Des scientifiques de l’Institut Weizmann ont démontré que des composants chimiques présents dans les larmes féminines réduisaient l’excitation sexuelle.

Les larmes des femmes pourraient envoyer des signaux chimiques aux hommes décourageant leur excitation sexuelle, affirme une étude réalisée par des chercheurs israéliens. Selon ce document publié jeudi par le journal américain en ligne Science Express, des scientifiques de l’Institut Weizmann ont démontré que des composants chimiques présents dans les larmes féminines réduisaient l’excitation sexuelle chez les hommes lorsqu’ils sentaient ces larmes.

L’étude menée notamment par Shani Gelstein et Yaara Yeshurun au laboratoire de neurobiologie du professeur Noam Sobel de l’Institut Weizmann à Rehovot en Israël a d’abord fait pleurer des femmes devant des films tristes.

Baisse de la testostérone
Dans un second temps, il a été demandé à 24 hommes de 23 à 32 ans divisés en deux groupes de renifler à l’aveugle soit ces larmes soit une solution saline, tout en évaluant des visages de femmes sur un ordinateur.

Les groupes ont ensuite été inversés. Il en est ressorti qu’en sentant les larmes féminines les hommes ne montraient pas davantage d’empathie face aux visages de femmes qu’on leur montrait. En revanche, ils y voyaient moins de sex-appeal.

Guidé par la chimie
Des films suscitant l’émotion ont aussi été montrés aux hommes, qui devaient qualifier l’état de leur humeur, tandis que leurs réactions physiologiques étaient enregistrées (température, battements de coeur). Une fois encore, la réaction des hommes ayant senti des larmes de femmes n’était pas plus émotionnelle, face aux films, que la réaction des hommes ayant senti une solution saline.
En revanche, les signes d’excitation sexuelle étaient au minimum.
Des tests ont montré « une sérieuse baisse dans le niveau de testostérone », une hormone liée au désir sexuel, conclut l’étude. Au cours d’une dernière expérience, la réaction cérébrale des hommes testés a été scannée par un examen IRM pour montrer que les régions associées à l’excitation sexuelle montraient une nette réduction d’activité chez ceux qui avaient été en contact avec les larmes des femmes.

« Cette étude soulève de nombreuses questions intéressantes. Quels sont les composants chimiques impliqués ? Les larmes des femmes sont-elles différentes de celles des hommes ? Des enfants ? » a commenté le professeur Noam Sobel. « Ce travail renforce l’idée que les signaux chimiques humains peuvent modifier le comportement des autres », ajoute-t-il.