Obésité, tabac, manque d’activité physique et stress sont les quatre principaux facteurs de risques qui poussent les individus à agir.

Les maladies cardio-vasculaires continuent de faire des dégâts considérables dans tous les pays industrialisés en dépit des progrès considérables de la médecine accomplis depuis un demi-siècle. Comment expliquer ce paradoxe alors que les principaux facteurs de risque sont eux aussi bien connus, en particulier sur le plan cardio-vasculaire?

«On sait peu de chose sur l’association entre le comportement d’un individu et la perception qu’il a de la nécessité d’améliorer sa forme physique»

D’abord, bien sûr à cause du tabac, de l’alcool, de l’excès de poids et du manque d’activité physique (sédentarité). Mais aussi, selon le Dr Daniel Ramirez, cardiologue, et ses collègues de l’université d’Ottawa (Canada), parce qu’au niveau individuel savoir ce qu’il faut faire pour sa santé ne suffit pas pour qu’on le fasse.
«Si l’importance des stratégies de prévention primaire (avant que ne survienne la maladie, NDLR) est bien connue», écrivent-ils dans le Journal of the American Heart Association, «on sait peu de chose en revanche sur l’association entre le comportement d’un individu et la perception qu’il a de la nécessité d’améliorer sa forme physique.»
En interrogeant 45.000 résidents de six provinces canadiennes, les chercheurs se sont aperçus que les quatre principaux facteurs de risques susceptibles d’entraîner la prise de conscience qu’il fallait faire quelque chose pour améliorer sa santé étaient dans l’ordre: l’obésité, le tabac, le manque d’activité physique et le stress. Trois personnes sur quatre pensaient qu’elles devaient faire quelque chose pour leur santé. Proportion identique pour les hommes et les femmes. La prise de conscience concernait jusqu’à quatre personnes sur cinq parmi les fumeurs (ils étaient 24 %), les obèses (20 %) ou les sédentaires (56 %). En revanche la proportion baissait sensiblement (60 %) à partir de 60 ans.

Des résolutions assez limitées

Pour la coach, Isabelle Bérard (Institut des neurosciences appliquées, Paris), «La prise de conscience se travaille au travers d’un travail de questionnement avec la personne sur les conséquences que cela peut avoir si l’on ne s’attaque pas au problème et en l’aidant à se projeter dans la situation cible comme si on y était, à vivre l’expérience de la situation idéale comme si on y était.»
L’étude canadienne montre que plus on a de facteurs de risque et plus il y a de chance pour que l’on soit motivé à agir mais les résolutions prises s’avèrent finalement assez limitées. D’abord, un individu à risque élevé sur cinq n’envisage pas de changer ses habitudes de vie. Ensuite, parmi ceux qui ont pris des résolutions cette année, la moitié veut «faire davantage d’exercice», un cinquième «améliorer son alimentation», mais on tombe ensuite en dessous de 10 % de volontaires lorsqu’il s’agit d’arrêter de fumer, de réduire sa consommation d’alcool, de perdre du poids, ou de réduire son niveau de stress.

«Tout le monde sait qu’il faut manger moins gras et moins sucré, ne pas fumer et faire du sport mais on ne dit jamais comment faire pour y arriver»

«Tout le monde sait qu’il faut manger moins gras et moins sucré, ne pas fumer et faire du sport mais on ne dit jamais comment faire pour y arriver!», explique le cardiologue Fabien Guez, dont le livre au titre provocateur Comment avoir une crise cardiaque , sortira le 1er juin (Éditions Hugo Doc). «Le problème des maladies cardiaques, c’est qu’elles sont bien propres, ajoute-t-il. On ne les voit même pas. L’hypertension, le diabète, le cholestérol, ce sont des chiffres, la tension artérielle, pareil!»
La moitié des personnes interrogées par l’équipe de l’université d’Ottawa évoquent des freins qui les empêchent de tenir leurs bonnes résolutions de santé. Les trois principaux sont le manque de volonté ou d’autodiscipline, les horaires de travail et les responsabilités familiales. Ce n’est pas par hasard que les médecins se tournent désormais vers les psychologues, coachs ou même écrivains pour aider leurs patients. Dans son livre,Prenez la santé de votre cœur en main (Leduc.S Éditions), le cardiologue du sport Laurent Uzan cite ainsiL’Alchimiste de Paulo Coelho: «Il n’y a qu’une façon d’apprendre, c’est par l’action.»

Source: http://sante.lefigaro.fr