Slow-Cosmetique

Face à un monde qui tourne de plus en plus vite avec des gens qui ont de moins en moins le temps, certains ont décidé de lever le pied. Après la slow food voici venu le temps de la slow cosmétique. Savoir décrypter l’étiquette des composants de notre produit beauté préféré, consommer plus intelligemment ou encore fabriquer ses propres soins cosmétiques… Zoom sur cette nouvelle façon de vivre, pas si nouvelle à en croire nos grands-mères.

La slow cosmétique, c’est quoi ?

C’est une nouvelle manière de consommer, en mieux. Au même titre que l’on fait de plus en plus attention à ce que l’on mange, il est devenu essentiel de veiller à la qualité de ce que l’on utilise dans notre salle de bain. Et c’est ce que Julien Kaibeck, cosméticien et aromatologue, cherche à mettre en avant depuis 2012. Pour cela, il pratique ce qu’il appelle une « révolution douce ». Si l’idée est de pouvoir créer ses propres produits en ayant parfaitement conscience de ce qu’il y a dedans, il est question également de féliciter les marques aux formules propres et simples. Ce sont au total près de cinquante-quatre marques en France qui portent la mention « slow cosmétique » dans le cadre de l’association du même nom, offrant ainsi un gage de « qualité et d’honnêteté » aux consommateurs pour reprendre les propos de Julien. Exit les soins à base de silicones ou autres perturbateurs endocriniens ! La slow cosmétique nous apprend aussi à bien lire une étiquette et repérer ces produits à bannir de notre rituel beauté.

La slow cosmétique, c’est « mettre en valeur les produits du terroir »

« J’étais fan de marques de cosmétiques de luxe mais je me suis vite rendu compte qu’elles noyaient des éléments essentiels dans un océan de pétrochimie et de plastiques inertes. Or, notre cerveau mérite de faire le vide autant que notre peau ! » nous affirme Julien Kaibeck, avant d’ajouter : « Mon but n’est absolument pas de fustiger les grandes marques. Je ne crois pas non plus à la théorie du complot. Je pense juste qu’elles sont restées sur de vieux acquis hérités des années 1950 et de l’essor de la pétrochimie. » Forts de cette prise de conscience collective, nous pouvons aujourd’hui prétendre à de meilleurs produits comme en attestent le changement de caps de certaines marques. La slow cosmétique commence par une consommation plus intelligente et notamment locale : « il s’agit de mettre en valeur les produits du terroir comme pour la nourriture».

Ça intéresse qui ?

A peu près tout le monde, pour peu que chacun s’intéresse au bien-être de sa peau mais pas seulement. D’après Julien, l’équation excès (de consommation) + crise a donné une féroce envie de se reprendre en main. Mais ce sont surtout les mamans qui se rendent compte de l’importance des compositions des produits de beauté car elles ne peuvent pas utiliser n’importe quoi durant la grossesse.

Perd-on en efficacité avec des produits faits maison ?

L’autre solution avec la slow cosmétique est de faire soi-même ses propres soins beauté. Une huile démaquillante, de l’ eau micellaire, du shampoing sec ou saponaire, du maquillage ou encore de la crème, du dentifrice ou un soin anti capiton … Il existe autant de recettes que de requêtes ! « Aucune raison de croire que les produits faits maison ne sont pas efficaces. Au contraire, les actifs sont plus concentrés. Le seul bémol réside dans une légère perte de confort et de matière. », affirme Julien. Et à la question de savoir s’il y a des coups de cœur, il nous répond sans hésiter : « les femmes qui ont adopté la slow cosmétique sont ravies notamment concernant le vieillissement de la peau. En respectant la routine en plusieurs étapes (nettoyer, exfolier, crémer) avec des produits adaptés comme l’argan, les consommatrices ont remarqué avoir une peau plus jeune et un teint plus lumineux. » En d’autres termes, il s’agit de retourner à certains fondamentaux prônés par nos grands-mères.

Et le coût dans tout ça ?

Rien ne sert de courir … La fabrication artisanale requiert un peu de temps, vous l’aurez compris. Mais c’est aussi un excellent moyen de donner un petit coup de pouce à notre satisfaction personnelle à base de « c’est moi qui l’ai fait » ! Il faut également accepter de dépenser un peu plus au départ pour se munir de tous les bons ingrédients. Hydrolats, huiles ou beurre végétal, huiles essentielles ou argiles … Autant de produits naturels qui répondront aux attentes de votre peau.

Source: http://www.elle.fr/