Les huiles essentielles font des merveilles sur les problèmes de peau.
Sont-elles vraiment efficaces? Comment on les choisit ? Toutes les réponses aux questions que l’on se pose.

Huiles essentielles : comment on les choisit ?
On les sélectionne en fonction de son type de peau : normale, sensible, grasse, mature… Au quotidien, elles s’utilisent rarement pures. Le plus souvent, elles doivent être diluées dans une huile végétale, choisie elle aussi pour ses propriétés.

Huiles essentielles et huiles végétales, c’est la même chose ?
Non, il faut distinguer les huiles essentielles des huiles végétales et des macérâts huileux.

Définitions :

Huile essentielle : C’est un liquide très concentré obtenu par distillation (purification) des composés d’une plante aromatique comme la lavande, le citron ou la camomille.

Huile végétale : Elle est extraite, par première pression à froid, d’un végétal oléagineux : graine de tournesol, noisette, amande, germe de blé, argan, calendula…

Macérât huileux : C’est une huile (souvent de tournesol) où l’on a mis une plante qu’on ne peut pas presser, afin qu’elle libère ses actifs. Filtré, il s’utilise comme une huile végétale.

On les mélange forcément avec une huile végétale ?
On peut aussi les incorporer à une crème de base neutre. « En revanche, il est déconseillé d’utiliser un gel (aqueux) ou une lotion, précise Tiphanie Carbonnier. Liposolubles, les huiles essentielles doivent être mélangées avec une phase grasse, huile, crème ou beurre (de karité, par exemple). Si l’on veut vraiment une lotion, on peut ajouter un solubilisant (comme le solubol) permettant d’intégrer les huiles essentielles dans l’eau. » Enfin, il ne faut pas les mélanger à son soin de jour ou de nuit, car il existe un risque d’interaction avec les composants du produit.

Huiles essentielles : elles sont très efficaces ?
« Elles sont si concentrées ­qu’elles ont une efficacité incroyable en très petite quantité », affirme Claire ­Matutano. C’est pourquoi il y a des concentrations à ne pas dépasser : de 1 à 2 % sur le visage, soit 30 à 70 gouttes d’huile essentielle pour 100 ml de crème ou d’huile végétale. Gare au surdosage, surtout si on fait le mélange juste avant application !

on peut les associer ?
Oui, et c’est même recommandé ! Pas de dangers que leurs bienfaits s’annulent, bien au contraire. Si on a une peau sensible et grasse, par exemple, il est tout à fait possible de mélanger camomille et citron, qui répondent à ses besoins. « Il faut savoir aussi qu’une même huile peut avoir plusieurs propriétés : la lavande est relaxante, mais aussi cicatrisante et décongestionnante », ajoute Claire Matutano.

Toutes les huiles végétales se valent ?
Là aussi, tout dépend des besoins de la peau. Comme les huiles essentielles, les huiles végétales ont des propriétés traitantes. On choisit un produit de qualité et bio. De préférence, de première pression à froid, comme l’huile d’olive, la même qu’on utilise pour assaisonner la salade.

Combien ça coûte ?
Certaines huiles essentielles sont plus chères que les autres, selon leur provenance, leur rareté et leur extraction plus ou moins délicate. Il faut ainsi 5 tonnes de pétales de rose pour obtenir 1 litre d’huile essentielle de rose. « Mais on en utilise très peu à la fois. Un petit flacon peut donc durer très longtemps », précise Claire Matutano. Et ce qui est bien, c’est qu’on décide soi-même du prix, en choisissant des ingrédients plus ou moins coûteux. Il y a en effet de grandes différences d’une huile essentielle ou végétale à une autre.

Huiles essentielles : on les utilise comment ?
Le matin et le soir, ou uniquement le soir si l’on trouve l’effet trop gras pour la journée. Le matin, on peut les diluer dans une crème neutre qui sert de base. Si la peau est grasse, on opte pour une crème neutre avec effet matifiant pour éviter les brillances. Sous forme d’huile ou de crème, le mélange s’applique exactement comme un soin traditionnel.

Quelles précautions ?
Il faut éviter d’en mettre près des yeux. « La peau est très fine à cet endroit. Elle est donc plus sensible aux huiles essentielles, qui risquent d’entraîner des irritations », avertit Tiphanie Carbonnier. Mieux vaut aussi étiqueter ses soins pour éviter tout risque d’erreur. Et y inscrire la date de préparation. Au-delà de deux mois, l’huile peut rancir, même dans un flacon bien fermé.

Huiles essentielles : elles conviennent à tout le monde ?
Non, car elles sont très actives. « Elles sont déconseillées aux jeunes enfants et aux bébés, ainsi qu’aux femmes enceintes ou qui allaitent. À éviter aussi en cas d’épilepsie ou de maladies graves. Certains aromathérapeutes peuvent les préconiser aux enfants, mais toujours sous contrôle médical », précise Tiphanie Carbonnier.

Y a-t-il un risque d’allergies ?
Oui, même s’il s’agit de produits naturels. Il est conseillé de faire d’abord un test de tolérance cutanée dans le pli du coude pendant 48 heures. Certaines, comme les huiles essentielles (HE) d’agrumes, sont photosensibilisantes (réactions cutanées dues aux UV). C’est pourquoi il vaut mieux les appliquer le soir, et jamais au soleil. Ou utiliser une HE dont on a éliminé les molécules photosensibilisantes (bergamote, par exemple).