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Selon des chercheurs de l’université de Birmingham et de Hong Kong, l’exposition à long terme aux polluants environnementaux et précisément aux particules fines est associée à un risque accru de décès liés à de nombreux types de cancers.

L’étude a suivi plus de 65.000 personnes sur 13 ans à Hong Kong. Pour les femmes, le risque de décès par cancer du sein serait augmenté de 80% et de 36% par cancer du poumon chez les hommes.

L’air que nous respirons nous expose à un risque de cancer accru, notamment du poumon et des organes digestifs. Une nouvelle étude britannique vient confirmer la décision du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS de classer en 2013 la pollution de l’air extérieur et, indépendamment, les microparticules, comme des facteurs cancérogènes pour les humains. En cause, des hydrocarbures et des métaux lourds générés par les transports et la production électrique qui se diffusent dans l’atmosphère. D’un diamètre de 2,5 micromètres (Pm2,5), ces particules appelées « fines » s’infiltrent dans l’organisme par les voies respiratoires.

Pour les besoins de l’étude, 66.280 participants âgés de 65 ans ou plus ont été suivis entre 1998 et 2011. Le statut de fumeur a été pris en compte et d’autres sources possibles de maladies exclues. Côté environnement, les concentrations annuelles de particules fines de diamètre PM2,5 ont été estimées à leur domicile en utilisant des données satellites et des moniteurs.

D’après les résultats, publiés dans la revue Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention, le risque de décès de tout type de cancers confondus augmente de 22% pour chaque augmentation de l’exposition de 10 microgrammes par mètre cube. Les décès constatés sont d’origine cardio-pulmonaire avec cancer du poumon.

Ce chiffre s’élève à 42% concernant le risque de décès par cancer du système digestif. Par ailleurs, le risque de décès par cancers touchant les organes digestifs secondaires – le foie, les voies biliaires, la vésicule biliaire et le pancréas – augmente de 35%.

Les femmes les plus touchées

Le résultat le plus alarmant concerne les femmes. L’exposition de 10 microgrammes par mètre cube aux particules PM2.5 est associée à une augmentation de 80% du risque de décès par cancer du sein. Chez les hommes, le chiffre augmente de 36% concernant le cancer du poumon.

Pour expliquer ce phénomène, les chercheurs évoquent des défauts de réparation de l’ADN, des altérations de la réponse immunitaire et une inflammation pouvant déclencher une angiogenèse qui permet aux tumeurs de se propager. Dans le cas des organes digestifs, la pollution pourrait affecter le microbiote intestinal et faciliter ainsi le développement du cancer.

Ces travaux donneront lieu à des explorations dans d’autres pays. l’objectif étant de pouvoir vérifier si des associations similaires entre particules fines et décès liés au cancer peuvent être établies.

En conclusion, les scientifiques rappellent que, malgré l’impact de la pollution atmosphérique sur la santé, elle ne représentant qu’un facteur parmi d’autres dans le développement des cancers. L’équilibre alimentaire et l’exercice physique sont des facteurs de risque plus significatifs que l’on peut modifier plus facilement, soulignent les auteurs de l’étude.

Source: http://www.leparisien.fr/