On estime que 30 à 50 % des femmes présentent des fibromes utérins.

Généralement bénins, ils passent le plus souvent inaperçus. Certains nécessitent toutefois des traitements. Et l’ablation de l’utérus n’est pas la seule solution.

Les fibromes utérins sont des tumeurs bénignes constituées de tissu conjonctif qui se développent dans l’utérus.

Leur forme est plus ou moins arrondie, et leur taille peut varier de celle d’un petit pois à celle d’un pamplemousse, et parfois plus.

L’utérus peut abriter un ou plusieurs fibromes. Certaines femmes peuvent même en avoir une vingtaine!

Heureusement, ces tumeurs ne présentent aucun danger et ne deviennent jamais cancéreuses.

Elles peuvent cependant entraîner, dans certains cas, des symptômes incommodants.

Très courants, les fibromes utérins affectent surtout les femmes âgées de 35 à 50 ans.

On les appelle fibromes sous-muqueux s’ils occupent l’intérieur de la cavité utérine, sous l’endomètre.

On les qualifie de sous-séreux lorsqu’ils se développent sur la couche extérieure de l’utérus, et d’intra-muraux lorsqu’ils sont situés dans les muscles de la paroi utérine.

Causes mystérieuses

On ne connaît pas encore la cause exacte des fibromes utérins.

Certaines hypothèses ont toutefois été avancées.

Les femmes dont les proches parentes sont atteintes de fibromes sont plus susceptibles d’éprouver les mêmes symptômes, ce qui porte certains chercheurs à croire à l’existence d’une cause génétique.

Les fibromes sont également beaucoup plus fréquents chez les femmes d’origine africaine.

Les facteurs hormonaux semblent jouer un rôle dans le développement de ces tumeurs bénignes; on sait que les fibromes régressent après la ménopause, ce qui nous amène à croire que les œstrogènes stimulent la croissance de ces masses.

Enfin, l’obésité, l’âge auquel surviennent les premières règles (avant 12 ans), l’infertilité et l’absence de grossesse seraient aussi des facteurs déterminants.

Des symptômes parfois incommodants

La majorité des fibromes sont asymptomatiques, c’est-à-dire qu’ils ne provoquent aucun malaise.

Il peut arriver cependant que certains symptômes se manifestent, lesquels varient alors selon la taille et la localisation des fibromes.

Les plus fréquents: des saignements menstruels abondants et prolongés.

En plus d’être incommodantes, ces pertes de sang risquent de provoquer une anémie et de la fatigue.

Certains gros fibromes peuvent aussi exercer une pression sur la vessie et entraîner des envies fréquentes d’uriner ou encore appuyer sur les intestins et nuire à l’expulsion des selles.

Ils peuvent également occasionner des douleurs importantes à l’abdomen ou au fond du vagin durant les relations sexuelles.

La présence d’un ou plusieurs fibromes peut aussi provoquer des fausses couches, voire l’infertilité. De façon générale, plus les masses sont grosses et situées à l’intérieur de la cavité utérine, plus elles causent des malaises.

Le diagnostic

Les fibromes sont fréquemment découverts par hasard au cours d’un examen médical.

Cela dit, si on éprouve des douleurs au bas du ventre au cours des relations sexuelles ou que l’on présente des saignements abondants et prolongés, il serait bon de consulter un médecin qui procédera à des examens et des tests puisque ces symptômes peuvent aussi être associés à des infections transmisses sexuellement ou être les premières manifestations d’un cancer de l’utérus.

L’examen pelvien fait par le médecin peut parfois indiquer la présence de fibromes utérins, selon leur localisation et leur grosseur.

Pour confirmer le diagnostic, on procède généralement à une échographie pelvienne ou vaginale.

Ce test permettra de révéler la présence de fibromes de plus d’un centimètre, de les mesurer et de déterminer exactement leur localisation, et ces données aideront à établir un traitement.

Les traitements possibles

Le choix des traitements dépend de plusieurs facteurs, notamment de la grosseur des fibromes, de leur nombre, de leur emplacement exact dans l’utérus et de la gravité des symptômes.

Comme la plupart des petits fibromes ne présentent aucun symptôme, ils ne nécessitent habituellement pas de traitement.

On se contentera généralement de surveiller leur évolution.

Si le ou les fibromes entraînent des règles abondantes, occasionnent trop de gêne ou nuisent à la fertilité, un traitement chirurgical pourrait s’avérer nécessaire. Plusieurs techniques peuvent alors être utilisées.

Le curetage: Lorsque les fibromes sont petits et situés sous la muqueuse utérine, on peut les enlever par un simple curetage, qui consiste à gratter, sous anesthésie, l’intérieur de l’utérus.

La myomectomie: Cette intervention chirurgicale permet d’enlever les fibromes tout en conservant l’utérus.

Elle présente l’avantage de préserver la capacité de la femme à avoir des enfants.

On peut pratiquer cette intervention de plusieurs façons, soit par hystéroscopie (technique qui consiste à insérer un instrument muni d’une caméra et d’outils chirurgicaux dans l’utérus par le vagin et le col utérin), par laparoscopie (technique qui consiste à introduire deux sondes, l’une équipée d’une caméra et l’autre munie d’instruments chirurgicaux, par de petites incisions à travers la paroi abdominale) ou par voie abdominale.

L’embolisation: Cette technique médicale permet de traiter les fibromes sans avoir recours à la chirurgie, tout en conservant l’utérus.

Elle consiste à bloquer, à l’aide d’une substance sclérosante, la circulation sanguine vers les fibromes qui, alors privés d’oxygène et de nutriments, perdront environ 50 % de leur volume.

Elle ne nécessite qu’une petite incision de la peau, à travers laquelle on insère un cathéter jusque dans l’artère qui irrigue le fibrome.

L’hystérectomie: Cette opération, qui consiste à enlever l’utérus, peut être nécessaire dans les cas très complexes (lorsque les fibromes sont volumineux ou multiples, par exemple).

Elle offre toutefois une solution permanente et elle ne peut être pratiquée que chez les femmes qui ont renoncé définitivement à avoir des enfants.

On réalise cette intervention de plusieurs façons, soit par hystéroscopie, par laparoscopie ou par voie abdominale.

Source > moietcie.ca