La violence conjugale est un processus évolutif au cours duquel un partenaire exerce, dans le cadre d’une relation privilégiée, une domination qui s’exprime par des agressions physiques, psychologiques, sexuelles, économiques ou spirituelles.

Différentes façades de la violences conjugales :

La violence conjugale se cache derrière différentes façades. De l’agression physique à l’agression psychologique et verbale en passant par les agressions sexuelles et le contrôle des finances personnelles.

Les formes de violences sont nombreuses:

  • Violence physique : la femme peut être atteinte dans son intégrité physique : gifles, coups de poings, coups de pieds, sévices, etc.…
  • Violence verbale qui consister à dénigrer, humilier, dégrader la femme dans sa valeur en tant qu’individu ou se manifester par des attaques verbales
  • violence sexuelle, il peut arriver que la femme subisse des relations sexuelles sans consentement et sous la contrainte.
  • La femme peut être, également, victime d’une violence de nature économique, entraînant une privation de moyens ou de biens essentiels ou un contrôle même lorsqu’elle a une activité rémunérée.

Facteurs prédisposant à la violence conjugale :

Plusieurs facteurs prédisposant sont relevés dans la littérature.

  • La répartition du pouvoir au sein du couple: comme il en est des régimes politiques, les structures familiales autoritaires favorisent la violence.
  • Les troubles de la communication: différentes études ont montrés que les modalités de communication sont perturbées au seins des couples violents.

Les hommes violents ont fréquemment une mauvaise interprétation des échanges verbaux, ils sont rigides et ont des attentes excessives.

  • La consommation d’alcool et de psychotropes:

Toute substance favorisant le passage à l’acte par une levée des inhibitions augmentant ainsi le risque de violence conjugale. De même, la fatigue, l’accumulation de facteurs de stress, les pathologies organiques atténuant les possibilités de contrôle des pulsions.

  • L’âge et le niveau socio-économique:

Les couples jeunes présentent un taux de violence plus haut, de même pour les couples d’un niveau socio-économique défavorisé ainsi que les conséquences des difficultés financières : logement exigu rendant l’isolement impossible, stress financier, précarité d’emploi…

  • Autres facteurs favorisants:

une faible estime de soi, un mauvais contrôle des pulsions, un seuil de frustration bas, une dépendance excessive à autrui et une exposition précoce à des comportements violents dans la famille sont autant de risques supplémentaires.

Le cercle vicieux de la violence conjugale :

La violence conjugale est un cercle vicieux qui débute par une phase de tension se manifestant par des excès colériques, des silences lourds et des regards menaçants.

En effet, beaucoup de femmes n’en parlent pas de la violence conjugale, du fait d’un sentiment de honte due à l’atteinte à la dignité et à la blessure narcissique majeure. D’autres veulent protéger leur partenaire ou se taisent par crainte des représailles ou parce qu’elles sont persuadées que la violence dans un couple est un phénomène normal.

Très souvent, les femmes battues s’estiment coupables et responsables de la violence de leur partenaire, car l’ayant soi-disant provoquée, elles interprètent son comportement violent comme une manifestation de sa détresse et refusent souvent de le quitter.

Cette tendance est renforcée par l’attitude du partenaire après l’agression: il apparaît calme et essaye de réconcilier sa femme, il fait tout pour se faire pardonner, demande de l’aide, parle de thérapie et de suicide. La victime passe d’une situation de soumission totale, lorsqu’elle est agressée, à une situation de pouvoir, étant la seule à pouvoir pardonner et tombe dans le piège du faux espoir : «  je vois ses efforts de changement, je lui donne une chance, je retrouve celui que j’aime… ».

Conséquences de la violence :

La violence conjugale a des effets dévastateurs sur la santé mentale et physique des femmes qui en sont victimes.

  • Sur le plan physique, elles ressentiront des douleurs variées, des allergies, de l’insomnie, des troubles digestifs, etc.
  • Sur le plan psychologique, différentes manifestations s’observent : Les réactions normales qui découlent d’une exposition à un évènement traumatisant sont :

-Le traumatisme psychique, c’est l’activation neurovégétative (manifestations du stress sur l’organisme : nervosité, angoisse, manque de concentration…). La victime vit une très grande souffrance psychique et physique, en proie, des pensées, des sensations et des images liées aux violences et des cauchemars fréquents.

-La mémoire traumatique (l’évènement est constamment présent à l’esprit): Il s’agit d’une hypersensibilité émotionnelle isolée par la déconnexion. C’est une véritable bombe prête à exploser face à toute situation rappelant les violences vécues, la victime déclenche le même vécu traumatisant : terreurs, détresse… La femme agressée se sente en état de danger permanent, d’hyper vigilance et d’anxiété.

-Les conduites dissociantes (fuite dans la drogue et l’alcool, isolement, évite d’en parler, couper de ses émotions…)

Il s’agit de redéclencher la disjonction du circuit émotionnel en augmentant le niveau de stress, ce qui entraîne une « anesthésie affectives et physique ». La dissociation est un état d’altération de la conscience qui calme l’angoisse, mais recharge et aggrave encore plus la mémoire traumatique et créer une dépendance aux drogues sécrétées par le cerveau.

-Autres troubles observés: Le sentiment de vide, de dépersonnalisation, de culpabilité, de honte et d’avoir une perte de confiance et de l’estime de soi.

La victime est dépressive et en retrait social, présente des troubles de la mémoire, de la concentration et d’attention ainsi que des troubles du sommeil.

Elle peut, également, être exposée à des conduites à risque agressives, auto-agressives ou des conduites addictives.

Tous ces symptômes et comportements sont la conséquence habituelle des violences.

Pourquoi beaucoup de femmes ne quittent pas leurs agresseurs ?

Il y a trois facteurs qui favorisent le cycle de la violence :

  • L’amour : nombreuses femmes éprouvent des difficultés à quitter son conjoint parce qu’elle l’aime toujours et croit encore à la relation.
  • L’espoir : elle espère que tout changera un jour.
  • La peur : la femme victime de violence peur que les menaces proférées par l’homme soient mises en exécution.

La prise en charge de la femme battue :

Les violences ont un impact catastrophique sur la santé. Une prise en charge médicale et psychologique permet de relier les symptômes observés aux violences, d’en comprendre les mécanismes et de les contrôler.

Des centres d’accueil sont mis à leur disposition ainsi que des groupes de parole et de réflexion autour du thème de la violence.

Le but de ces groupes est de faire prendre conscience aux victimes de l’aspect inacceptable de la violence et de les aider à dénoncer leur partenaire.