Chaque pays possède ses traditions cosmétiques. En voici un échantillon sélectionné par Rhonda Rovan, rédactrice en chef de Best Health Magazine.

Thaïlande

« Nous, les Thaïs, nous aimons la nature, affirme Kaidsuda Suriyayos de Bangkok. Les plantes font partie de toutes les facettes de notre vie, y compris les soins de beauté. »

Un bain parfumé à l’huile de tamarin rend la peau douce et lustrée tout en atténuant les taches pigmentaires, notamment aux chevilles, aux coudes et aux aisselles.

Le curcuma est un excellent exfoliant corporel qui donne de l’éclat à la peau. L’huile de noix de coco la protège des agressions climatiques et fait briller la chevelure. Enfin, « l’aloès favorise la cicatrisation, éclaircit le teint et combat l’acné ».

Allemagne

« Voici quelque chose de bon à savoir sur le babeurre, dit Martina Mach de Stuttgart. Comme boisson ou comme lotion, il fait du bien à la peau. Versez-en deux litres dans l’eau du bain pour adoucir et nourrir l’épiderme. »

Taïwan

« Les Chinoises de Taïwan possèdent un grand nombre de très anciens secrets de beauté », déclare Raycine Chang de Taipei.

Elles mangent du jobi variété de millet riche en calcium et en vitamines (dont la vitamine B1) et s’en servent pour éclaircir et adoucir leur peau.

« Beaucoup s’exfolient le visage avec une pâte faite de jobi en poudre délayé dans un peu d’eau ou de tonique. » Le jus d’une éponge fraîchement pêchée donne un tonique employé depuis des millénaires.

« Pour le recueillir, nous tranchons l’éponge aux premières lueurs de l’aube et la plaçons sur une bouteille de façon à ce que son jus coule dans le récipient à l’abri des rayons du soleil.

Il éclaircit le teint, atténue l’inflammation et apaise les brûlures du soleil. » Un autre type de masque est basé sur le résidu de la distillation du riz.

« Les Chinois savent depuis longtemps que cette vinasse laisse la peau douce et gomme les rides. Les Japonais ont d’ailleurs fait usage de ce vieux secret dans une gamme de produits appelée SK-II qui est l’une des plus vendue en Asie. »

Enfin, « nous mangeons de la couenne de porc dégraissée, car sa richesse en collagène et en protéines est bonne pour la peau. Nous la cuisinons dans de la sauce soya et de l’anis étoilé japonais, avec parfois de la viande ou du tofu. »

France

« Gardez votre crème pour les yeux au frigo, lance la Parisienne Ingrid Kragl. En activant la circulation capillaire, le froid désenfle les tissus périoculaires. »

Elle ajoute que le savon noir à base d’huile de lin est très populaire auprès des Françaises, mais aussi des Algériennes, Tunisiennes et Marocaines qui se frottent le corps avec quand elles vont au hammam, car c’est un exfoliant sensationnel qui fouette le sang.

Roumanie

« La plupart des femmes de ma génération ont appris les secrets de beauté traditionnels de leurs grands-mères », explique Anca David Titorov de Bucarest.

Les Roumaines utilisent la semoule de maïs comme exfoliant. Elles l’appliquent sur la peau humide et la font pénétrer en décrivant de petits cercles avec le bout des doigts.

« Les recettes varient, poursuit Titorov. Certaines femmes font une pâte toute simple avec de la semoule et de l’eau ; d’autres ajoutent du son ou encore, un blanc ou un jaune d’œuf. »

On peut aussi mélanger du miel, de l’huile d’olive et une goutte de jus de citron à quelques cuillerées de semoule. « Pour atténuer les cernes, beaucoup de femmes étendent de l’huile de ricin autour de l’œil et la font pénétrer délicatement. »

Russie

De Moscou, Olga Ovchinnikova nous livre quelques-uns des trucs employés par ses compatriotes pour rester belles : « Appliquez de la purée de fraises sur le visage », ordonne-t-elle.

Pour faire briller vos cheveux, délayez de la mie de pain de seigle à l’eau, faites pénétrer cette pâte dans les cheveux humides et rincez. Une autre tradition consiste à siroter une infusion de tilleul après application d’un masque au miel sur le visage et les cheveux pendant un banya (sauna russe).

Argentine

Daniel Weigandt nous informe de Buenos Aires que « la chirurgie esthétique est quelque chose de banal en Argentine, on pourrait dire qu’elle fait partie de notre culture.

Beaucoup de gens viennent des pays voisins pour faire corriger leurs imperfections. » Outre les interventions au laser, la liposuccion et la « liposculpture » sont chose courante.

Pour ce qui est des méthodes naturelles, poursuit Weigandt, « la yerba maté est très populaire ». Les feuilles de cet arbuste indigène servent à faire une infusion, le maté, et d’autres boissons.

« En Uruguay et au Paraguay, le maté sert aussi d’hydratant et d’exfoliant. » Cette feuille tirerait ses vertus des polyphénols antioxydants qu’elle recèle. (Au Canada, on en trouve dans les magasins d’aliments naturels.)