Vous vous écroulez sur votre écran d’ordinateur pendant la journée ?
Vous avez des maux de tête matinaux ?
Votre libido n’est pas au mieux ?
Vous souffrez peut-être sans le savoir d’apnée du sommeil.

L’apnée du sommeil, c’est un arrêt respiratoire qui se produit pendant qu’on dort. Pas de panique, cela arrive à tout le monde. L’important, c’est la durée de ces périodes d’apnée (on ne les comptabilise que si elles dépassent 10 secondes) et surtout leur fréquence.

« A partir de dix par heure, on considère que c’est pathologique, explique le docteur Michel Barré, ORL. Mais c’est lorsque la personne dépasse les quinze périodes d’apnée par heure que l’on considère qu’il faut un traitement médical. »

On distingue trois types d’apnée :

– L’apnée d’origine obstructive, qui survient parce que les voies aériennes supérieures (nez, bouche, pharynx, larynx) sont bouchées.

– L’apnée d’origine centrale, qui se produit au niveau des centres cérébraux. Dans ce cas, le patient ne produit même pas d’effort pour respirer.

– L’apnée d’origine mixte, qui généralement commence par une apnée « centrale » et se termine par une apnée « obstructive ».

L’apnée « centrale », avec ses origines neurologiques, demande une prise en charge très spécifique. Les ORL interviennent, eux, sur les apnées « obstructive » et mixte.

Quels sont les risques ?

L’apnée du sommeil peut entraîner de nombreuses complications. Les premières, d’ordre « fonctionnel » peuvent prendre la forme de maux de tête, de troubles de la libido et de somnolence diurne.

Dans le monde, les compagnies d’assurance ont ainsi fait mener des études pour établir le coût de l’apnée du sommeil en matière d’accidents de la route, raconte le docteur Michel Barré. Le problème les préoccupe moins, mais un dépistage de l’apnée du sommeil est tout de même obligatoire pour les professionnels de la route. »

Il y a aussi des complications pulmonaires, cardiovasculaires (notamment de l’hypertension artérielle), neurologiques (accident vasculaire cérébral, par exemple) ou endocrinologiques (comme le diabète).

Qui est touché ?

L’apnée du sommeil touche 1 à 5% de la population (les chiffres dépendent des études, certaines comptabilisant les cas à partir de dix périodes d’apnée par heure, d’autres à partir de quinze).

Elle affecte :
– 13% des ronfleurs
– 30% des hypertendus
– 12% des plus de 65 ans

« Le profil-type, c’est un ronfleur hypertendu obèse de plus de 60 ans, homme ou femme », résume Michel Barré.

Souvent, ceux qui souffrent d’apnée du sommeil ne le savent pas. Le partenaire est régulièrement la première personne à s’en apercevoir car il constate que l' »apnéiste » s’arrête de respirer, s’agite, puis recommence à respirer normalement.

En cas d’apparition des signes décrits plus haut, il est conseillé de consulter son médecin traitant, qui renverra éventuellement vers un ORL.

Celui-ci peut proposer un dépistage très simple à l’aide d’un polygraphe, un appareil muni de capteurs qui, pendant une nuit, comptera les périodes d’apnée du sommeil et leur durée.

Comment y remédier ?

Pour prévenir les risques d’apnée du sommeil, il faut respecter quelques règles hygiéno-diététiques: perdre du poids si on est en situation d’obésité, prendre des repas légers le soir et réduire fortement sa consommation d’alcool et de tabac (largement responsables de l’obstruction des voies aériennes supérieures).

En ce qui concerne la thérapie, il existe plusieurs possibilités. Si le syndrome est modéré, il est conseillé au patient de dormir avec des gouttières d’avancée mandibulaires (ou orthèses mandibulaires) qui, « dans 50 à 80% des cas vont faire disparaître l’obstruction », affirme l’ORL. Si le syndrome est sévère, il faudra dormir avec un masque qui enverra une pression positive à chaque fois que le patient expirera, cela afin de lever l’obstruction de ses voies aériennes supérieures.