Récemment, alors que je revassais en écoutant une jeune femme pleine de vie et d’energie, appuyé sur une énorme table de bois, dans la pénombre d’un de ces pubs ou la vie semble si simple, une phrase m’a subitement fait bondir : « peut-être que les simplets sont plus heureux que nous ». Et si cet adage si répandu était une réalité ? Si notre développement personnel passait par l’idée d’oublier tout ce que nous avons appris ?

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Après tout, je connais (et je suis sur que vous en connaissez aussi) suffisamment de gens intelligents, brillants parfois, et qui n’ont aucune idée de ce que peut être le bonheur. Ils sont suffisamment intelligents pour ne pas aborder le sujet, mais bouillonnent de l’intérieur à essayer de comprendre pourquoi d’autres ont l’air de sourire si naturellement alors que leur vie n’est qu’un amas de questions et de refléxions duquel rien ne semble émerger. Pauvre de nous, partant du principe que nous étions suffisament équipés pour réfléchir, on nous aurait oté toute capacité à être heureux en échange d’une éducation ? Je pense qu’avec un peu d’argumentation et de temps, j’arriverais à convaincre la plupart d’entre vous de la réalité de cette citation. Mais je m’y refuse. Penser que l’intelligence rende malheureux est une idiotie sans commune mesure.

Non, certains des êtres les plus incroyablement dotés (mentalement parlant) auraient tout autant de chances d’être aussi heureux que vous ou moi si leurs réflexions sans fin ne les amenaient pas à oublier quelques principes simples. Car le sujet est la, plus vous réflechissez, plus vous oubliez l’essentiel. Le monde prend des allures incroyablement complexes et les principes qui régissaient votre tendre enfance se retrouvent enfouis sous des piles d’idées et d’exceptions compliqués. Je me permets donc d’offrir une petite piqûre de rappel à tous ceux qui pensent qu’ils ne pourront être heureux à cause de leur intelligence.

L’intelligence ne sert à rien si elle n’est pas couplée à l’action

Vous pouvez avoir un QI de 170 ou 10 ans d’études de médecine au compteur, vous ne ferez rien de plus de votre vie qu’un individu lambda si vous n’embrassez pas le principe de l’action. Votre cerveau n’est utile que si il est mis à contribution de quelque chose de concret. C’est un base du développement personnel, mais surtout une base de la vie.

Jauger intelligemment les risques et prédire les éventualités, c’est bien. Prendre des décisions, c’est mieux.

Nous vivons dans un monde de choix et d’opportunités. Cela en devient tellement étouffant que nous n’arrivons plus à choisir quoi que ce soit. Qui ne s’est jamais retrouvé à imaginer toute sorte d’éventualité pour sa semaine au moment de faire un choix au rayon yaourts d’un supermarché ? Hey, ce ne sont que des yaourts ! Sous couvert de caricature, je cherche juste à vous rappeler que dans de nombreuses situations, la réfléxion ne vous apporte que peu de sécurité sur votre choix. Elle n’a qu’un seul intérêt, retarder une échéance (qui s’avère pourtant bien souvent porteuse de positif et de bonheur) en mettant votre vie en pause. Restez simple. Vous avez une intuition ? Suivez-la.

« Je ne suis pas assez préparé » n’est pas un argument, même si votre intelligence vous laissez penser le contraire

Je crois que j’ai moi-même abusé du « je ne suis pas prêt ». Je ne suis pas prêt pour rencontrer de nouvelles personnes. Je ne suis pas prêt à changer de travail, je ne suis pas prêt à déménager, je ne suis pas prêt à partir voyager seul, je ne suis pas prêt à accepter cette offre d’emploi géniale. Remettons les choses en place, vous ne serez jamais prêt. Les meilleures opportunités de votre vie vous tomberont toujours dessus alors que vous ne vous y attendez pas. Il faut vous y faire, il y a une part d’inconnu et de risque dans tout ce qui est bon. C’est en acceptant de sortir de votre zone de confort que vous devenez quelqu’un.

Il y en a qui réussissent grâce à leur intelligence, d’autres qui réussissent intelligemment.

J’ai connu un jeune créateur d’entreprise brillant. 4 ans après le lancement d’un concept dont il était le maître pensant, il était à la tête d’une structure d’une cinquantaine d’employés et prêt à toucher le gros lot en revendant sa création. Quelques jours avant de partir en vacances profiter d’une infime parti de son nouveau compte en banque, il m’avouait être en dépression depuis plus de deux ans et avoir revendu son affaire non pas pour l’argent, mais pour la liberté. Réussir professionnellement est l’idéal de vie qu’on nous inculque depuis le collège. Forcément, ça laisse des traces. Mais vous êtes grand maintenant, combien vous faudra-il d’exemples pour vous rendre compte que la réussite professionnelle n’est pas le seul levier du bonheur ?

Etre intelligent, c’est aussi savoir mettre son cerveau de coté.

Il n’est rien de plus détéstable que ces gens qui connaissent deux ou trois choses de la vie et qui par conséquent refusent de se mélanger aux pauvres rustres qui ne connaissent pas Kafka et n’ont jamais entendu parler d’expressionnisme abstrait. Les bonheurs les plus simples sont souvent les meilleurs, et s’en couper sous prétexte d’intelligence est un acte suicidaire dénué de toute logique. Je ne vous demande de vous ouvrir aux extrêmes, mais d’accepter la différence et la simplicité. Vos relations et votre experience de la vie n’en seront que plus riches.

Derrière ces quelques exemples, je cherche à vous faire réaliser la raison pour laquelle la réfléxion de notre jeune femme pleine de vie du début m’a fait bondir. Un simplet n’a aucune raison d’être plus heureux que vous : l’intelligence ne contribue à votre malheur que lorsqu’elle devient un prétexte à la complexification et à l’inaction. Bien au contraire, votre intelligence vous ouvre de nombreuses portes, dont celle du développement personnel.

En d’autres mots, si le simplet est plus heureux que vous, c’est parce qu’il ne perd pas son temps à essayer de prouver qu’il est plus intelligent que vous.

Source: http://www.mesacosan.com/