Repas trop riches, pris trop rapidement, alimentation industrielle…quand l’impression d’avoir un poids sur l’estomac assaille, il faut réagir ! Conseils d’experts.

C’est le mal du siècle ou presque! Près d’un Français sur deux souffrirait de troubles fonctionnels de la digestion avec son cortège de symptômes: ballonnements, douleurs d’estomac, crampes abdominales, voire problèmes de transit. «Un grand nombre de patients me consultent parce qu’ils souffrent de troubles gastriques et ne savent plus quoi manger. Beaucoup ont abandonné le gluten, le lactose ou le sucre et en excluant de nombreux groupes alimentaires ils risquent des carences, voire une dénutrition», constate le Dr Laurent Chevallier, consultant en nutrition au CHRU de Montpellier et auteur du livre Alors, on mange quoi?(Ed. Fayard). Or le problème viendrait moins du gluten et des intolérances alimentaires que pour partie du mélange des quelque 350 additifs de notre alimentation moderne. «Aux problèmes de tolérance digestive se rajoutent aussi les médicaments, des substances auxquelles l’organisme n’est pas habitué», ajoute le médecin.

Des conseils simples peuvent être donnés pour se sentir mieux dans son ventre. En cas de côlon irritable, le Dr Patrick Serog, nutritionniste à Paris et auteur de La Guerre des repas n’aura pas lieu!(Ed. Marabout), préconise «de diminuer un peu la quantité de fibres (pains complets, certaines légumineuses) pour éviter l’irritation de la muqueuse colique, voire de manger les légumes en purée». Le Dr Chevallier va lui aussi dans ce sens en recommandant de manger moins de crudités en cas de douleur et plus de cuit ; de préférer les fruits en compote.
Se sentir lourd et ballonné, c’est aussi souvent manger en excès et trop gras. Plus les repas sont riches et/ou alcoolisés, plus la vidange gastrique sera longue et la digestion difficile. Ce trouble, appelé dyspepsie fonctionnelle, occasionne une sensation de trop-plein dans l’estomac et des ballonnements avec un sentiment d’inconfort et de gêne au-dessus de l’ombilic. L’hygiène de vie doit être revue. Prendre ses repas dans le calme, bien mâcher et passer au moins trente minutes à table s’impose. Attention aussi aux sodas et jus de fruits industriels. «Tous apportent un excès de fructose, ce sucre mal métabolisé engorge le foie et est responsable de flatulences», souligne le Dr Chevallier.

Un verre d’eau contre la fringale

Pensez aussi à dîner léger le soir. Si toutefois votre pause déjeuner a été modeste (salade ou sandwich sur le pouce), vous pouvez prendre un encas en fin de journée avec une banane ou une pomme et un grand verre d’eau pour éviter toute tentation de repas pantagruélique!
Le Dr Chevallier conseille encore de rester sur une alimentation brute, la moins transformée possible, en privilégiant les produits frais et surgelés, et de miser sur les aliments fermentés. Ce mode de conservation ancestral enrichit les aliments de ferments lactiques, des micro-organismes bénéfiques pour notre santé. Quelques tranches de pain au levain, un yaourt ou une tranche de jambon de pays peuvent suffire. L’essentiel reste de manger sereinement et de façon équilibrée. «Nous sommes des omnivores. Nous pouvons manger de tout tant que notre corps le supporte», explique le Dr Serog, qui conseille avant tout une alimentation personnalisée. «Nous sommes tous différents. Si vous avez mal au ventre ou que vous vous sentez lourd, c’est que votre corps vous parle. Écoutez-le!»

Source: http://sante.lefigaro.fr