Tiffany & Co. a présenté, à New York, sa collection de haute joaillerie « The Art of the Wild », une centaine de pièces exceptionnelles célébrant la nature et son merveilleux chaos.

« Matez-moi un peu mes Tiffany ! » Vendredi 21 avril, l’étourdissante Jennifer Hudson – une manchette XXL en diamants au poignet – est entrée sur la scène du gala organisé par le joaillier américain. Minirobe jaune citron et vocalises à la Whitney Houston, la chanteuse oscarisée a donné un concert ultraprivé et survolté aux meilleurs clients de Tiffany. Invités comme chaque année à New York par le président du conseil d’administration Michael Kowalski (également PDG par intérim depuis le départ du Français Frédéric Cumenal, en février dernier), ils ont pu découvrir les plus belles pièces du fameux Blue Book, baptisé ainsi depuis 1845 à l’occasion de l’édition du premier catalogue de haute joaillerie de la marque.

Dans un décor luxuriant, où les plantes exotiques masquaient pour une nuit les briques du St. Ann’s Warehouse, sous le pont de Brooklyn, beaucoup d’Asiatiques, d’Australiennes et quelques Européennes se sont déchaînées sur le dancefloor. Oubliant l’atmosphère parfois compassée de ce précieux univers, certaines ont osé des déhanchés près de Jennifer Hudson, histoire également d’exhiber quelques gros cailloux griffés Tiffany & Co…

Fleurs sauvages et oiseaux de paradis

Alors que le nouveau directeur artistique, Reed Krakoff, devrait dévoiler sa stratégie au début de l’été, ce Blue Book 2017 constitue la dernière collection dessinée par Francesca Amfitheatrof. Et c’est sans doute l’une de ses meilleures. « La nature a toujours inspiré les créations Tiffany & Co. On se souvient des pièces de Jean Schlumberger et de sa flore fantasmagorique. Mais cette fois-ci, c’est une nature réaliste, volontairement plus littérale », prévient d’emblée Melvyn Kirtley, gemmologue en chef et vice-président haute joaillerie.

L’équipe du design s’est imprégnée pendant plusieurs jours des couleurs énergiques et de la lumière intense de l’île hawaïenne de Kauai pour faire exploser, dans leurs créations, une jungle chaotique. À l’image de ce collier sculptural aux 350 feuilles en or – mat, brossé, poli ou parfois serti de quelques brillants – accrochées sur un tour de cou de 200 diamants taille baguette, soit un total de 60 carats. Mobiles et articulés, les longs brins en éventail semblent frémir à chaque mouvement d’épaules.

De leur expédition, ces botanistes de l’exceptionnel ont également ramené des fleurs sauvages aux pétales multicolores, des plantes trempées de diamants, des feuilles aux contours amollies par la moiteur tropicale, une flopée d’oiseaux de paradis au ramage flamboyant à piquer au revers d’une veste ou des plumes exotiques qui s’enroulent autour du poignet… «Un peu plus de cent pièces saturées de spessartites, spinelles, tourmalines, tsavorites ou améthystes, dénombre Melvyn Kirtley. Parmi les pierres les plus spectaculaires, un saphir du Sri Lanka de 51 carats non chauffé, dont la couleur incroyable contraste avec les quatre griffes pavées qui l’enserrent. »

Pierres en cascade

Retenons également cette tourmaline dont les reflets vert d’eau rappellent le fameux bleu Tiffany ou, encore, ce spinelle au rose pop et hypnotique, quasi fluorescent, les deux montés sur de grosses bagues cocktail. Le new-yorkais demeure, pour les Américains, le « roi du diamant ». Serties sur un éblouissant collier en platine, les tailles ronde, poire et baguette figurent, ici, une cascade d’une centaine de carats qui éclabousse la naissance du cou avant de couler sur le buste. Les gouttes précieuses ruissellent encore sur plusieurs paires de pendants d’oreilles fluides et ondoyants.

Autre pièce maîtresse, ce diamant jaune vif de 26 carats enveloppé dans une feuille de vigne piquée de brillants comme un clin d’œil au célèbre Tiffany Diamond, un énorme caillou jaune de 128,54 carats acquis en 1877 par Charles Lewis Tiffany et trônant désormais à l’entrée de la célèbre boutique de la Ve Avenue. Monté en collier à la fin des années 1950, il n’a été porté que deux fois. La seconde, par Audrey Hepburn lors d’une séance photo au moment de la sortie du film Breakfast at Tiffany’s de Blake Edwards, immortalisant le glamour et le style pétillant de la griffe. De fait, l’énergie créatrice de Tiffany séduit toujours : la plupart des pièces de ce Blue Book 2017 ont d’ores et déjà trouvé preneurs. Ceux qui dansaient, vendredi soir, sous le pont de Brooklyn.

En images : les plus belles pièces du Blue Book 2017 Tiffany & Co

Source: http://madame.lefigaro.fr