On peut dire que le stress est probablement une des principales raisons pour lesquelles les cancers hormonodépendants sont dramatiquement à la hausse depuis les années 60 malgré les méthodes de dépistage dont nous disposons et l’arsenal des procédures médicales qui sont mises en branle pour les combattre.

En plus du fait que le stress augmente la quantité des radicaux libres et leur impact sur le corps, c’est également un grand perturbateur endocrinien à cause de l’augmentation du cortisol qu’il provoque.

Le cortisol est produit par les glandes surrénales et dans des circonstances normales, nous en produisons une quantité de base pour en obtenir les effets bénéfiques, car c’est une hormone nécessaire à la vie.

Toutefois un stress aigu produira une «poussée» de cortisol pour aider le système nerveux et musculaire à répondre à une urgence.

Malheureusement, le stress quotidien continu et souvent intense qui est typique de nos vies trépidantes et des situations difficiles qu’on peut avoir à vivre et dont on ne peut échapper, surtout à la maison ou au travail, peut éventuellement garder les niveaux de cortisol trop élevés et ainsi causer des dommages à toutes les structures du corps, dont la peau, les muscles, les os et le système immunitaire.

Le cortisol est une hormone catabolisant (le catabolisme est un processus de dégradation de la matière pour produire de l’énergie), L’excès de cortisol suractive ce processus et peut détruire les tissus du corps dont le système nerveux. — de là le terme «burnout». C’est pourquoi aussi un symptôme classique de l’excès de cortisol est la fatigue agitée.

Des niveaux élevés de cortisol sont associés à toute une panoplie de symptômes y compris le gain de poids, des problèmes de mémoire, la dépression et la perte de masse osseuse. L’élévation du cortisol a aussi un impact sur les niveaux de glucose sanguin et la susceptibilité aux infections.

Nous avons pourtant besoin de cortisol…

Comme pour toutes les hormones, il y a des limites à l’intérieur desquelles elles ont des effets bénéfiques. Si le niveau est trop faible ou trop élevé, cela occasionnera des problèmes.
Il en est ainsi de toutes les hormones, qu’il s’agisse de l’œstrogène, de la testostérone, de la DHEA, de la progestérone, de l’insuline ou des hormones de la thyroïde. Une santé optimale dépend de l’équilibre entre ces hormones. Si l’une d’elles est en excès toute l’homéostasie corporelle sera compromise.

Alors que des niveaux trop élevés de cortisol peuvent avoir des effets négatifs, de faibles niveaux de cortisol sont associés à la fatigue, les allergies, une température corporelle sous la normale, des douleurs musculaires et un manque de tolérance à l’exercice. Une tension artérielle basse, un pouls rapide et des palpitations au moindre stress sont d’autres indices d’un manque de cortisol et d’un épuisement des surrénales.

Parmi les rôles bénéfiques du cortisol, notons qu’il facilite la libération du glucose dans le courant sanguin et joue un rôle essentiel pour mobiliser les défenses corporelles contre l’infection et l’inflammation.

Les niveaux de cortisol doivent être plus élevés le matin pour aider le corps à combattre le stress du jeûne nocturne et l’énergisé pour les activités de la journée. Par contre, le soir le niveau de cortisol doit diminuer afin de permettre au corps de relaxer et à la mélatonine d’agir.

Bien qu’il ne soit pas impliqué directement dans le processus de la ménopause, le cortisol est considéré comme un perturbateur endocrinien à cause de ses nombreuses interactions avec les autres hormones stéroïdes.

L’interaction avec la progestérone

La progestérone a une interaction directe avec le cortisol au niveau des récepteurs. Ces deux hormones peuvent se faire concurrence pour les mêmes récepteurs, et le cortisol sort alors gagnant, ce qui réduit encore plus les effets bénéfiques de la progestérone sur tous les systèmes du corps.

Lorsqu’une femme très stressée produit beaucoup de cortisol, le cortisol peut éventuellement bloquer l’action de la progestérone. Ce phénomène s’appelle la «déficience fonctionnelle».
La progestérone est présente, mais incapable d’apporter son message aux tissus.

Un apport en progestérone aidera alors à surmonter cette situation et à éviter de se retrouver dans un état d’anxiété, d’angoisse ou de burnout dont il peut être très difficile de se sortir. C’est pourquoi les femmes qui subissent beaucoup de stress auront tout avantage à recourir à un supplément de progestérone.

L’interaction avec la DHEA et les androgènes

La DHEA est une hormone produite par les glandes surrénales et qui constitue la matière première à partir de la quelle le corps peut fabriquer les androgènes (androstenedione et testostérone) et les œstrogènes, en particulier après la ménopause lorsque la DHEA devient la clé du système de rechange sur lequel les femmes doivent se fier pour la production d’abord des androgènes qui les aident à maintenir leur masse musculaire et leur libido, lesquels se transforment ensuite en œstrogènes, hormones qui aident à maintenir l’apparence jeune de peau, la santé vasculaire et celle des tissus en général, en particulier ceux de la muqueuse vaginale.

L’épuisement des surrénales à cause d’un niveau chroniquement élevé de cortisol aura pour conséquence de faire baisser la production de DHEA. Quand on fait analyser les niveaux d’hormones, il est important d’inclure le cortisol et la DHEA (ou la forme sous laquelle cette hormone est entreposée dans le corps, le sulfate de DHEA ou DHEAS) pour obtenir un tableau complet.

Le bon ratio entre le cortisol, la DHEA et la testostérone est essentiel pour maintenir la masse musculaire. Les androgènes aident à bâtir la musculature, alors que le cortisol a l’effet contraire. Au fur et à mesure que nous vieillissons, nous avons tendance à avoir plus de cortisol que d’androgènes, ce qui entraîne une perte nette de masse musculaire et de tissu osseux.

Ce même déséquilibre peut être la conséquence du stress chronique, et peut contribuer au vieillissement prématuré.
Des niveaux élevés de cortisol peuvent avoir le même effet sur les androgènes qu’ils ont sur la progestérone.

La thyroïde et le cortisol

Le cortisol est également un intervenant clé dans le bon fonctionnement des hormones thyroïdiennes. Leur relation avec le cortisol en est une d’interdépendance: une certaine quantité d’hormones de la thyroïde est nécessaire pour le bon fonctionnement du cortisol, et une certaine quantité de cortisol est nécessaire au bon fonctionnement des hormones thyroïdiennes.

Par conséquent, il arrive que les symptômes de carence d’une de ces hormones puissent de fait signaler une carence de l’autre. De même, un excès d’hormones de la thyroïde peut empêcher le fonctionnement normal du cortisol et vice versa.

D’ailleurs, les symptômes du manque ou de l’excès de cortisol sont très similaires à ceux du manque ou de l’excès d’hormones thyroïdiennes.

Conclusion

Affirmer que le stress est l’ennemi du système hormonal n’est donc pas une exagération. Le contrôler par tous les moyens possibles est indispensable à la bonne santé physique et mentale.

Quelles que soient les situations dans lesquelles nous nous trouvions, ce qui fera la différence est notre attitude face aux inévitables défis que nous avons à relever au cours de notre vie.