Réfléchir et sourire au bureau vous demandent vraiment un effort ? Votre cerveau arrive peut-être en bout de course. Faites le test (et demandez des vacances).

Au bureau, depuis plusieurs semaines, vous tirez sur la corde. En plus de n’avoir que très moyennement envie d’y être, votre durée de concentration dépasse rarement le quart d’heure, votre mémoire vous fait défaut, et vous avez sérieusement revu à la baisse votre seuil de tolérance. La faute à qui ? Pas seulement aux 28 jours qu’il vous reste à attendre avant de pouvoir crapahuter en robe de plage et manger du melon aux Baléares. La faute à la fatigue intellectuelle dont vous êtes certainement victime. Tour d’horizon des signes révélateurs et conseils de pro pour y remédier.

Vous avez du mal à vous concentrer

Alors qu’il y a six mois, cette tâche aurait demandé une heure et demie de votre temps, vous y passez désormais une matinée. Une demi-journée ponctuée d’allers-retours sur votre boîte mail perso, votre téléphone ou votre fil d’actualité Facebook. À chaque quart d’heure de concentration tenu, une vidéo de panda roux ou une nouvelle bande-annonce vous perturbent. «Ainsi, nous sommes moins dans la performance, alors que c’est justement ce que l’on nous demande de plus en plus en entreprise. On se sent coupable, ça nous fait stresser, on dort moins bien… C’est un véritable cercle vicieux», indique Hélène Picot, coach en reconversion professionnelle et fondatrice de la méthode Rêvez, Osez, Foncez : 3 mois pour trouver sa voie !.

Vous avez des trous de mémoire

Vos phrases sont souvent trop longues, vous avez des trous de mémoire, cherchez vos mots et butez sur ceux particulièrement riches en consonnes (sans pour autant être ivre). C’est ainsi que le récit de votre week-end perd tout intérêt quand vous décrivez «le tataki de saumon à tomber par terre» d’un «petit restau pas cher», mais dont vous êtes incapable de retrouver le nom.

Vous devenez susceptible et irritable

Pour peu que votre journée ait eu le malheur de commencer moyennement, vous êtes capable de pleurer devant la machine à café qui annonce qu’il n’y a plus de gobelets. Vous prenez la moindre réflexion beaucoup plus mal que d’habitude, vous avez tendance à dramatiser et à ruminer. «La fatigue intellectuelle entraîne un changement de perception, une modification de vos connexions neuronales. Ainsi, si vous êtes sur un dossier, que votre boss vous ajoute une tâche supplémentaire, vous ne verrez que la tâche immense qui s’annonce et vous ne penserez pas à prioriser», illustre Hélène Picot.

Quelles solutions ?

Travaillez la respiration, 5 minutes, 3 fois par jour
Hélène Picot
Assumer. Inutile de faire l’autruche en petit-déjeunant chaque matin un shot de vitamine C et en prenant votre mal en patience. Inutile également de se flageller. «Prenez conscience de votre fatigue et posez quelques jours de vacances pour vous remettre d’aplomb. Si ce n’est pas possible, n’hésitez pas à demander de l’aide et à déléguer», conseille la coach Hélène Picot.
Ainsi, quand on vous demande une tâche supplémentaire à traiter, plutôt que d’anticiper la masse de travail à réaliser dans son ensemble, mettez-vous au calme. Respirez pendant cinq minutes, et prioriser, en vous demandant ce qui est primordial et ce que vous pouvez déléguer.

Comme la fatigue intellectuelle résulte du stress, il convient de le travailler, afin d’éviter le burn-out. Et tous les moyens sont bons pour y arriver : «On peut faire de la méditation, de la cohérence cardiaque, ou simplement travailler sa respiration tout au long de la journée pour supporter la tension. C’est très simple, cela prend 5 minutes, trois fois par jour. On peut effectuer les exercices devant son ordinateur ou dans les toilettes», conseille la spécialiste.

Marche et sommeil
Continuez ou mettez-vous au sport. Sans aller jusqu’à vous inscrire dans une salle de crossfit, faites au moins bouger votre corps. Marchez, faites du yoga, du vélo… En plus d’entraîner une fatigue dite «saine», le sport vous permettra de vous défouler et de mieux supporter la pression. Pensez également à tenter de faire de bonnes nuits. Pendant la pause déjeuner, «essayez de couper au maximum avec le bureau, et marchez une dizaine de minutes. Vous prendrez, par la même occasion, votre dose de vitamine D (présente dans le corps elle ne s’active que sous l’effet du soleil, elle garantit la santé de nos os, de notre squelette et nous maintient en forme, NDLR)», indique la coach.

Le soir, optez pour la mini-digital détox. Interdisez-vous de consulter un écran à partir d’une certaine heure. Hélène Picot est catégorique : «Nous sommes trop sollicités, en permanence. Pendant le week-end, mettez votre portable en mode « silencieux ».»

En revanche, ne plus vous sentir en phase avec votre travail, ne plus y trouvez de sens et vous sentir régulièrement déprimée en parallèle peut sonner comme une alerte, pour changer de service, ou de métier.

Source: http://madame.lefigaro.fr