Il pique, il gratte, il a une forme bizarre… Un grain de beauté peut vite nous faire tourner en bourrique. Doit-on pour autant s’inquiéter ? Check-up complet avec Dr Michel Le Maitre, dermatologue et consultant scientifique La Roche Posay.

1. UN MÉLANOME, C’EST UN GRAIN DE BEAUTÉ DANGEREUX ?

Non, penser qu’un mélanome est un grain de beauté malin est une idée reçue. Un mélanome est une forme de cancer de la peau qui provient de la dégénérescence des cellules pigmentaires de la peau, les mélanocytes. Un mélanome apparaît sur un grain de beauté existant dans seulement 10% des cas.
Comment savoir si c’est le cas ? On apprend à repérer tout changement d’un grain de beauté existant ou apparition d’une nouvelle lésion cutanée. Un grain de beauté suspect qui a changé de taille, de forme ou de couleur, ou qui vous semble tout simplement bizarre par rapport aux autres peut cacher un mélanome. Dans le doute, on consulte un dermatologue.

C’est grave si on s’arrache un grain de beauté ?
Non, s’arracher un grain de beauté ne provoque pas de cancer de la peau ! S’arracher un grain de beauté qui n’est pas un mélanome n’est pas grave, si on est sûr qu’il ne s’agit pas d’un mélanome. Un grain de beauté étant naturellement bénin, cela ne présente pas de risques si on s’en arrache un.

Un grain de beauté qui pique ou qui saigne, il faut s’en méfier ?
Encore une fois si on ne sait pas s’il s’agit d’un grain de beauté ou d’un mélanome, il est préférable d’aller le montrer à un spécialiste qui saura déterminer s’il s’agit d’une lésion bénigne ou d’un mélanome.
Si ce qui saigne ou pique a l’apparence d’une tache noire, s’étale sur la peau, présente des contours irréguliers, il est préférable de le montrer à un dermato. La règle ABCD (asymétrie, bord, couleur, diamètre) est utile pour identifier un grain de beauté suspect.

2. GRAIN DE BEAUTÉ : PLUS DE RISQUES DE MÉLANOME SI ON A LA PEAU CLAIRE ?

Si on a la peau claire, on augmente ses risques d’avoir un grain de beauté suspect ?
Exact. Les personnes qui ont les cheveux blonds, roux ont une peau blanche qui a tendance à ne pas bronzer. Le teint clair est un facteur de risque tout comme le fait d’avoir les yeux verts ou bleus.

Plus on a de grains de beauté, plus on a de risques d’avoir un mélanome ?
Le nombre de grains de beauté fait partie des facteurs de risque effectivement. On considère qu’au-delà de 40 grains de beauté, le risque d’apparition d’un mélanome augmente. De manière générale, plus on a de grains de beauté, plus le risque augmente.

Les coups de soleil et brûlures dans l’enfance constituent-ils un facteur de risque supplémentaire d’avoir un mélanome ?
Absolument. L’exposition solaire excessive et sans protection à des heures d’ensoleillement maximum, entre 11h et 16h, est un facteur prédisposant au mélanome. D’autant plus si on a eu des brûlures et des coups de soleil à répétition. D’où l’importance de bien se protéger des UV (naturels ou artificiels, les cabines UV sont aussi dangereuses) avec des vêtements, un chapeau et des lunettes filtrantes. On n’oublie pas la crème solaire et pas que lorsque l’on est à la plage. Ça vaut aussi quand on fait un jogging dehors ou qu’on s’occupe dans son jardin.

A quel âge on commence à regarder ses grains de beauté ?
La plupart des grains de beauté surviennent entre 5-6 ans et la puberté. On conseille de faire un premier bilan à la puberté.

C’est difficile de surveiller ses grains de beauté sans l’œil expert d’un dermato?
Non, les dermatologues recommandent d’ailleurs de s’auto-examiner quatre fois par an. On se met nu devant une glace et on inspecte ses grains de beauté partout sur le corps, même le cuir chevelu. Avec l’aide d’un petit miroir, on regarde attentivement la plante des pieds, entre les orteils, le sillon interfessier, sous les ongles, derrière les oreilles, sous les plis, etc. Bref, toutes les zones cachées auxquelles on ne pense pas spontanément.
Cet auto-examen ne remplace toutefois pas la visite annuelle chez son dermatologue.