Traitement des fibromes, don d’ovocytes, descente d’organes chez les femmes jeunes… Ces sujets qui préoccupent la vie des femmes ont fait l’objet de mises au point lors des 35es journées du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF).

1. DONS D’OVOCYTES : DE PLUS EN PLUS DE TRANSFERTS D’EMBRYONS

Plus de 500 couples ont bénéficié d’un don d’ovocytes , en 2009. De nombreuses personnes pensent encore que le don d’ovocytes est illégal en France. « Or, ces dons sont tout à fait autorisés : 570 couples en ont bénéficié en 2009, ce qui a permis 1 000 transferts d’embryons, dont 20 % ont abouti à une naissance », a souligné le Dr Joëlle Belaisch-Allart (Saint-Cloud). Beaucoup moins qu’en Espagne, où 5 000 transferts par don d’ovocytes ont eu lieu durant la même période (sans doute parce que les donneuses sont rétribuées). Et encore insuffisant pour répondre aux demandes des 2 000 à 6 000 couples en attente.

Les dons proviennent le plus souvent de femmes sensibilisées par l’histoire d’un couple de leur entourage. Ils sont rarement spontanés. Parmi les freins : la nécessité pour la donneuse de subir une stimulation ovarienne et la crainte que ces ovocytes aillent à des femmes « âgées » qui n’ont pas pris le temps de faire des enfants… « Mais ils vont à des femmes jeunes qui ne peuvent pas avoir d’enfant autrement », assure le Dr Belaisch-Allart.

2. DESCENTE D’ORGANES : À 30 ANS, ÇA S’OPÈRE

Sur les 40 000 descentes d’organes (appelées aussi prolapsus) opérées en France chaque année, 6,5 % concernent des moins de 30 ans. Des femmes jeunes donc, gênées par la descente d’un organe (utérus, vessie) qui leur donne une sensation de « boule » vaginale.

À cet âge, les prolapsus sont souvent dus à une hyperlaxité (relâchement) ligamentaire d’origine familiale ou à l’accouchement d’un gros bébé. Le geste chirurgical peut s’effectuer par voie vaginale (on suspend l’utérus) ou par voie haute (on pose un filet de contention, par cœlioscopie).

« L’amélioration est nette chez neuf femmes sur dix. Mais le risque de récidive étant important à cet âge, il n’est pas rare de devoir les réopérer plus tard », a précisé le Dr Michel Cosson (CHRU de Lille). Pas de précipitation donc. Il faut d’abord essayer les petits moyens, comme la rééducation ou le port d’un mini-anneau de contention que l’on glisse à travers le vagin (pessaire), ont souligné les spécialistes.

3. CONTRACEPTION : LA PREMIÈRE PILULE À L’ŒSTROGÈNE NATUREL

C’est avec intérêt que les gynécologues ont vu arriver Zoely®. Il s’agit en effet de la première pilule œstro-progestative monophasique (même dosage dans tous les comprimés) contenant un œstrogène naturel. Avantage de la répartition monophasique : c’est plus facile à gérer en cas d’oubli. Avantage de l’œstrogène naturel : il est métabolisé par le foie presque comme si c’était l’hormone sécrétée par l’ovaire. Sa formule (17 bêta-estradiol) est calquée sur l’œstrogène naturel, contrairement à la plupart des autres pilules qui sont à base d’éthinyl-
estradiol, une hormone « fabriquée ».

« Les études montrent que cet œstrogène naturel ne perturbe pas les protéines de la coagulation, ce qui rend confiant sur la tolérance et le risque de thrombose veineuse », explique le Dr Elia. Mais il faudra cinq ans pour le vérifier et cela ne veut pas dire que les femmes qui ont déjà des facteurs de risque de thrombose (tabac, troubles de la coagulation, net excès de poids…) peuvent la prendre. Non remboursée, Zoely® est toutefois une option intéressante en cas de première pilule. Surtout depuis que celles de troisième ou quatrième génération ne sont plus conseillées en première intention.