La maladie coronarienne (ou cardiopathie) est la première cause de décès par maladie au Canada.

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Ce qu’est la maladie coronarienne

Cette maladie se définit essentiellement par une accumulation de plaque riche en cholestérol (un dépôt graisseux) dans les artères coronariennes, vaisseaux sanguins qui amènent au cœur le sang enrichi en oxygène. La plaque resserre les parois des vaisseaux, les rendant moins souples. On parle alors d’athérosclérose, ou durcissement des artères. Le cœur ne recevant pas assez d’oxygène, l’angine de poitrine (douleur à la poitrine) en résulte. Si un caillot se forme ou se loge dans l’artère rétrécie, il peut bloquer complètement l’apport de sang au cœur et provoquer une crise cardiaque. La maladie coronarienne est souvent «silencieuse», ne présentant aucun symptôme avant la crise cardiaque.

Personnes à risque de maladie coronarienne

La maladie coronarienne peut être génétique ou résulter d’un mode de vie inadéquat. Pour calculer votre risque, comptez un point pour chacun des facteurs suivants :

Facteurs sur lesquels vous n’avez aucun contrôle:

Âge : 55 ans ou plus pour les femmes
Sexe : les hommes sont plus vulnérables que les femmes
Ménopause: le risque augmente considérablement chez les femmes ménopausées
Antécédents familiaux de maladie coronarienne
Antécédents personnels de crise cardiaque
Ethnie: les Africains, les Latino-américains et les Asiatiques sont plus susceptibles d’en souffrir

Facteurs que vous pouvez contrôler

Usage du tabac ou exposition régulière à la fumée secondaire
Taux de lipoprotéines à faible densité, ou LDL (le «mauvais cholestérol»), se situant au-dessus de 4,2 mmol/l
Taux de lipoprotéines à haute densité, ou HDL, se situant en dessous de 0,9 mmol/l.
Hypertension artérielle (au-dessus de 140/90 mmHg)
Taux de triglycérides élevé (au-dessus de 5,2 mmol/l)
Diabète
Stress chronique ou dépression
Sédentarisme
Obésité
Consommation élevée de gras saturés
Faible consommation d’aliments réputés bons pour le cœur

Enlevez un point si votre taux de cholestérol HDL est élevé (au-dessus de 0,9 mmol/l). Puis, faites l’addition de vos points. Si votre résultat est de 0 à 2, vous pouvez vous considérer comme ayant un risque modéré de maladie coronarienne. S’il est de 3 ou plus, vous êtes à risque élevé. Consultez votre médecin sans tarder afin qu’il évalue votre état. Et commencez dès maintenant à apporter les changements qui s’imposent à votre mode de vie.

Traitement de la maladie coronarienne

Il est généralement possible de freiner l’évolution de la maladie coronarienne, particulièrement si elle est au stade précoce, en apportant des changements à son mode de vie et en prenant des médicaments. Dans certains cas, l’intervention chirurgicale s’imposera.

Pour porter un diagnostic de maladie coronarienne, le médecin considère vos symptômes, vos antécédents médicaux et vos facteurs de risque. Il pourrait aussi vous faire passer divers examens :

L’électrocardiographie (ECG) explore votre fonction cardiaque en captant les signaux électriques émis par votre cœur et en repérant les anomalies, par exemple celles de votre fréquence ou de votre rythme cardiaque. L’ECG indique également si votre cœur reçoit suffisamment de sang et d’oxygène, et révélera l’absence ou une diminution du tissu du muscle cardiaque, signe que vous avez peut-être déjà fait une crise cardiaque.
L’épreuve d’effort permet d’évaluer votre fonction cardiaque lorsque vous faites de l’exercice (marche sur un tapis roulant) afin de déceler tout changement anormal apparaissant lorsque votre cœur est sollicité par l’effort.
On pourrait avoir recours à l’angiographie si votre médecin pense que vos artères sont rétrécies ou bouchées. Pour l’effectuer, on injecte dans le sang un colorant qui est visible aux rayons-X, habituellement au moyen d’un fin tuyau que l’on fait passer par une artère du bras ou de l’aine. Lorsque le colorant pénètre dans les artères coronaires et se mêle au sang, on prend des radiographies. Si le sang coloré circule lentement ou si la circulation est interrompue dans une partie d’une artère, le médecin peut alors en conclure que l’artère est rétrécie ou obstruée.

Médicaments contre la maladie coronarienne

On pourrait vous prescrire des statines, médicaments d’ordonnance, afin de faire baisser votre taux de cholestérol. Ils peuvent l’abaisser de 60 points, diminuant du tiers votre risque de faire une crise cardiaque. Ils agissent en bloquant une enzyme dont l’organisme a besoin pour élaborer le cholestérol. La simvastatine (Zocor), la pravastatine (Pravachol), l’atorvastatine (Lipitor), la fluvastatine (Lescol) et la lovastatine (Mevacor) sont les statines les plus souvent prescrites.

Pour traiter la douleur de l’angine de poitrine, on a recours à trois différentes catégories de médicaments d’ordonnance, que l’on emploie seuls ou en association. Les bêta-bloqueurs, tels que l’aténolol (Tenormin) et le métoprolol (Lopresor), ont pour effet d’abaisser la fréquence cardiaque et la pression artérielle, soulageant ainsi la charge du cœur. Les nitrates (nitroglycérine) dilatent les vaisseaux sanguins, augmentant l’apport de sang au cœur. Enfin, les inhibiteurs calciques, tels que le (Tiazac) et le vérapamile (Chronovera), dilatent aussi les vaisseaux sanguins et font baisser la pression artérielle.

A la suite d’une crise cardiaque, vous recevrez un thrombolytique (médicament qui dissout les caillots sanguins) et subirez une intervention chirurgicale dans les plus brefs délais.

Changements dans le mode de vie

Faites travailler votre cœur. L’aérobique constitue le meilleur traitement préventif pour cet organe. En dilatant les vaisseaux sanguins, ce genre d’exercice abaisse la pression artérielle et diminue le risque d’athérosclérose. De plus, il fait monter le taux de «bon» cholestérol. Optez pour une activité qui fait travailler les gros muscles de vos jambes et de vos fesses (par exemple, la marche rapide ou le vélo) et faites en sorte de maintenir la fréquence cardiaque que vous vous êtes fixée pendant au moins 15 à 20 minutes, et ce trois ou quatre fois par semaine
Faites de la musculation. Dans une enquête menée par la American Heart Association (AHA), on a découvert que la pratique de l’haltérophilie à raison de quelques fois par semaine améliorait la santé cardiaque chez certaines personnes. Cela s’explique par le fait qu’une forte musculature a pour effet de diminuer la fréquence cardiaque et de faire baisser la pression artérielle. En outre, l’augmentation de la masse musculaire élève le métabolisme, permettant une meilleure maîtrise de son poids. Ne négligez pas pour autant la marche rapide, l’AHA (de même de la Fondation des maladies du cœur du Canada) recommandant de faire de la musculation en plus des exercices aérobiques.
Préservez votre souplesse. Les exercices de souplesse, par exemple le yoga, non seulement assouplissent vos articulations, mais ils freinent la production des hormones du stress qui contribuent à la cardiopathie.
Une aspirine tous les jours? Les personnes souffrant de maladie coronarienne pourraient bénéficier d’un traitement à l’aspirine (à faible dose); on pense que cela pourrait permettre de prévenir les crises cardiaques. La posologie recommandée va de 80 mg (une fraction d’aspirine) à 325 mg (une aspirine entière) par jour. Demandez à votre médecin de vous conseiller sur la dose convenant à votre situation.
Faites baisser la pression. L’hypertension artérielle peut causer la maladie coronarienne. Si votre alimentation et votre programme d’exercices ne suffisent pas à la maintenir dans des valeurs normales, vous devriez peut-être vous faire prescrire un antihypertenseur.
Gérez votre diabète. Les diabétiques, qui pour la plupart des adultes souffrent du type 2, courent de deux à quatre fois plus de risques que les autres de souffrir de cardiopathie ou de faire un ACV. Pour gérer cette maladie, il suffit parfois de perdre ses kilos en trop, de faire régulièrement de l’exercice et de suivre un régime réputé bon pour le cœur.
N’ignorez pas votre dépression. On a découvert, lors d’une étude, que les personnes déprimées couraient 1,7 fois plus de risques de souffrir de cardiopathie que les autres et que les hommes déprimés couraient près de trois fois plus de risque d’en mourir. Parlez-en à votre médecin.

Interventions pour le traitement de la maladie coronarienne

Le pontage consiste à enlever un vaisseau sanguin sain, habituellement dans la jambe, et à l’implanter sur l’artère (ou les artères) en amont ou en aval de l’obstruction afin de rétablir la circulation dans le cœur. Quant à l’angioplastie coronarienne, elle consiste à insérer dans l’artère un cathéter (tuyau fin et flexible) muni d’un minuscule ballon à son extrémité et à le guider jusqu’à l’artère obstruée à proximité du cœur. Le ballon est alors gonflé afin de dilater le vaisseau sanguin, puis on le retire. Pour certaines formes d’angioplastie, un extenseur (treillis métallique) est implanté dans l’artère afin de la dilater en permanence.

Prévention de la maladie coronarienne

Il semblerait que le régime méditerranéen et l’alimentation asiatique classique protègent mieux contre la maladie coronarienne que l’alimentation nord-américaine. Il serait donc avisé d’incorporer des éléments de ces deux traditions culinaires dans votre menu de tous les jours.
Consommez des aliments réputés bons pour le cœur. Par exemple, ceux qui contribuent à faire baisser votre taux de cholestérol et à améliorer votre fréquence cardiaque : fruits (pomme, avocat, fruits séchés, pamplemousse, orange, fraise), légumes (brocoli, carotte, maïs, haricot de Lima, oignon), fruits de mer (palourde, moule, huître), poisson riche en acides gras oméga-3 (saumon, tassergal), soya, noix, pain et céréales de grains entiers.
Coupez dans le gras. Pour maîtriser votre taux de cholestérol, limitez la quantité de gras que vous consommez, particulièrement les saturés. Les gras ne devraient pas représenter plus de 30% de votre apport calorique quotidien. Optez pour des solutions de rechange maigres à la viande, par exemple le poisson, le poulet ou la dinde sans leur peau. En prenant quelques repas de poisson chaque semaine, vous pourriez réduire de moitié votre risque de subir une crise cardiaque. Remplacez les produits laitiers riches en gras par leurs équivalents maigres. Ou passez au lait de soya, sa protéine étant réputée faire baisser le taux de cholestérol.
Mettez-y des épices. Si vous souffrez d’hypertension artérielle, vous devrez consommer moins de sodium. De fait, les chercheurs pensent aujourd’hui que même les personnes dont la pression artérielle est normale devraient consommer moins de sodium. Évitez les aliments transformés, qui en contiennent beaucoup, et ne salez pas trop vos plats. Cependant, rien ne vous oblige à manger fade. Pour donner de la saveur à vos plats, ajoutez de la salsa, du cari, des piments ou de l’ail. On a montré, notamment, que la consommation d’une à trois gousses d’ail par jour avait pour effet de faire baisser la pression artérielle et, possiblement, le taux de cholestérol sanguin.
Pensez fibres. Les fibres solubles, qu’on trouve en abondance dans les fruits et les légumes frais, les légumineuses et les grains entiers, préviennent l’accumulation de plaque dans les artères. On a montré dans des études qu’il suffisait de trois portions ou plus de fruits et de légumes par jour pour faire diminuer de 25% ou plus le risque de subir une crise cardiaque ou un ACV. Dans une étude, on a observé que la consommation quotidienne de haricots secs avait eu pour effet de faire baisser le taux de «mauvais» cholestérol de 20% en seulement trois semaines. Les résultats d’autres études ont également permis de démontrer qu’une alimentation riche en grains entiers pouvait réduire de 15% le risque pour les femmes de souffrir de maladie coronarienne. Enfin, les résultats de dizaines d’études confirment que la consommation d’avoine exerce un effet positif sur le taux de cholestérol.
Prenez un verre de vin rouge. Pris avec modération, l’alcool élève les taux de HDL (le «bon» cholestérol) et éclaircit le sang, diminuant le risque que des caillots se forment et causent une crise cardiaque ou un ACV. Le vin rouge offre des bienfaits additionnels : ses pigments sont riches en bioflavonoïdes, réputés prévenir l’oxydation du LDL (le «mauvais» cholestérol), le rendant ainsi moins susceptible d’adhérer aux parois des artères. On a montré dans des études que les personnes qui prenaient deux verres de 250 ml de vin rouge par jour étaient moins susceptibles de subir une crise cardiaque que ceux qui ne buvaient pas. Par contre, n’en abusez pas, l’alcool, à hautes doses ayant pour effet d’élever les taux de triglycérides. Gardez à l’esprit que si vous avez un problème d’alcool, vous en tirerez plus de mal que de bien. Pour obtenir vos bioflavonoïdes, buvez plutôt du thé vert ou noir, ou consommez des oignons, du chou frisé et des pommes.
Passez un bilan de santé. En bas de 65 ans, vous devriez faire vérifier votre pression artérielle au moins une année sur deux et à compter de 65 ans, une fois l’an. De plus, si votre taux de cholestérol est élevé ou que vous avez d’autres facteurs de risque cardiaque, il est recommandé de le faire vérifier au moins une fois l’an. En outre, votre médecin pourrait vous faire passer une électrocardiographie (ECG) afin d’évaluer votre santé cardiaque. Tandis que vous y êtes, demandez à passer une analyse sanguine portant sur la protéine C réactive. Selon les résultats d’une étude menée par des chercheurs de l’université Harvard auprès de 28 000 femmes en santé, cette analyse a permis d’évaluer le risque de crise cardiaque mieux que les analyses classiques portant sur le taux de cholestérol.
Vous pourriez prendre du folate et de la vitamine B6. Ces vitamines ont pour effet de ramener à la normale le taux d’homocystéine, substance qui pourrait augmenter votre risque de subir une crise cardiaque. Il semble qu’un apport quotidien de 400 mcg de folate et de 3 mg de B6 soit suffisant pour diminuer le risque de cardiopathie chez les femmes.
Prenez du poisson. Ou des capsules d’huile de poisson, riche en acides gras oméga-3, des agents anticoagulants. Cependant, il vaut mieux consulter votre médecin avant d’en prendre afin d’éviter les interactions possibles avec des médicaments.
Consommez de l’ail. Ou prenez un supplément d’ail en capsule; vous tirerez tous les bienfaits de cette plante sans devoir en imposer l’odeur tenace à votre entourage. Prenez de 400 à 600 mg par jour d’un supplément renfermant 4000 mcg d’allicine.
Gérez votre stress, un facteur de risque de maladie coronarienne. Pratiquez la méditation, la visualisation ou le yoga. La prière peut en aider certains. Prenez des marches rapides en compagnie d’un(e) ami(e); conjugué à l’échange humain, l’exercice aura un double effet sur votre stress.
Ne vous mettez pas en colère. C’est mauvais pour le cœur. Dans une étude menée auprès de 13 000 personnes, on a observé que celles qui se fâchaient le plus rapidement couraient près de trois fois plus de risques de subir une crise cardiaque que celles qui se montraient plus calmes.
Écrasez pour de bon. Selon la Fondation des maladies du cœur du Canada, l’usage du tabac est la première cause évitable de cardiopathie. Trente pour cent des décès par maladie coronarienne sont causés par le tabagisme. Lorsque vous aurez écrasé, il suffira de trois ans pour que votre risque de cardiopathie tombe au niveau de celui des non-fumeurs.

Source: http://www.plaisirssante.ca/