no-make-up

Si Adele et Alicia Keys ont abandonné le maquillage, occasionnellement pour l’une et définitivement pour l’autre, cela est-il le signe que la vague no make-up va l’emporter ?

Un œil de biche dessiné avec un eye-liner graphique, des lèvres laquées et un teint de poupée. La chanteuse Adele, dont la mise en beauté est presque indissociable de l’allure et de la voix, s’aime aussi au naturel. Depuis deux mois, la diva anglaise égrène sur son compte Instagram de nombreux clichés d’elle sans aucun maquillage. Énième astuce de star pour prouver qu’ « elle est comme tout le monde » ? Le phénomène no make-up, dont les adeptes prônent depuis plusieurs années déjà un retour à la peau nue, trouvent aujourd’hui de plus en plus d’ambassadrices à la renommée internationale.

La chanteuse Alicia Keys, autrefois adepte des yeux lourdement fardés, a décidé pour la sortie de son nouvel album In Commom, de se convertir au no make-up. Et son choix n’a rien d’une lubie passagère. L’interprète de Girls On Fire a d’ailleurs écrit une chanson intitulée When a Girl Can’t Be Herself, dont les paroles sont sans équivoque : « Le matin, depuis la première minute où tu te lèves / Que se passerait-il si je ne voulais plus mettre tout ce maquillage / Qui a dit que je devais cacher ce dont je suis faite / Peut-être que tout ce Maybelline est juste en train de couvrir mon estime de moi ». Dans Lenny, la newsletter féministe de Lena Dunham, sur Instagram comme en interview, l’artiste prêche avec conviction sa nouvelle façon de se découvrir, sans artifice. Et va jusqu’au bout en montant sur la scène des MTV Vidéo Music Awards sans fard.

Un acte militant

Mais au-delà des prises de position des chanteuses célèbres, le no make up serait-elle donc une tendance émergeante qui risque de s’installer et de durer dans la routine beauté simplifiée des femmes ? Pour l’historien et sociologue du corps Georges Vigarello, deux courants qui peuvent se rejoindre participent à la recrudescence d’un intérêt pour le zéro maquillage. « Tout d’abord une sensibilité pour l’écologie, l’envie de ne pas polluer la planète ou sa peau avec des produits toxiques », explique le spécialiste. « Ensuite une volonté de se démarquer, d’affirmer qu’il est possible de ne plus être une cible du marché et des procédés marketing des marques qui vantent une belle peau grâce au maquillage. »

Une peau qui respire mieux

Les observations de l’historien entrent en résonnance avec la démarche de Louise 23 ans, et Emma, 20 ans. Pour la première, adepte du maquillage travaillé et véritable accro aux vidéos YouTube de bloggeuses beauté et de make-up artists, le déclic est survenu lors d’une année d’échange universitaire en Angleterre. « En vivant à Manchester, j’ai vraiment réalisé que les Anglaises se maquillaient beaucoup trop : elles portent notamment des faux-cils et plusieurs couches de fond de teint épais. En réaction à cela, j’ai commencé à me maquiller moins souvent, et à redécouvrir mon visage sans maquillage. Je sentais que ma peau respirait mieux, et était moins agressée notamment par le démaquillage. » Aujourd’hui, de retour en région parisienne où elle poursuit ses études de médecine, la jeune femme ne se maquille presque plus. « J’ai évolué dans ma relation au maquillage, je suis adepte de quelque chose de sobre et de soigné. S’il m’arrive encore de me maquiller occasionnellement pour une soirée par exemple, au quotidien j’ai délaissé le maquillage et le seul produit de mon vanity auquel je suis fidèle c’est un gel fixateur pour les sourcils. Ma nouvelle routine beauté consiste donc maintenant simplement à mettre l’accent sur des sourcils bien dessinés. »

Quant à Emma, étudiante en lettres modernes à la Sorbonne, le changement a été plus radical. « Adolescente, je me faisais quotidiennement un regard très noir, à base de plusieurs couches de mascara et d’eye-liner, que je prenais grand soin de ne pas démaquiller le soir pour en accentuer l’effet rock. En juin dernier, alors que je venais de partir en vacances, un soir après m’être, cette fois-ci, démaquillé, j’ai pensé « c’est ridicule tout ce mascara waterproof » et je n’ai plus rien mis sur mon visage. Evidemment l’été, c’est plus facile à assumer sur la plage alors qu’on est bronzée, et l’effet est différent en ville pendant l’hiver. Mais je suis contente car aujourd’hui le maquillage est devenu pour moi une coquetterie très ponctuelle sans conséquence. Le fait que ce ne soit plus une nécessité, voilà qui est libérateur ! » conclut la jeune fille au regard noisette.

À l’heure du selfie quasi quotidien sur Instagram ou Snapchat, la génération Z (ces jeunes filles nées dans les années 1990) miserait-elle donc sur le « sans fard » ? Pour Georges Vigarello, le make-up n’a sûrement pas dit son dernier mot. « Le maquillage, c’est l’art d’accentuer des repères de beauté. C’est une façon de « s’artificialiser » soi-même, par recherche esthétique ou par obligation sociale. Vu l’offre immense de produits de beauté qui existe aujourd’hui, la loi du marché l’emportera c’est certain. »

Ces stars qui ont abandonné le maquillage :

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Source: http://madame.lefigaro.fr/