L’amitié, c’est presque plus exigeant que l’amour. Parce qu’il est admis aujourd’hui qu’un couple est fragile alors que l’amitié se veut solide comme le roc. Mais quand on se sent trahie, quelle voie choisir ?

1. Quand on se sent trahie

On croyait notre amitié fondée sur le roc et il a suffi d’une brindille pour ébranler l’édifice. Tout allait bien et puis, d’un seul coup, l’orage éclate : les failles apparaissent au grand jour : elle n’arrête pas de nous critiquer derrière notre dos, elle a refusé de nous dépanner ou lâché une vacherie sur notre physique en pleine réunion de service, histoire de se mettre en valeur devant le p’tit nouveau de la compta.

Bref, on se sent trahie et on n’a pas complètement tort. Sauf que ce n’est pas tant de la trahison que des attentes déçues… parce que non formulées. C’est vrai que, souvent, on se dit que notre copine, si elle l’était vraiment, elle aurait su qu’on attendait d’elle ceci ou cela. Et on fait la tête parce qu’elle n’a pas deviné, pas anticipé. Bref, pas répondu à notre attente. Sauf qu’on n’avait rien demandé. Petit à petit la liste de ces non-dits s’est allongée et le fossé entre nous s’est creusé. Ce qui nous divise est aujourd’hui plus grand que ce qui nous unit. Alors, ça passe… ou ça casse ?

2. Une vraie rupture ?

La réponse sera à la mesure dont on aura investi la relation. Plus on aura été exclusif et exigeant, moins ce que l’on vit comme une trahison sera acceptable. Pardonnable. Et cela traduit beaucoup de notre histoire personnelle, bien au-delà de l’amitié et nous renvoie à d’autres trahisons non digérées.Pardonner est parfois impossible quand la trahison a ébranlé ce qui est le plus secret et intime en nous. Nos valeurs, nos croyances. En l’amour, la fidélité, la vérité. Mais c’est justement aussi à cause de ces valeurs intimes qu’on sera capable de le faire, parce qu’on les prend à notre compte au lieu de les mettre au débit de l’autre.

Mais parfois, l’absence de pardon trahit simplement l’usure de la relation. Comme un couple qui n’évolue pas au même rythme et finit par se séparer, les amies se sont éloignées. Et la crise soudaine n’est finalement que le prétexte à mettre un point final à une amitié qui n’a plus de sens. Le pardon comme la rancœur n’ont rien à voir dans l’affaire.

3. 5 Amies, pas une de moins !

Nous aurions en moyenne cinq « vrais »amies, différentes mais unis dans la même vision :adoucir notre vie ! Et elles sont différentes justement parce que leur altérité nous permet de combler nos besoins de paradoxes, d’ouverture, de régression, de fusion.

Il y a ainsi l’amie fusionnelle, avec qui nous sommes en symbiose. Une manière de refouler la solitude existentielle qui nous habite ?

Puis il y a l’amie confidente, qui peut tout entendre sans jamais juger. Ce qui n’empêche pas que son avis puisse nous blesser, d’autant qu’on attend de lui la vérité et qu’il nous chahute dans notre être profond.

Et puis il y a l’amie d’enfance qui nous ancre au cœur de nos traditions familiales tout en étant témoin de notre évolution sociale. C’est aussi un peu le doudou qui nous rappelle les jours heureux de l’insouciance.

Sans oublier l’ami qui nous permet de solder le passé, en prenant la place d’un parent trop absent, d’une fratrie rêvée mais jamais éclose.

Enfin, il y a l’amie avec qui on refait le monde, avec qui on est en osmose cérébrale. On se sent meilleur à ses côtés, plus tolérante, plus intelligente. Sans pour autant partager ses convictions ou son mode de vie. Cinq « vraies » amies qui nous sont tellement indispensables que peut-on dire, sans faux semblants, qu’on les a choisi vraiment sans arrière-pensée ?