Arrêts cardiaques, thromboses et lésions diverses, un comprimé avec un verre de jus de pamplemousse c’est comme prendre 5 ou 10 comprimés avec un verre d’eau, pour certains médicaments.

Car le pamplemousse et son jus, sont connus pour interagir avec plus de 85 médicaments rappelle cette étude qui a identifié les interactions médicamenteuses avec le pamplemousse qui peuvent entraîner des effets secondaires graves.

Cette méta-analyse canadienne publiée dans le Canadian Medical Association Journal.

Le pamplemousse contient un groupe de substances chimiques, les furanocoumarines qui peuvent affecter la pharmacocinétique c’est-à-dire le temps nécessaire au « métabolisme » du médicament.

Ce composé chimique inhibe une enzyme qui décompose les médicaments, ce qui peut entraîner un niveau plus important de principe actif dans le corps que prévu, avec la dose administrée, donc de graves effets secondaires.

Cependant, si l’on connaît ce danger d’interaction pamplemousse-médicaments depuis plus de 20 ans, l’évolution des thérapeutiques et l’absence d’études précises sur le sujet nécessitaient cette méta-analyse de la littérature existant sur le sujet.

Car le nombre de médicaments pouvant interagir avec le pamplemousse et causer des effets indésirables graves a augmenté : 43 types de médicaments et 85 médicaments disponibles sur prescription seraient aujourd’hui concernés, selon les auteurs.

Le Dr David Bailey, auteur principal montre dans cette analyse que le pamplemousse, le jus de pamplemousse et certains autres agrumes, y compris les oranges et les citrons contiennent ces furanocoumarines qui vont inhiber l’enzyme cytochrome P450 3A4, principalement présente dans la paroi de l’intestin et dans le foie.

Donc tout médicament normalement métabolisé par le cytochrome P450 3A4 pris avec du jus de pamplemousse, deviendra d’autant plus actif qu’aura été inhibée l’enzyme ce qui entraîne des effets néfastes chez le patient exposé à des concentrations plus élevées que prévu.

Les auteurs précisent que les furanocoumarines ne sont pas présentes dans les variétés d’oranges douces.

Les principaux facteurs de risque d’interactions relevés sont,

– La quantité : Un pamplemousse entier ou 200ml de jus est suffisant pour provoquer une augmentation de la concentration du principe actif entraînant un effet indésirable.

– la fréquence de consommation,

– le délai entre la consommation de pamplemousse et la prise du médicament,

– et l’âge du patient : les personnes âgées de plus de 45 ans sont plus enclines à acheter du jus de pamplemousse et à prendre des médicaments…

Les principaux médicaments connus pour interagir avec le pamplemousse

· Certains anti-cancéreux (crizotinib, dasatinib, erlotinib, évérolimus, lapatinib, nilotinib, pazopanib, sunitinib, vandetanib, vemurafenib)

· Certains anti-infectieux (érythromycine, halofantrine, maraviroc, primaquine, quinine, rilpivirine)

· Certains hypolipidémiants (atorvastatine, lovastatine, simvastatine)

· Certains médicaments des affections cardiaques et vasculaires (amiodarone, apixaban, clopidogrel, dronédarone, éplérénone, félodipine, nifédipine, quinidine, rivaroxaban, ticagrelor)

· Certains médicaments du SNC (alfentanil orale, buspirone, dextrométhorphane, fentanyl par voie orale, kétamine par voie orale, lurasidone, oxycodone, le pimozide, quétiapine, triazolam, ziprasidone)

· Certains antiémétiques (dompéridone)

· Certains immunosuppresseurs (cyclosporine, évérolimus, sirolimus, tacrolimus)

· Certains médicaments d’urologie (darifénacine fésotérodine, solifenain, silodosine, tamsulosine)

Les effets secondaires graves relevés :

– Torsades de pointes du rythme cardiaque (d’où risque de mort subite),

– arrêts cardiaques,

– lésions musculaires, rénales, de la moelle osseuse

– thrombose veineuse

Les auteurs recommandent en fin de compte le principe de précaution en évitant le pamplemousse durant les traitements, quels qu’ils soient. Et bien lire la notice d’information patient …

Source : http://www.santelog.com