La lombalgie chronique, douleur située au niveau des vertèbres lombaires (bas du dos), est la première cause de handicap chez les plus de 40 ans. Rien qu’en France, 5 millions de personnes souffrent de ce syndrome invalidant. Parmi elles, environ 20% ont un type particulier de lombalgie appelé «discopathie active». Pour la première fois, une étude française montre qu’il est possible de soulager ces douleurs pendant un mois chez cette catégorie de patients lombalgiques.

«On identifie les patients atteints de discopathie active par le fait qu’ils souffrent particulièrement pendant la deuxième moitié de la nuit et le matin, explique le Pr François Rannou, rhumatologue à l’hôpital Cochin AP-HP. Ce syndrome est dû à une inflammation d’un disque intervertébral qu’il est possible de détecter par IRM.»
Alors qu’aujourd’hui, tous les patients lombalgiques sont pris en charge de la même manière – très peu de médicaments mais du réentraînement à l’effort -, les résultats de cette nouvelle étude montre qu’il est possible de diminuer la douleur en adaptant le traitement.

Inflammation des disques intervertébraux

Les chercheurs ont injecté des corticoïdes à 67 patients dans le disque intervertébral inflammé, tandis que 68 autres ont reçu une injection placebo, dépourvue d’effet intrinsèque sur la lombalgie. Les résultats, publiés dans la revue Annals of Internal Medecine, montrent que par cette méthode, il est possible d’atténuer significativement la douleur pendant un mois. Au-delà de ce terme, la douleur redevient identique à celle ressentie par les personnes qui n’ont pas reçu de corticoïdes.

«Quand un disque intervertébral est inflammé, cela excite les plateaux vertébraux qui sont très innervés, explique le Pr Rannou au Figaro. De nombreux messages arrivent au cerveau, avec pour résultat des douleurs». L’origine de cette inflammation reste, elle, encore bien mystérieuse…

Mais comment faire pour prolonger cet effet antalgique? «Nous allons réaliser un nouvel essai clinique avec plusieurs injections de corticoïdes étalées dans le temps, nous confie le Pr Rannou. Par ailleurs, nous débutons un essai clinique européen au cours duquel nous allons injecter des cellules souches dans le disque intervertébral inflammé car elles ont un effet anti-inflammatoire plus important que les corticoïdes.»
Si les injections de corticoïdes s’avèrent effectivement efficaces, ce traitement peu coûteux (de l’ordre de quelques euros par injection) pourrait être proposé aux malades. Seul bémol: l’injection est un geste technique qui doit être réalisé par un professionnel de santé sous un appareil de radiologie.

Source: http://sante.lefigaro.fr