Un chercheur suédois espère pouvoir améliorer la façon dont on peut enseigner l’écholocalisation à des personnes voyantes qui ont perdu la vue.

Sans égaler les chauves-souris, l’homme a une certaine aptitude à utiliser ses capacités d’écholocalisation. Mais cette compétence est cachée et nécessite pour se révéler un bon entraînement. Ceux à qui cette compétence serait le plus utile sont les personnes victimes de cécité, totale ou partielle. C’est pourquoi le chercheur suédois Bo Schenkman, de l’Institut royal de technologie à Stockholm, s’est essayé à caractériser la façon dont, chez l’homme, peut fonctionner cette possibilité. Son étude a été présentée à Acoustics ’17, congrès commun des sociétés d’acoustique américaine et européenne, qui se tient jusqu’au 29 juin à Boston.
Bo Schenkman espère ainsi pouvoir améliorer la façon dont on peut enseigner cette technique à des personnes voyantes qui ont perdu la vue. Car les non-voyants de naissance ont développé largement leurs compétences pour interpréter les données auditives émises, par exemple, par leur canne blanche frappant une certaine surface.

«Couleur» du son

Le chercheur a ainsi pris en compte dans son étude la hauteur, la force (le volume) du son et son timbre. Ce dernier, appelé «couleur» du son, permet de distinguer une même note jouée avec le même volume entre, par exemple, une clarinette et une flûte à bec. Il avait déjà mené des expériences avec des personnes voyantes ou aveugles sur leurs capacités à voir et/ou entendre les échos des sons. En réexaminant ses enregistrements, il s’est aperçu que l’utilisation de l’écholocalisation était non seulement liée à la hauteur et à la force du son, mais aussi au timbre.

Sans grande surprise, les non-voyants sont en moyenne meilleurs que les voyants pour discriminer deux sons survenant à très peu de temps d’intervalle. Ils sont également plus habiles à éviter de se faire berner: quand on entend deux sons très rapprochés dans le temps, provenant d’endroits différents, on a tendance à n’en «voir» qu’un seul, localisé comme venant de l’endroit issu du son arrivé le premier. «Le fait que l’homme puisse écholocaliser est un sous-produit de notre système auditif, reconnaît le chercheur. Nous ne serons jamais des chauves-souris. Mais connaître les mécanismes à l’œuvre, et leurs différences, peut être source de nombre d’enseignements.»

Source: http://sante.lefigaro.fr