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Stress et maladie de la peau : une relation en double sens

Le stress est omniprésent. A côté des stress dits psychologiques, c’est-à-dire ceux qui sont liés à des problèmes relationnels, personnels ou professionnels, aux conditions de vie ou aux évènements extérieurs, il existe également de nombreux stress physiologiques dus aux épisodes de la vie (puberté, grossesse…), et pathologiques liés aux maladies.

C’est ainsi que certaines maladies, et particulièrement les affections de la peau, peuvent générer un stress important et être responsables d’une diminution de la qualité de vie.

Plus l’affection s’affiche, plus les répercussions sont élevées : acné, psoriasis, dermatite atopique, prurit, pelade, vitiligo, etc.

Mais inversement, de nombreuses maladies sont susceptibles d’être aggravées ou générées par le stress. Dans le premier cas, il s’agit par exemple d’un patient touché par un psoriasis peu apparent, qui développe un psoriasis sévère après avoir visionné une émission portant sur cette maladie et montrant des images assez impressionnantes.

Au final, le stress déclenche une poussée d’une maladie préexistante. Dans le second cas, certaines maladies cutanées se manifestent à la suite directe d’un stress psychologique ou pathologique. Par exemple, les lignes de Beau (la pousse des ongles étant altérée, des stries transversales apparaissent sur les ongles) peuvent se développer à la suite d’une grossesse ou d’une intervention chirurgicale. Et dans ce cas précis, l’ongle poussant d’un millimètre par mois, il est même possible de dater l’évènement déclenchant !

Pourquoi et comment expliquer cette relation entre dermatoses et stress ?

La peau étant un organe relationnel contribuant à notre esthétisme, toute atteinte de celle-ci est mal vécue. Ensuite, elle se situe en première ligne, faisant la barrière entre l’intérieur de notre organisme et l’environnement. Côté mécanisme, l’action psychologique directe peut exister. C’est le cas d’une personne qui se gratte à l’excès parce qu’elle est stressée.

Pour les dermatoses inflammatoires, le mécanisme est différent. Les études portant sur ce sujet montrent qu’un stress aigu (ponctuel) supprime l’action de certaines cellules immunitaires, alors qu’un stress chronique induit inversement une activation de ces mêmes cellules. Comme l’a souligné le Pr Gérard Lorette (Service de dermatologie, CHU Tours) lors d’une conférence de presse organisée par la Société française de dermatologie, si les mécanismes des réponses immunitaires restent hypothétiques, ce qu’il faut retenir c’est que « le stress modifie notablement le système immunitaire cutané ».

En conclusion, si nous ne pouvons pas grand-chose contre une maladie qui nous fragilise, nous pouvons en revanche limiter son éventuelle expansion en gérant notre stress. De la même façon, un stress bien géré est un atout préventif contre certaines pathologies.