VITAMINE D

Des études avaient déjà montré un lien entre surpoids et carence en vitamine D. Une récente étude va plus loin en démontrant qu’une supplémentation en vitamine D pourrait améliorer la perte de poids de personnes obèses.

L’efficacité d’une telle prescription n’avait jusqu’ici jamais été démontrée. Et si la supplémentation en vitamine D pouvait aider à les personnes en surpoids ou obèse à perdre du poids ? C’est ce que propose un rapport présenté au Congrès Européen sur l’Obésité (ECO2015) qui s’est tenu à Prague du 6 au 9 mai 2015. D’après l’étude menée par l’équipe du docteur Luisella Vigna du département de médecine préventive de l’université de Milan, la prise de complément alimentaire de vitamine D contribuerait à la perte de poids et augmenterait les effets bénéfiques d’un régime pauvre en calories chez les personnes obèses et en surpoids ayant une déficience en cette vitamine.

Une dose de vitamine D pour un régime plus efficace. Les travaux de ces chercheurs ont porté sur 400 volontaires en surpoids ou obèses présentant au début de l’étude une carence en vitamine D. Pendant deux ans, ces personnes ont suivi un régime pauvre en calorie. En parallèle, un tiers d’entre elles ont reçu une dose modérée de vitamine D (25 000 Unités Internationales par mois), un autre tiers une forte dose (100 000 UI par mois) et le dernier tiers n’a reçu aucun complément de vitamine D. A titre comparatif, en France, la quantité recommandée est de 6 000 UI/mois et la dose maximale autorisée de 60 000 UI/mois. Au terme de six mois de traitement, la perte de poids et la réduction du tour de taille observées se sont révelées plus conséquentes pour les patients ayant reçu de la vitamine D. Les auteurs de cette étude recommandent ainsi aux personnes affectées par l’obésité de « faire tester leur taux de vitamine D pour savoir s’ils sont déficients et, le cas échéant, de prendre des compléments ».

Un lien entre obésité et vitamine D déjà établi. Depuis 2013 déjà, le lien entre obésité et vitamine D était suspecté. En effet, une étude publiée dans la revue médicale Plos One regroupant plusieurs travaux qui portaient au total sur plus 42 000 personnes avait démontré que plus l’Indice de Masse Corporelle (IMC) d’une personne augmentait, plus son taux de vitamine D diminuait.

Huit français sur 10 manquent de vitamine D. Peu présente dans notre alimentation (sauf dans les poissons gras, le beurre et les œufs), cette vitamine est essentiellement synthétisée par notre peau sous l’effet des rayons du soleil et joue un rôle majeur dans la santé de nos os et de nos muscles. Dans l’hémisphère nord, entre octobre et mars, l’intensité des rayons solaires est insuffisante pour synthétiser une dose correcte de vitamine D. Huit français sur dix seraient ainsi carencés. Or, depuis une vingtaine d’années, les études sur les liens entre maladies chroniques et carence en vitamine D se multiplient : elle jouerait ainsi un rôle dans le diabète, la sclérose en plaque, la maladie de Parkinson ou encore les affections respiratoires.

Cause ou conséquence ? Bien que des liens aient été établis entre carence en vitamine D et plusieurs maladies, une relation de cause à effet n’a pas été démontrée. En effet, ces carences ont pour la plupart été observées a posteriori sur des patients. Difficile donc pour les scientifiques de savoir si la carence a causé ces maladies ou si ce sont les malades qui sont plus sujets aux déficits de vitamine.

L’Europe de demain sera-t-elle obèse ?
D’après l’OMS, le nombre d’obèses dans les pays européens risque d’augmenter fortement d’ici 2030. Des prospectives inquiétantes si aucune mesure n’est prise rapidement.

Source: http://sante.journaldesfemmes.com/