hysterectomie
Même si elle est courante, l’hystérectomie est une chirurgie majeure qui suscite bien des craintes. Voici un dossier pour nous éclairer sur le sujet.

Encore surnommée «la grande opération», l’hystérectomie est une intervention chirurgicale qui consiste à enlever l’utérus. Chaque année, près de 10 000 Canadiennes subissent une telle ablation. Comme il s’agit d’une chirurgie définitive, il est important de bien s’informer avant de prendre une telle décision.

Pourquoi subir une Hystérectomie?
L’hystérectomie est pratiquée pour soulager les femmes de certains problèmes gynécologiques. Les principales causes qui peuvent nécessiter une hystérectomie sont: des fibromes utérins importants (qui créent une pression sur les voies urinaires ou digestives ou encore des saignements utérins excessifs), une endométriose grave (provoquant des règles très douloureuses), un prolapsus utérin (descente de l’utérus dans le vagin) et des cancers gynécologiques (endomètre, col de l’utérus, muscle utérin, ovaires, trompes de Fallope).
Cette opération étant une solution définitive, elle ne se pratique que chez les femmes qui ont renoncé à avoir des enfants ou pour qui il n’existe pas d’autres solutions (dans le cas d’un cancer des voies génitales, par exemple). Après l’ablation de l’utérus, la grossesse n’est en effet plus possible.

Diffrents types d’Hystérectomie
Il existe quatre types d’hystérectomie. Parfois, il arrive en effet que d’autres organes autour de l’utérus soient enlevés pour traiter correctement le problème gynécologique. Le choix du type d’hystérectomie dépend essentiellement de ce qu’il faut traiter.
1- Hystérectomie totale. C’est la plus fréquente. Elle consiste à enlever le corps de l’utérus ainsi que le col de l’utérus. Elle peut être envisagée pour la plupart des troubles gynécologiques.
2- Hystérectomie subtotale (ou partielle). Elle est rarement pratiquée. Elle consiste à enlever le corps de l’utérus, mais à laisser le col.
3- Hystérectomie totale avec salpingo-ovariectomie. Elle consiste à enlever le corps de l’utérus, le col de l’utérus, ainsi que les ovaires et les trompes de Fallope. Cette opération est surtout réalisée dans les cas de cancers gynécologiques, ou chez les femmes ménopausées.
4- Hystérectomie radicale (ou totale élargie). Il s’agit d’une procédure similaire à l’hystérectomie totale (avec salpingo-ovariectomie ou pas, selon la situation). Mais comme elle est effectuée dans les cas de cancer, les tissus proches de l’utérus sont également enlevés, comme la partie supérieure du vagin et les ganglions lymphatiques pelviens.

En quoi consiste l’intervention ?

 

L’hystérectomie peut se faire selon plusieurs voies chirurgicales:

  • Par voie vaginale. Cette intervention consiste à pratiquer une petite incision dans le fond du vagin. À l’aide de longs instruments, le médecin extrait l’utérus en passant par cette incision. Cette chirurgie est surtout pratiquée dans les cas de prolapsus utérin, de début de cancer du col ou lorsque l’utérus n’est pas trop volumineux. Elle présente l’avantage de ne nécessiter qu’une courte convalescence et de ne laisser aucune cicatrice visible.
  • Par voie vaginale assistée par laparoscopie. Cette chirurgie est pratiquée dans les cas où la voie vaginale est insuffisante ou risquée. En plus de l’incision vaginale, elle nécessite la pratique de petites incisions (de 5 à 12 mm) sur l’abdomen afin d’y introduire les instruments laparascopiques (incluant une minicaméra). Les organes disséqués sont ensuite retirés par voie vaginale.
  • Par voie abdominale. Cette méthode consiste à ouvrir l’abdomen sur 10 à 30 cm comme pour une césarienne. L’utérus est enlevé en passant par l’incision abdominale, qui peut être horizontale (à la hauteur du «bikini») ou verticale (au milieu de l’abdomen, entre le pubis et le nombril). Cette technique est indiquée dans les cas d’hystérectomie radicale, car elle facilite l’extraction de tous les organes ou de gros fibromes. Comme elle est plus invasive, elle nécessite toutefois une convalescence plus longue et laisse une cicatrice plus apparente.
  • Par robotique. Cette méthode récente permet au chirurgien de pratiquer des hystérectomies complexes et difficiles (surtout liées au cancer) à l’aide d’instruments très précis sous le contrôle d’une caméra à haute résolution et à trois dimensions, introduits dans l’abdomen par de petites incisions abdominales (de 5 à 12 mm). Les organes étant délivrés par le vagin, la récupération est très rapide, la convalescence, quasi sans douleur et les cicatrices sont petites.

Quels sont les risques de complications?
Comme dans tous les types d’interventions chirurgicales, l’hystérectomie peut entraîner des effets secondaires. On remarque notamment des nausées, des douleurs au niveau des cicatrices et des crampes abdominales. L’hystérectomie peut aussi occasionner des complications plus graves, comme des infections sévères, des hémorragies et des blessures aux organes adjacents (intestin, vessie, etc.). Cela dit, pour 96 % des patientes, il n’y aura pas de complications sérieuses – seulement 4 % d’entre elles souffriront de complications sévères nécessitant une réadmission à l’hôpital (pour une seconde chirurgie, par exemple). L’hystérectomie demeure néanmoins une véritable intervention chirurgicale: comme il n’y a pas de chirurgie sans risque, elle ne peut être faite sans indication réelle.

Faut-il prendre des hormones âpres
La question se pose lorsque les ovaires sont enlevés, comme dans le cas d’une hystérectomie totale avec salpingo-ovariectomie. En effet, lorsque les ovaires sont enlevés lors d’une hystérectomie, avant la ménopause, la quantité d’hormones féminines en circulation dans le sang chute brusquement. À la suite de cette chirurgie, les femmes qui n’étaient pas ménopausées le deviennent. C’est ce qu’on appelle une «ménopause chirurgicale». En 72 heures, ces femmes peuvent éprouver des symptômes de ménopause, comme des bouffées de chaleur.

Si, dans les années 80 et 90, on prescrivait systématiquement une hormonothérapie de remplacement à toutes les femmes qui subissaient une ovariectomie, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Désormais, on prescrit des hormones de remplacement seulement lorsque c’est médicalement indiqué (comme on prescrit des antidouleurs ou des antibiotiques). Par exemple, lorsque la femme éprouve des symptômes si incommodants qu’ils lui rendent la vie difficile. Comme chaque femme est unique, elle doit en discuter avec son médecin traitant afin qu’ils pèsent ensemble les avantages et les inconvénients en fonction de son âge, de ses symptômes, de son historique médical, de ses antécédents familiaux, etc.

Y-a-il d’autres répercussions physiques et psychologiques?
L’opération peut avoir des conséquences sur la vie sexuelle, mais de nombreuses femmes n’observent aucun changement. L’impact peut être positif ou négatif. Certaines femmes verront leur sexualité s’améliorer, car elles seront enfin soulagées des malaises qui rendaient leurs relations sexuelles douloureuses,
voire impossibles. D’autres éprouveront des troubles, comme des difficultés à atteindre l’orgasme, des difficultés à la pénétration, un manque de lubrification, une perte de libido (parce qu’elles ont peur de la douleur, par exemple), etc. Enfin, certaines femmes
se sentiront déprimées et vivront une période de deuil à la suite de l’opération, notamment parce qu’elles ont le sentiment d’avoir perdu leur féminité ou parce qu’elles ne peuvent plus avoir d’enfants.

Source: http://www.moietcie.ca/