Des complications rares, mais graves : c’est sous ce titre que la revue Prescrire (destinée aux médecins généralistes et totalement indépendante de l’industrie pharmaceutique) met en garde ses lecteurs contre les manipulations vertébrales chez les enfants qui sont, selon elle, des thérapeutiques mal évaluées en termes d’efficacité et d’effets indésirables.

« Il s’agit de mouvements passifs de faible amplitude et de haute vélocité, pratiqués sur un étage intervertébral précis », peut-on lire dans son numéro de septembre.

Chez les enfants, les affections concernées par ce type de traitement sont très diverses : coliques, énurésie (pipi au lit), asthme, otite, etc.

Pour connaître les éventuels dangers de ces manipulations vertébrales, une équipe canadienne a effectué une recherche sur toutes les publications concernant ce sujet.

Après sélection des articles selon le type d’étude, l’âge de la population concernée, la description des effets indésirables, elle a recensé 14 observations de cas d’effets indésirables importants survenus chez des patients de moins de 18 ans. Parmi eux, 9 étaient graves, notamment des fractures de vertèbres et des lésions neurologiques.

Deux enfants sont restés paralysés, deux autres sont décédés. Les cinq restants ont souffert de maux de tête, de raideur cervicale, de douleurs dorsales ou de pertes de connaissance.

Certes, ces cas sont fort rares, en regard du nombre de manipulations effectuées chaque année dans le monde sur des enfants.

Mais les auteurs de ce travail soulignent que huit des neuf cas graves sont survenus chez des enfants de moins de 12 ans et qu’une « relation entre la sévérité de la lésion et l’immaturité de la colonne vertébrale est supposée ».

Ils remarquent aussi que ces problèmes ont souvent suivi des manipulations « rotatoires, rapides et fortes ».

Ils conseillent donc de n’avoir recours à une manipulation vertébrale que pour une indication claire, avec un diagnostic précis basé sur un examen médical approfondi et en ayant soigneusement pesé les risques, en particulier au niveau cervical, bref de ne pas mettre les enfants entre toutes les mains.

Ils recommandent aussi une surveillance attentive des jeunes patients dans les 24 heures qui suivent la manipulation, pour réagir vite en cas de problème.