Mal de tête, rage de dents, douleurs abdominales ou articulaires… Personne n’y échappe un jour ou l’autre. Très vite on tente d’apaiser sa souffrance. Mais quel antidouleur prendre ? Non seulement il en sort de nouveaux mais les anciens, comme le Di-Antalvic, disparaissent.
Les arguments des experts pour guider votre choix.

1. Paracétamol ou ibuprofène, c’est la même chose ?
Non, le paracétamol agit uniquement sur la douleur, alors que les anti-inflammatoires, comme l’ibuprofène, combattent l’inflammation responsable de celle-ci. Au-delà, il existe surtout une différence d’habitude et de culture.

Les formes récentes sont-elles plus efficaces ?

Quelle que soit la galénique, c’est-à-dire la forme (comprimé, pastilles effervescentes…), 200 mg de paracétamol, c’est 200 mg de paracétamol. Le principe actif est le même, la quantité équivalente, donc l’action identique.
Ce qui change, c’est la rapidité d’action. La libération du produit est un peu plus rapide lorsque le médicament est déjà désagrégé.
Ainsi, une forme effervescente agit en général en une quinzaine de minutes, contre trente à quarante-cinq minutes pour un comprimé.

2. Pourquoi l’aspirine est-elle en perte de vitesse ?
Depuis dix ans, la consommation de paracétamol a plus que doublé, alors que celle de l’aspirine a diminué de moitié. Celle-ci présente en effet davantage de risques et d’effets indésirables.

Elle augmente la fluidité du sang et peut provoquer des érosions des muqueuses digestives, source de saignements.
Par conséquent, ses contre-indications sont nombreuses : antécédents d’ulcères digestifs ou de gastrite, anomalies de la coagulation, asthme, grossesse, diabète, goutte, maladies traitées par le méthotrexate (cancer, polyarthrite…).

3. Le paracétamol peut-il être dangereux ?
Il est très bien toléré, mais les risques de surdosage existent. Il est en effet facile d’absorber des doses excessives sans bien s’en rendre compte car de très nombreux médicaments en contiennent.

Si vous prenez du Doliprane® contre votre mal de tête et un autre comprimé pour déboucher le nez, vous pouvez vite dépasser la dose quotidienne autorisée. Quand vous associez plusieurs médicaments, il est donc primordial d’interroger votre pharmacien et de lire les notices.
Ne jamais dépasser 3 à 4 g par 24 heures, en 4 prises espacées de 4 à 6 heures. Le surdosage peut entraîner des lésions irréversibles du foie.

4. Si je prenais du di-antalvic®, je le remplace par quoi ?
En France, le Di-Antalvic® (dextropropoxyphène associé au paracétamol) a été retiré définitivement du marché le 1er mars. En effet, dans certains pays comme la Suède ou la Grande-Bretagne, on a constaté qu’il était utilisé pour des tentatives de suicide.
D’ores et déjà, les médecins le remplacent par un autre antalgique de niveau 2, comme le tramadol ou la codéine, seuls ou associés au paracétamol.

Le tramadol a l’avantage d’exister en versions à libération immédiate (effet en 60 minutes durant au moins 4 heures) ou prolongée (actif pendant 12 à 24 heures). Délivré uniquement sur ordonnance.

5. Quel antidouleur choisir si je suis fragile de l’estomac ?
Il vaut toujours mieux privilégier le paracétamol. Mais si un anti-inflammatoire est indiqué pour soulager votre douleur, une prise courte est possible, associée à une protection gastrique comme un inhibiteur de la pompe à protons (Pantozol Control® ou Mopral®, sur ordonnance). Une autre classe d’anti-inflammatoires, les coxibs, peut aussi être une solution à essayer, car ils seraient mieux tolérés par la muqueuse digestive. Ils sont notamment indiqués dans les douleurs de l’arthrose, de la polyarthrite rhumatoïde et de la crise de goutte.

J’ai vomi. Je prends un autre comprimé ?

Si vous avez pris votre antalgique il y a moins de 20 minutes, il n’a pas encore eu le temps d’être absorbé complètement. Il est donc préférable d’en prendre un autre, en privilégiant peut-être une autre forme (suppositoire).

6. Risque-t-on de s’habituer aux antidouleurs?
On a observé que l’abus de triptans (plus de 6 à 8 prises par mois), spécifiques de la crise migraineuse, finit par entretenir la douleur.

Un sevrage est donc nécessaire. On constate la même dépendance avec des antalgiques de niveau 2 comme la codéine. Si les douleurs reviennent fréquemment, il ne faut pas continuer à s’automédiquer, mais consulter un médecin.

7. Les antidouleurs sont efficaces au bout de combien de temps?
Il s’agit de valeurs moyennes, car les délais d’action des médicaments varient légèrement en fonction des personnes et seront plus ou moins courts selon qu’on est ou non à jeun.

10 / 20 min : sublingual
15 / 20 min : effervescent
20 / 30 min : comprimé
30 / 45 min : suppositoire