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Décomplexés, du lilas au bordeaux, en passant par le brique, en encre mate ou laque brillante, les lipsticks invitent chacune à faire ce qui lui plaît cet hiver.

Pour vous, lipstick carmin signifie glamour hollywoodien. Rose pétale, demoiselle en fleur. Laque cerise, années 1940. Et rouge à lèvres noir, adolescente gothique. Pour vous, le maquillage marque une époque, indique un statut social. Mais pour la nouvelle génération, la teinte d’un raisin est bien moins cérébrale.

«Les jeunes femmes n’ont plus cette culture très codifiée de la beauté. Elles s’amusent avec la couleur selon leurs humeurs – regardez dans la rue, elles appliquent du bleu ou du jaune pour se faire remarquer – et ne se cantonnent plus à un style comme c’était le cas pour leurs grands-mères et même leurs mères, affirme Lyne Desnoyers, directrice des maquillages M.A.C Cosmetics. C’était flagrant sur les derniers défilés : on a vu toutes les nuances – vermillon, bordeaux, terre cuite, lilas, corail, rose - mates, laquées, pailletées, y compris au sein de la même cabine, mais aucune qui ne domine. » Point de nostalgie pour Terry de Gunzburg, qui vient de commercialiser une série de rouges hybrides, précis comme des crayons mais à la texture baume (Rouge-Expert Click Stick) : « Cette espèce de candeur libère la créativité des équipes et permet à l’industrie de relancer les dés.»

Une tétrachromate chez M.A.C

Rien de tel qu’un peu de rouge pour embellir son visage… et les comptes d’une parfumerie : cet été, les ventes de rouges à lèvres étaient en hausse de 7,9 % dans un contexte morose (source NPD, marché sélectif France). Alors, les marques traditionnelles, comme Yves Saint Laurent, déroulent leurs nuanciers. Pour la petite histoire, M.A.C Cosmetics  a engagé une tétrachromate – une personne dont la capacité génétique lui permet de distinguer cent fois plus de couleurs que les autres – pour créer les vingt-quatre teintes de son rouge à lèvres Liptensity dont un bleu nuit et un gris mauve.

Les formules aussi se diversifient, à l’image d’une innovation majeure dans la catégorie liquide : les encres promettent à la fois pigmentation intense et sensation de lèvres nues (Lip Magnet de Giorgio Armani Beauty, Rouge Allure Ink chez Chanel). «Technologiquement, nous allons vers des formules plus faciles à porter au quotidien comme ces rouges liquides ou les baumes colorés, assure Emmanuelle Cartier, directrice marketing et offres Sephora France. La catégorie entière des lèvres s’étoffe avec un engouement pour les gommages, les masques spécifiques, les bases et les fixateurs, les crayons contours… Les adeptes du lipstick, tous âges confondus, sont friandes de ces produits dérivés : les plus jeunes, car elles adorent superposer les formules, les femmes plus matures voulant éviter les pigments qui filent dans les ridules.»

Sourire devant le miroir

Leurs aînées dépensaient leurs premiers salaires dans la mode, la génération Y investit dans le maquillage. Portés par les influenceuses et les réseaux sociaux, de jeunes labels se bâtissent autour du fameux bâton comme Lipstick Queen, dont les tubes s’arrachent dans le monde entier (chez Sephora). «Le rouge à lèvres révèle notre personnalité, il en dit long sur nous mais, surtout, il nous en dit long et il nous donne l’impression que rien n’est impossible», milite sa fondatrice, l’Australienne Poppy King, qui ne sort jamais sans un trait de rouge. «Se mettre à l’humeur d’une féminité feel good», lit-on aussi sur les campagnes promotionnelles de Dior (Rouge Dior).

Les spécialistes du marketing ont-ils vu le témoignage qui a fait le tour de la blogosphère, cet automne, de cette adolescente anglaise affirmant qu’elle avait vaincu la dépression et récupéré sa confiance en elle grâce aux rituels de maquillage du livre Pretty Honest, répétés chaque matin ? « Je ne vais pas vous refaire le coup du « lipstick effect » (cette théorie qui prétend qu’en temps de crise, les consommateurs se réfugient dans le maquillage, NDLR), n’empêche, la couleur comme allié de bonne humeur, c’est vieux comme la guerre, reprend Terry de Gunzburg. De façon presque spirituelle, c’est une manière subliminale de se dire “je vais bien”. Il existe, comme pour le corps, un ‘face language’ , un langage du visage. Je l’ai souvent expérimenté, avec des personnalités connues comme des anonymes : instinctivement, une femme, à qui l’on met du rouge à lèvres, sourit devant le miroir.»

En images : 8 rouges à lèvres feel good

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Source: http://madame.lefigaro.fr/