migraine

Il est essentiel de garder à l’esprit quelques points fondamentaux concernant la migraine, points illustrés tout au long de ce livre. D’abord, la migraine existe depuis des millénaires, et ce ne sont pas les traitements, simples ou extrêmes, qui manquent.

Chaque migraineux est différent, unique. La prise en charge des migraines doit tenir compte de cette diversité. Les phénomènes neurologiques menant à la migraine mettent en cause de très nombreux récepteurs, protéines et neurotransmetteurs selon un équilibre qui varie en fonction du code génétique et de l’état de santé de chacun. Un médicament A sera utile pour Mélanie et bien toléré par elle, mais il sera très mal toléré par Annabelle. Il n’y a donc pas de médicament miracle ou de «meilleur» médicament. Les déclencheurs de la migraine varient aussi selon les personnes. Une approche centrée sur le sommeil sera miraculeuse pour votre amie, mais dans votre cas, il faudra peut-être plutôt travailler sur la posture cervicale.
On vise à atteindre deux objectifs: avoir le moins de crises possible et faire en sorte qu’elles soient le plus courtes et le moins invalidantes possible. L’approche globale des migraines se fonde sur le modèle de gestion des maladies chroniques, qui comprend la gestion des habitudes de vie, le contrôle des crises et la diminution de la fréquence des crises.

1- Les habitudes de vie
Notre cerveau est en contact constant avec notre environnement, par nos cinq sens, mais aussi par les aliments que nous mangeons et l’air que nous respirons. La façon dont nous gérons notre corps et nos émotions est à la base du fonctionnement de notre cerveau. La migraine est une dysfonction du cerveau, probablement déclenchée par des débalancements des réseaux neuronaux. Il est logique que les habitudes de vie puissent influencer les crises migraineuses, c’est pourquoi on s’y intéresse à la première étape de la prise en charge migraineuse, qui est sans doute la plus importante. Placer le cerveau migraineux dans un environnement favorable à son fonctionnement permet dans bien des cas de diminuer la fréquence des crises. On peut inclure dans cet axe le sevrage en cas de céphalée médicamenteuse et la gestion des maladies coexistantes, comme l’anxiété ou l’apnée du sommeil.

2- Les traitements de crise
Les traitements de crise sont ceux qu’on prend au besoin pour faire cesser une crise le plus tôt possible. Pris trop souvent, ils peuvent entraîner des céphalées médicamenteuses. Plusieurs traitements existent et peuvent être suivis seuls ou en combinaison avec d’autres. S’il y a divers types de crises, plusieurs stratégies peuvent être employées jusqu’à ce que la majorité des crises soient contrôlées.

3- Les traitements de fond ou préventifs
Les traitements de fond aident à diminuer la fréquence des crises. Ils modifient le fonctionnement cérébral pour augmenter le seuil migraineux. Ils sont donc pris tous les jours, qu’on ait une crise ou pas.
Il est très important de faire la distinction entre traitement de crise et traitement de fond, mais ce n’est pas évident pour bien des patients qui amorcent leur parcours thérapeutique. Il n’est pas rare en clinique de voir une personne prendre un traitement de crise tous les jours ou, à l’inverse, un traitement de fond au besoin. Il est donc très important pour le migraineux de poser les questions qui lui viennent en tête pour s’assurer de bien comprendre le rôle de chaque médicament.

Source: http://www.moietcie.ca/