Cette nouvelle recommandation, justifiée par la persistance du virus AH1N1, s’adresse aussi aux personnes obèses.

Alors que l’épidémie de grippe vient de commencer en France, les recommandations de vaccination ont été officiellement étendues aux femmes enceintes et aux personnes obèses -avec un indice de masse corporelle supérieur ou égal à 30.

«Pour se faire vacciner, ces personnes sont invitées à se rendre chez leur médecin traitant, précise le communiqué de la Direction générale de la santé, qui a pris cette décision sur la base d’un avis d’experts du Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Il leur remettra à cette occasion un imprimé complété à leur nom avec lequel elles pourront retirer gratuitement le vaccin en pharmacie d’officine. Dans l’hypothèse où le médecin ne disposerait pas d’imprimé vierge, elles pourront se le procurer auprès de leur caisse primaire d’assurance-maladie.»

Habituellement, la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière cible en priorité les personnes de plus de 65 ans et les malades chroniques, catégories considérées comme les plus vulnérables vis-à-vis de ces virus. Cette année, l’Assurance-maladie a aussi inclus les professionnels de santé.

Au total, 12,5 millions de Français ont donc été ainsi invités à se faire vacciner gratuitement, mais, depuis le début de la campagne, fin septembre, à peine la moitié d’entre eux (5,7 millions) ont effectivement bénéficié de l’injection.

À tous les stades de la grossesse
Pourquoi, alors que la question fait débat depuis longtemps et que la saison grippale a déjà commencé, proposer brutalement cette vaccination aux femmes enceintes? Parce que «le virus grippal A (H1N1) 2009 a gardé des caractéristiques du virus pandémique par sa propension à affecter gravement les femmes enceintes et les personnes obèses », estime le Haut conseil de santé publique dans son avis du 29 décembre 2010. De fait, cette cuvée de ­grippe qui suit la vague pandémique présente plusieurs particularités, comme nous le signalait il y a quelques jours le Dr Jean-Marie Cohen, coordinateur des grog. ­Habituellement, un virus grippal prédomine. Cette année, trois cocirculent, dont le AH1N1 qui a gardé sa dangerosité pour certaines catégories, dont les femmes ­enceintes.

En 2009, celles-ci avaient été invitées à se faire vacciner contre le virus pandémique à partir du deuxième trimestre. La nouvelle recommandation les concerne quel que soit le stade de la grossesse. «Le risque de complications de la grippe est plus important aux deuxième et troisième trimestres, mais l’expérience de l’hiver dernier (500.000 femmes enceintes vaccinées contre le virus AH1N1 en Europe) montre que le vaccin grippal ne pose pas de problème particulier, y compris au premier trimestre», précise le Pr Daniel Floret, président du comité technique des vaccinations.

Qu’en est-il des enfants, également cibles prioritaires du vaccin pandémique l’hiver dernier? Selon des données non encore publiées, «un pourcentage élevé » d’entre eux semble protégé contre le virus AH1N1, écrit le HCSP, en précisant qu’il n’en est pas de même chez l’adulte. «L’éventualité d’une vague épidémique significative ne peut être écartée», souligne cette instance.