De nos jours, de nombreuses femmes prennent la pilule pendant 15 ou 20 ans en continu. Mais ce mode de contraception influence-t-il notre fertilité? Augmente-t-il notre risque de cancer? Le point sur la question.

Pilule et régularité du cycle

Lorsqu’une femme arrête la pilule par désir de grossesse, son cycle ne se régularise pas du jour au lendemain. Il faut un petit temps d’adaptation pour retrouver un cycle naturel. En effet, la pilule joue sur les ovaires un rôle inhibant: à l’arrêt, ceux-ci doivent donc progressivement retrouver leur rythme naturel.

Mais il faut savoir que chez 50% des femmes, l’ovulation va avoir lieu dans les 4 à 6 semaines suivant l’arrêt de la pilule, soit très rapidement… Dans les 7 à 12 mois qui suivent l’arrêt, la grande majorité des femmes auront retrouvé un cycle régulier, cycle qui peut varier d’une femme à l’autre et n’est donc pas nécessairement de 28 jours.

D’autres conserveront un cycle irrégulier, non à cause de la pilule mais parce leur cycle est naturellement irrégulier. Dans tous les cas, les essais « bébé » peuvent démarrer dès l’arrêt de la pilule. Nul besoin de « réhabituer » son corps en utilisant des préservatifs comme on l’entend encore parfois…

Pilule et fertilité

Une étude parue en 2009 dans la revue « Fertility and sterility » montre par ailleurs que 12 mois après l’arrêt de la contraception, le taux de conception des femmes qui prenaient la pilule est exactement le même que celui des femmes qui utilisaient un autre moyen contraceptif (méthode calendrier, stérilet, préservatif…).

Sur une période plus courte, leur taux de conception peut être un peu inférieur en raison du processus de régularisation du cycle évoqué ci-dessus. Par ailleurs, signalons que l’âge entre aussi en ligne de compte: les chances de grossesse sont plus élevées à 25 qu’à 35 ans.

Lorsqu’une grossesse se fait un peu attendre, ce n’est donc pas à cause des années de prise de pilule… mais à cause des années tout court. En outre, il faut savoir que le fait d’enchaîner les plaquettes de pilules sans interruption n’a aucune influence sur la fertilité.

Cette pratique est donc tout à fait permise, voire conseillée pour des raisons de sécurité contraceptive (moins d’oublis en cas de prise en continu).

Pilule et risque cardiovasculaire

A long terme, la pilule augmente le risque cardiovasculaire. Ce risque est particulièrement présent pour les fumeuses de plus de 35 ans, les plus de 40 ans, ou les patientes qui présentent d’autres facteurs de risque cardiovasculaire comme une hypertension artérielle ou un excès de cholestérol.

La pilule augmente également le risque de thrombose veineuse: elle est donc contre-indiquée en cas d’antécédents personnels de phlébite ou d’embolie pulmonaire.

Rappelons que ce sont les oestrogènes contenus dans les pilules oestro-progestatives qui accroissent ces risques. Les stérilets hormonaux (qui diffusent des progestatifs) ou la mini-pilule (qui contient uniquement des progestatifs) ne sont donc pas en cause.

Pilule et cancer

Par ailleurs, on sait depuis longtemps que la pilule accroît légèrement le risque de cancer du sein et le risque du cancer du col de l’utérus. En revanche, il diminue le risque de cancer de l’ovaire, du cancer de l’endomètre et du cancer du côlon.

Actuellement, l’ensemble des études parues permet de dire que, tous cancers confondus, les femmes qui prennent la pilule ne sont pas plus à risque que les autres. Le risque cancéreux global serait même diminué de 3 à 12%.

Il est néanmoins conseillé de vous faire suivre tous les ans par votre gynécologue ou votre médecin de famille tant que vous prenez la pilule et à partir de 4 ans après avoir arrêté.

Votre sur-risque de cancer de sein et du col de l’utérus serait alors pris en compte par un dépistage sur mesure.

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