la question, de quoi avons-nous avant tout besoin ? De nourriture et d’énergie ou d’amour ? Certains disent qu’il vaut mieux donner le biberon de lait vache ou de jus de carotte avec amour que le sein sans amour…

Source: mesacosan.com/