Le stress peut jouer un rôle déterminant dans la prise de poids. Mais s’il n’est guère possible d’éliminer tous les soucis de l’existence, habitudes alimentaires et mode de vie peuvent être adaptés.

Quand on est en situation de détresse, en perte, en manque, il faut compenser ; on peut demander réparation, amour, compréhension.

On peut aussi se remplir de nourriture : le lien entre poids et stress est une évidence.

Une compensation alimentaire

Certaines obésités massives et brutales (plusieurs dizaines de kilos en quelques mois) surviennent après des traumatismes psychiques graves.

On évoque une perturbation hypothalamique modifiant la régulation du bilan énergétique, et des « centres de contrôle » de la satiété et de la faim.

Plus couramment, on observe que la perte de poids est facilitée en période de détente (vacances…).

A noter, les obèses présentent souvent des troubles psychiques à type d’anxiété majeure ou de dépression, à l’origine de phénomènes de compensation alimentaire. Mais la restriction qu’ils s’imposent est elle-même source de stress majeur, et de troubles de comportement alimentaire.

Des prises de poids inégales

Un niveau de stress élevé et prolongé entraîne des prises de poids sévères au bout de 6 à 15 ans, la prise de poids est d’autant plus importante que le poids initial était élevé.

Une étude de l’université de Californie confirme que le stress favorise bel et bien l’accumulation de graisses, en particulier au niveau de l’abdomen.

Ce phénomène injustement plus accentué chez les femmes minces que chez les rondes, s’applique aussi aux hommes. En fait, le système physiologique gérant le stress s’est développé il y a des millénaires de manière à pouvoir gérer de courtes périodes de stress, par exemple, juste avant la chasse à l’âge de pierre.

Dans la civilisation actuelle, lorsqu’une personne est stressée, le corps fabrique un surplus hormonal qui stimule une enzyme concentrant la graisse.

C’est ce qu’ont découvert les chercheurs suédois en observant 50 cinquantenaires en surpoids. Et cette enzyme est plus facilement absorbée par l’abdomen que par d’autres parties du corps.

Stress et prise de poids : des faits cliniques troublants

L’équipe du Dr Elissa Epel de l’université de San Francisco a pu apprécier l’influence du stress sur l’excès de graisses abdominales.

Comparant la résistance au stress de 59 femmes américaines, selon que ces dernières présentaient ou non un rapport taille sur hanche élevé, on a constaté que les femmes possédant quelques bourrelets à la taille sécrètent également davantage de cortisol que les autres femmes (une hormone fabriquée par la glande surrénale).

Or, le cortisol joue un rôle important dans l’adaptation physiologique de l’organisme au stress. La répartition des graisses n’est pas le seul paramètre qui entre en jeu : le poids intervient aussi.

Au laboratoire de psychologie, les femmes présentant un excès global de poids s’adaptaient, en définitive, mieux que les femmes minces mais ayant quelques capitons mal placés autour de la taille. Pour une fois, il y aurait un avantage à ne pas être trop mince !

Stress négatif et stress positif

Le stress n’est pas toujours négatif, il existe aussi un stress positif. Le bon stress ou stress positif : tout ce qu’on accepte de faire avec plaisir, en harmonie avec soi-même.

Un stress stimulant, source de réussite, de joie, etc. A classer dans cette catégorie le trac des artistes et des sportifs avant une représentation ou une épreuve.

Le mauvais stress ou stress négatif : il agit sournoisement, oblige à vivre « sur les nerfs », gaspillant l’énergie, qui ne trouve pas sa bonne issue.

Les mêmes réactions physiologiques peuvent être déclenchées par la joie et par la tristesse.

Quelques conseils si vous êtes stressé(e)

Prenez les choses en main.

Personne ne peut vivre votre vie à votre place.

Visez l’objectivité.

Parfois il est utile de se voir de l’extérieur, comme le ferait une autre personne.

Reconnaissez vos propres ressources.

Si vous évaluez vos forces et vos faiblesses, vous découvrirez plus facilement les ressources dont vous disposez pour surmonter les défis de la vie quotidienne.

Ne « ruminez » pas les problèmes en silence.

Beaucoup de gens autour de vous sont sûrement prêts à vous aider. Restez positif (ve), vous finirez par trouver un moyen de vous en sortir.

Soyez réaliste.

Si vous vous fixez des buts raisonnables et si vous n’essayez pas d’accomplir l’impossible, vous éviterez les déceptions. Vous ne pouvez pas tout maîtriser, sachez faire la part des choses.

Visez la flexibilité.

Les erreurs font partie de la vie ; il faut apprendre à les accepter comme telles. A chaque problème, sa solution : en vous attaquant à une situation avant de vous pencher sur une autre, vous aurez le temps de vous ressaisir et d’aborder les autres problèmes plus sereinement.

Enfin, l’équilibre de vie est déterminant : privilégiez l’équilibre alimentaire même (et surtout) en période de stress ainsi que la pratique d’une activité physique toute l’année, et suffisamment de sommeil pour mieux gérer les éventuels soucis.